Une vache, des poules… Un cadre bu­co­lique

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Dossier -

En 1960, sous l’ad­mi­nis­tra­tion de la mère Mar­gue­rite, l’hô­pi­tal s’au­to-ali­mente, ou presque. Les hos­pices, pro­prié­taires de nom­breuses fermes dans les en­vi­rons, ali­mentent en vin et en viande fraîche les soeurs et leurs ma­lades.

« On sai­gnait les co­chons à l’hô­tel­dieu, se rap­pelle Mo­nique Place. M. Sey­chal, char­cu­tier à Mont­bri­son, y pré­pa­rait les bou­dins. » Un es­prit cham­pêtre baigne l’ins­ti­tu­tion dont la cour en terre bat­tue abrite… des poules et une vache. At­ta­chée près du pont SaintJean, à deux pas de l’his­to­rique blan­chis­se­rie, la bête, confiée aux bons soins de Ber­na­dette Ro­bert, ser­vante à la ma­ter­ni­té et de Sté­pha­nie Pas­sel, em­ployée à la cui­sine, passe à la traite tous les ma­tins. « La mère su­pé­rieure pre­nait bien celles qui ve­naient de la cam­pagne, ex­plique Mo­nique Place. On avait une grosse baratte en bois pour faire le beurre ser­vi à la table des soeurs et fon­du dans les plats. Et puis la vache par­tait en va­cances ! Sté­pha­nie et Mau­rice Las­se­lin se char­geaient de l’em­me­ner au Mont. »

Les Au­gus­tines, pri­vées à titre in­di­vi­duel de tous biens, ont hé­ri­té d’une ferme sur la route d’Es­ser­tines­en­Châ­tel­neuf, un don de la fa­mille de Cur­raize. Des bâ­ti­ments agri­coles dé­pendent un im­mense clos et une mai­son de chasse où se re­posent épi­so­di­que­ment les soeurs. « Il nous ar­ri­vait d’y mon­ter pen­dant nos ho­raires, confie Mar­celle Maisse, en­trée comme ser­vante à la ma­ter­ni­té en 1960 et pas­sée aide­soi­gnante. Nous al­lions aus­si cueillir des ce­rises du cô­té du jar­din d’Al­lard, en blouse grise. » La mai­son de retraite, an­cienne charité, y pos­sède un im­mense ter­rain dont MM. Mar­chand et Roche as­surent l’en­tre­tien, ai­dés des grands­pères hos­pi­ta­li­sés.

Draps rin­cés dans le Vi­zé­zy

Aux hommes aus­si la cor­vée de les­sive, deux fois par se­maine. Les draps, rin­cés dans le Vi­zé­zy (avant le dé­mé­na­ge­ment de la buan­de­rie rue du Fau­bourg­de­la­croix) sont éten­dus dans les sous­sols. Ils re­joignent en­suite les ca­landres tan­dis que les alèses, trans­por­tées dans de grandes brouettes, sèchent à l’air libre. ■

PRO­PRIÉ­TÉ. Les hos­pices (for­més de l’hô­tel-dieu et de la charité) pos­sé­daient une mai­son de chasse au Mont et un im­mense ver­ger rue du Fau­bourg-de-la-croix, dont il ne sub­siste que quelques car­rés de ver­dure.

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