Bal­lon cre­vé

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Zapping -

Je n’au­rais ja­mais cru dire ça : pauvres Lyon­nais. Trois jours seule­ment après avoir plié sous les bombes agri­coles et les pé­tards en pro­ve­nance de la tri­bune su­pé­rieure au stade des Lu­mières, contraints par les sup­por­ters turcs du Be­sik­tas à se ré­fu­gier sur la pe­louse (7 bles­sés lé­gers), les choses ont une nou­velle fois dé­gé­né­ré à Fu­ria­ni avec l’agres­sion sau­vage des joueurs de l’OL par des sup­por­ters corses. Pi­toyable, re­gret­table, in­to­lé­rable et semble-til in­con­trô­lable.

La di­rec­trice de sé­cu­ri­té de l’OL, An­nie Sa­la­din, confiait ven­dre­di au Pa­ri­sien n’avoir pu em­pê­cher le pas­sage de 50 Turcs, en­trés de force dans la tri­bune Sud. Ne pas être en me­sure, non plus, de contrô­ler la cir­cu­la­tion de fu­mi­gènes, les pal­pa­tions ef­fec­tuées par les sta­diers de­vant se li­mi­ter à cer­taines zones du corps. In­quié­tant, pour ne pas dire af­fo­lant, à l’heure de l’état d’ur­gence.

La Ligue et la fé­dé­ra­tion condamnent, pour la forme tout au moins. Mais les ul­tras, chan­geant de dé­cor, re­jouent le même scé­na­rio. Pauvre Lyon­nais. Pauvre foot­ball. Sans grande af­fi­ni­té pour la dis­ci­pline, j’avais ap­pris à es­ti­mer son cô­té fé­dé­ra­teur. Le sym­pa­thique « bière-chips-té­lé » les soirs de grande af­fiche, les coups de klaxon et les ac­co­lades aux jours de gloire. Mais ses va­leurs ter­nies, fou­lées au pied, éclipsent le meilleur. Comment ne pas leur pré­fé­rer le hand, le bas­ket ou le rug­by, moins uni­ver­sels, c’est vrai, mais au­tre­ment plus fra­ter­nels et res­pec­tueux de l’ad­ver­saire ? Il y a trop long­temps, dé­jà, que le bal­lon rond tourne car­ré.

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