Gae­tan La­lande, l’an­cien marin d’État de­ve­nu pi­lote d’avion

Le nou­veau pré­sident de l’Air­Club du Fo­rez, Gaë­tan La­lande, est aus­si an­cien marin d’État

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Vernet jean-francois.vernet@cen­tre­france.com

Né en Po­ly­né­sie il y a 50 ans, Gaë­tan La­lande est un per­son­nage aux mul­tiples fa­cettes. Après avoir sillon­né les mers et océans du monde dans les rangs de la ma­rine na­tio­nale, cet amou­reux de la na­ture est ve­nu s’ins­tal­ler dans le Fo­rez pour em­bras­ser une car­rière de mé­téo­ro­logue.

Des quatre élé­ments qui com­posent notre pla­nète, seul le feu pour­rait peut­être ré­sis­ter à ce­lui qui a pris la pré­si­dence de l’Air­club du Fo­rez en fé­vrier der­nier, suc­cé­dant à Ro­land Chaize. À tout juste 50 ans, Gaë­tan La­lande au­ra du mal à de­ve­nir pom­pier vo­lon­taire. Pour le reste, ce Po­ly­né­sien de nais­sance, ar­ri­vé à 14 ans en mé­tro­pole, a ap­pris à domp­ter l’eau comme l’air, tout en gar­dant les pieds sur terre. Quoique…

« Comme dans la ma­rine, l’avia­tion de­mande beau­coup de ri­gueur »

En 1987, Gaë­tan La­lande s’en­gage à 20 ans dans la ma­rine na­tio­nale, en qua­li­té de marin d’État. Il fré­quente alors les bases aé­ro­na­vales à tra­vers le globe et part en mis­sion sur des porte­avions. Les chan­ge­ments de des­ti­na­tion sont fré­quents, les nou­velles af­fec­ta­tions étant obli­ga­toires tous les deux ans dans la ma­rine. « On voyage beau­coup. On par­ti­cipe à de nom­breux conflits. En 2001, juste après les at­ten­tats du 11 sep­tembre qui ont frap­pé New York, nous étions proches de l’Af­gha­nis­tan. On a donc re­joint les Amé­ri­cains sur cette mis­sion. Même si la fa­mille est ha­bi­tuée à l’ab­sence dans une vie de marin, ce n’est pas la même chose lors­qu’on part sur ce type de mis­sion », dé­ve­loppe Gaë­tan La­lande, ma­rié et père de deux en­fants. Pour lui, les as­sis­tances hu­ma­ni­taires res­tent les sou­ve­nirs les plus éprou­vants. « C’est même pire que la guerre. On touche di­rec­te­ment la mi­sère. Je me sou­viens d’une in­ter­ven­tion que nous avons réa­li­sée en Ama­zo­nie, après le pas­sage d’un cy­clone qui a tout dé­vas­té. C’est très dur d’être confron­té à ces si­tua­tions, où des femmes et des en­fants sont di­rec­te­ment im­pac­tés. »

« Le Fo­rez reste un ter­ri­toire à taille hu­maine »

En 2006, après dix­neuf an­nées pas­sées sous les ban­nières tri­co­lores, Gaë­tan La­lande dé­cide de pos­tu­ler à Mé­téo France. L’oc­ca­sion pour lui de goû­ter à une vie plus pai­sible alors qu’il ar­rive dans le Fo­rez.

« C’est un en­droit qui nous a ra­pi­de­ment plus. On est bien ici, ça reste un ter­ri­toire à taille hu­maine », ré­sume ce­lui qui a oc­cu­pé le poste de pré­vi­sion­niste à An­dré­zieux­Bou­théon, jus­qu’à la fer­me­ture dé­fi­ni­tive du centre dé­par­te­men­tal, en oc­tobre der­nier. Le mé­téo­ro­logue a dès lors été pro­mu ad­joint à la sta­tion mé­téo de l’aé­ro­port de Lyon Saint­Exu­pé­ry. Un nou­veau lieu de tra­vail que ce Fo­ré­zien d’adop­tion ai­me­rait tant re­joindre par les airs. « J’ai beau es­sayer à toute heure de la jour­née, il faut prendre son mal en pa­tience dans les bou­chons. »

Lui, son aire de jeu, c’est l’aé­ro­drome de Cham­béon, sa piste en herbe de 940 mètres de long sur 60 de large, au pied des monts du Fo­rez et du Lyon­nais. Le club qu’il pré­side, et dont il est membre de­puis 2006, est pro­prié­taire de trois avions et deux ULM.

Éga­le­ment mo­ni­teur de plon­gée

Mais comment passe­t­on d’une car­rière de marin à la pas­sion du vol ? « Ce sont en réa­li­té deux mondes qui se rap­prochent, dans le sens où on tra­vaille dans un environnement bien par­ti­cu­lier, que ce soit dans les airs ou sur la mer. Et puis il y a, pour l’un comme pour l’autre, un vrai ni­veau de ri­gueur, in­dis­pen­sable pour la sé­cu­ri­té de tous. Il y a des règles à res­pec­ter, c’est très strict », as­sure­t­il.

Loin du bruit as­sour­dis­sant des hé­lices, Gaë­tan La­lande as­sou­vit une autre de ses pas­sions, dans un contexte beau­coup plus calme, à la fosse de Mey­zieu ou dans les pro­fon­ deurs des océans, puisque cet homme à tout faire est éga­le­ment mo­ni­teur de plon­gée dans un club à An­dré­zieux­Bou­théon. On vous le dit, il ne lui reste plus qu’à maî­tri­ser le feu. Pour un marin, ce se­rait le pom­pon… ■

PO­LY­VA­LENT. An­cien marin d’État, mé­téo­ro­logue et mo­ni­teur de plon­gée, Gaë­tan La­lande vient de suc­cé­der à Ro­land Chaize à la pré­si­dence de l’Air-Club du Fo­rez. Une suite lo­gique pour ce pas­sion­né d’aé­ro­nefs qui est ar­ri­vé au club en 2006, lors­qu’il a at­ter­ri dans le Fo­rez.

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