Dia­logue rom­pu entre la di­rec­tion et les sa­la­riés de Cast­mé­tal

Me­na­cés par la sup­pres­sion de 51 postes, les sa­la­riés de la fon­de­rie sont en grève de­puis le 6 avril

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Ça chauffe à la fon­de­rie. L’ac­ti­vi­té tourne au ra­len­ti de­puis jeu­di 6 avril dans les usines fo­ré­ziennes de Cast­mé­tal. Point de dé­part de cette grève, un plan de sau­ve­garde de l’em­ploi qui en­traî­ne­rait la sup­pres­sion de 51 postes. Et un dia­logue qui s’avère de plus en plus com­pli­qué entre di­rec­tion et syn­di­cat.

Jeu­di 13 avril au ma­tin. La scène est sur­réa­liste. Les membres de la di­rec­tion du site fo­ré­zien de Cast­mé­tal sont éva­cués de leurs bu­reaux, es­cor­tés par plu­sieurs gen­darmes et CRS, sous les huées des sa­la­riés pré­sents.

Quelques ins­tants plus tôt, une réunion s’est te­nue avec les dé­lé­gués syn­di­caux CGT du per­son­nel. Une de plus de­puis le dé­but du mou­ve­ment de grève, le 6 avril. Mais cette fois­ci, le ton est mon­té d’un cran. « À peine ar­ri­vés, on nous a trai­tés de “ka­mi­kazes” par rap­port à notre choix de faire grève contre le plan de sau­ve­garde de l’em­ploi pré­vu par la di­rec­tion qui an­nonce la sup­pres­sion de 51 em­plois, ra­conte Lud­wig Bé­raud, dé­lé­gué syn­di­cal CGT. Puis on nous a pro­po­sé 4.000 € ou l’équi­valent de deux mois de sa­laire en guise de prime su­pra­lé­gale. Alors qu’on de­man­dait 30.000 € par sa­la­rié concer­né. On était ou­vert à la né­go­cia­tion s’ils avaient an­non­cé moins de li­cen­cie­ments, avec de meilleures primes. Mais main­te­nant… C’est la fois de trop. On a du mal à te­nir les sa­la­riés, tel­le­ment ils sont re­mon­tés », an­nonce le dé­lé­gué syn­di­cal.

Toute la fin de se­maine, les ten­sions étaient pal­pables au sein de l’en­tre­prise, blo­quée par des feux de pa­lettes et de pneus et oc­cu­pée par des sa­la­riés très re­mon­tés. « En nous pro­po­sant si peu, on s’est dit qu’on nous écra­sait la gueu…, ajoute un em­ployé gré­viste. On a une conven­tion col­lec­tive et ils ne la res­pectent pas du tout. » « Ça fait quinze ans que je suis dans cette boîte. J’ai 35 ans, mais je ne sais rien faire d’autre. On est très im­pli­qués dans notre tra­vail. Ce n’est pas nor­mal de nous trai­ter de la sorte. Qu’estce qu’on va de­ve­nir ? », de­mande Lu­do­vic.

Mar­di 18 avril, les né­go­cia­tions n’avaient pas re­pris. Les sa­la­riés ont entre­temps de­man­dé aux élus et au sous­pré­fet d’in­ter­ve­nir pour or­ga­ni­ser une table ronde, afin de trou­ver une is­sue à cette si­tua­tion ten­due et com­plexe. En vain.

Le site net­toyé pen­dant le week-end… puis blo­qué

Après une trêve pas­cale de trois jours, le site a été net­toyé des tas de cendres qui blo­quaient les ac­cès, mais les por­tails étaient ca­de­nas­sés, après que les non gré­vistes ont pu en­trer. « On a fait consta­ter au­près d’un huis­sier de jus­tice l’en­trave à la bonne cir­cu­la­tion des sa­la­riés et on est al­lés à la di­rec­tion de l’ins­pec­tion du tra­vail afin d’ex­pli­quer notre cas, car la di­rec­tion ne sou­haite pas qu’il y ait un mé­dia­teur », ré­sume Lud­wig Bé­raud, re­mon­té, qui ne veut plus en­tendre par­ler du plan de sau­ve­garde de l’em­ploi.

En at­ten­dant, les ma­chines ne tournent plus, au 1, bou­le­vard Bois­son­nette. « Les clients com­mencent à ron­fler et de notre cô­té, la co­lère est tou­jours aus­si grande. » Con­tac­tée par nos soins, la di­rec­tion n’a pas sou­hai­té ap­por­ter de com­men­taires. À l’heure où nous im­pri­mons ces lignes, de nou­velles né­go­cia­tions sem­blaient sus­cep­tibles d’être ou­vertes. Mais au re­gard du désac­cord entre les deux par­ties, le mou­ve­ment de grève de­vrait per­du­rer… ■

« On a du mal à te­nir les sa­la­riés, tel­le­ment ils sont re­mon­tés… »

PHO­TO DR

TEN­SIONS. Les res­pon­sables du site fo­ré­zien de Cast­mé­tal ont dû être es­cor­tés par les gen­darmes mo­biles pour sor­tir de l’usine, jeu­di 13 avril.

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