Cet ar­ti­san fo­ré­zien qui dé­fie Nu­tel­la®

Près de deux ans après un dé­mé­na­ge­ment à Ci­vens, Cho­co­lar­ti­san a dou­blé son chiffre d’af­faires

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

PRÉ­CUR­SEUR. Ro­land Charles est le seul cho­co­la­tier à s’être lan­cé ex­clu­si­ve­ment dans la fa­bri­ca­tion de pâtes à tar­ti­ner sans huile de palme, dès mars 2009.

AM­BI­TIEUX. En dé­mé­na­geant à Ci­vens en 2015, Cho­co­lar­ti­san a dou­blé son vo­lume de pro­duc­tion. Et en­tend bien pour­suivre sur cette lan­cée, sans se fixer de li­mites.

C’est l’his­toire d’un jeune cho­co­la­tier, di­plô­mé d‘une école de com­merce, qui a consa­cré son ac­ti­vi­té à la fa­bri­ca­tion de pâte à tar­ti­ner sans huile de palme. Ro­land Charles veut concur­ren­cer, à son ni­veau, Nu­tel­la®, lea­der in­con­tes­té du sec­teur. Le pot de terre contre le pot de fer…

Il est le seul cho­co­la­tier de France à se consa­crer uni­que­ment à la pâte à tar­ti­ner. Ro­land Charles a créé son en­tre­prise Cho­co­lar­ti­san, en mars 2009 à Pon­cins. Ra­pi­de­ment à l’étroit dans ses lo­caux, la pe­tite en­tre­prise a dé­mé­na­gé à Cha­zelles­sur­Lyon à deux re­prises, avant d’ins­tal­ler ses ate­liers et ses pots de cho­co­lat à Ci­vens, en oc­tobre 2015, dans cette usine de 1.000 m²

Un choix qui s’avère ju­di­cieux puis­qu’en moins de deux ans, le vo­lume de pro­duc­tion est pas­sé de 50 à 100 tonnes par an et le chiffre d’af­faires de 500.000 € à 1 M€. « Nous sommes une pe­tite start­up com­po­sée de membres jeunes et ex­trê­me­ment in­ ves­tis dans le pro­jet, dé­ve­loppe Ro­land Charles. La moyenne d’âge est de 25 ans. On fonc­tionne sans trop d’ex­pé­rience, mais avec énor­mé­ment de vo­lon­té. On est ou­vert au no li­mit, dans la me­sure de ce que nous pou­vons réa­li­ser, sans ja­mais tra­hir notre âme d’ar­ti­san. » Cho­co­lar­ti­san, c’est au­jourd’hui onze sa­la­riés per­ma­nents, contre trois il y a à peine deux ans. L’équipe monte à dix­sept au cours des fêtes de fin d’an­née.

Cette évo­lu­tion im­pres­sion­ nante, l’en­tre­prise la doit à l’au­dace de Ro­land Charles et à son idée avant­gar­diste à l’époque de se plon­ger à 100 % dans la pâte à tar­ti­ner sans huile de palme. En 2005, ce Li­gé­rien de nais­sance est sor­ti ma­jor de pro­mo­tion de l’Idrac, une école de com­merce ba­sée à Lyon. En pa­ral­lèle, le jeune en­tre­pre­neur a sui­vi une for­ma­tion d’ar­ti­san cho­co­la­tier chez un pro­fes­sion­nel de Saint­Étienne à qui il a ra­che­té le ma­ga­sin. Une pre­mière ex­pé­rience dif­fi­cile, qui au­ra du­ré trois ans avant de dé­po­ser le bi­lan. Mais cette étape lui a of­fert l’op­por­tu­ni­té de s’im­pré­gner du mi­lieu. « La pre­mière ques­tion que j’ai po­sée en dé­cou­vrant le mé­tier, c’est : “comment fa­brique­t­on la pâte à tar­ti­ner ? » J’avais étu­dié le cas du Nu­tel­la® en école de com­merce. Ce pro­duit re­pré­sente une vraie cu­rio­si­té, chez Fer­re­ro Ro­cher. La marque pos­sède 86 % de parts de mar­ché. Elle a le qua­si­mo­no­pole. C’est un Ovni au ni­veau de l’agroa­li­ men­taire », re­marque Ro­land Charles. D’où cette vo­lon­té de trou­ver sa place dans le pay­sage de la pâte à tar­ti­ner.

150 à 200 es­sais pour trou­ver la bonne re­cette

« Il m’a fal­lu deux ans et de­mi et 150 à 200 es­sais pour trou­ver la re­cette qui s’ap­pro­chait le plus du goût du Nu­tel­la®, tout en sup­pri­mant l’huile de palme. Quelques mois après avoir créé mon en­tre­prise, je suis mon­té au sa­lon de Pa­ris. C’était pour moi un vrai test. Je me suis dit que si ma pâte à tar­ti­ner plai­sait aux gens, je fon­çais dans ce cré­neau. Tout le monde m’a pris pour un ex­tra­ter­restre. Les autres cho­co­la­tiers ne voyaient pas l’in­té­rêt de se lan­cer dans cette branche. Ils me conseillaient de vendre des bal­lo­tins à 100 € le ki­lo au lieu de vendre de la pâte à 17 € le ki­lo. Au­jourd’hui, je constate qu’ils ont tous leur pâte à tar­ti­ner par­mi leur gamme », glisse, non sans fier­té, Ro­land Charles. Ses em­ployés vont même jus­qu’à fa­bri­quer la pâte pour cer­tains cho­co­la­tiers, qui n’ont pas for­cé­ment le sa­voir­faire en la ma­tière.

De son cô­té, Ro­land Charles conti­nue à in­no­ver. Il a créé une quin­zaine de re­cettes dif­fé­rentes, de la pâte au cho­co­lat clas­sique à des ten­ta­tives plus osées comme les pots au gin­gembre, à la châ­taigne ou au pain d’épices. D’autres re­cettes sont en test pour dé­ve­lop­per la gamme. De quoi faire évo­luer tran­quille­ment l’en­tre­prise ar­ti­sa­nale fo­ré­zienne, qui est en train de se faire une place confor­table, au cô­té du géant de la pâte à tar­ti­ner… ■

Le vo­lume de pro­duc­tion est pas­sé de 50 à 100 tonnes en moins de deux ans

START-UP. Ro­land Charles a lan­cé Cho­co­lar­ti­san en mars 2009 à Pon­cins, avant de dé­mé­na­ger à Cha­zelles puis à Ci­vens.

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