Ils n’étaient pas au ren­dez-vous

Morne soi­rée, di­manche, en pré­fec­ture de la Loire

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Les élus ont dé­ser­té la pré­fec­ture di­manche 23 avril. Pas un re­pré­sen­tant du Fo­rez ne s’est mon­tré, à l’ex­cep­tion de So­phie Ro­bert, se­cré­taire dé­par­te­men­tale du FN.

Le grand sa­lon de la pré­fec­ture, or­di­nai­re­ment bon­dé les soirs d’élec­tion, est vide. Soi­gneu­se­ment dé­dai­gné. Bran­chés sur France 2, les re­pré­sen­tants de la presse ont ac­cueilli les ré­sul­tats à 20 heures dans un triste et grave si­lence. Ré­si­gnés.

De­hors, les der­nières fa­milles quittent le square place Jean­Jau­rès. Les ca­fe­tiers rangent leur ter­rasse sous le re­gard im­pas­sible des CRS et mi­li­taires de la force sen­ti­nelle. Et pas un élu, ou presque, pour com­men­ter la mise à l’écart des grands par­tis tra­di­tion­nels. Vice­pré­sident au con­seil dé­par­te­men­tal, Georges Zie­gler risque une in­cur­sion dans l’arène. « On ne va pas s’éter­ni­ser », glisse­t­il. Quelques poi­gnées de main et le voi­là re­par­ti alors que Fran­çois Fillon, à l’écran, en ap­pelle à vo­ter pour Em­ma­nuel Ma­ cron.

Mau­rice Vincent, un oeil sur son mo­bile, un autre sur les pla­teaux té­lé­vi­sés, est le plus à l’aise de la soi­rée. En congé du parti so­cia­liste, ral­lié au mou­ve­ment En marche, le sé­na­teur a une pen­sée pour ses an­ciens frères d’armes.

« J’ai été 37 ans adhé­rent au PS. Je de­vine leur tris­tesse ce soir. Le score de Be­noît Ha­mon est beau­ coup plus bas qu’on ne l’avait, tous, ima­gi­né, mais le choix de Jean­Luc Mé­len­chon de re­fu­ser toute al­liance ren­dait la si­tua­tion très dif­fi­cile. » Un coup d’oeil à l’écran ap­pelle une plai­san­te­rie. « Gé­rard Col­lomb (maire de Lyon, fervent sou­tien d’Em­ma­nuel Ma­cron, N.D.L.R.) n’est pas très sou­riant. Il doit se re­te­nir. » Comme lui, les Li­gé­riens ont le triomphe mo­deste. D’au­tant qu’il fau­dra trans­for­mer l’es­sai. La montre tourne. Mau­rice Vincent s’éclipse pour al­ler trin­quer au Pic­ca­dilly.

Les par­ti­sans de JeanLuc Mé­len­chon font du­rer le plai­sir. « Le se­cond tour, on y a cru, lâche Co­rinne Ou­ma­kh­louf, fon­da­trice du co­mi­té dans la Loire. Au dé­but, nous étions 10. Au­jourd’hui le mou­ve­ment compte 120 ac­tifs. Nous avons créé une vague his­to­rique et nous al­lons pour­suivre le tra­vail. » Per­sé­vé­rer, c’est aus­si le leit­mo­tiv de Pier­rick Cour­bon. Ar­ri­vé sur le coup des 22 heures, le conseiller dé­par­te­men­tal so­cia­liste a chaus­sé ses lu­nettes. Sans doute pour mieux son­der la pro­fon­deur de l’abîme, la cui­sante dé­faite de Be­noît Ha­mon. In­utile d’at­tendre Ré­gis Jua­ni­co. Le dé­pu­té li­gé­rien, ami de longue date du can­di­dat mal­heu­reux, passe la soi­rée à la Mu­tua­li­té à Pa­ris.

« Il n’y au­ra pas de gauche au se­cond tour comme en 2002, constate Pier­rick Cour­bon, amer. Il fau­dra en ti­rer des conclu­sions. Nous avons se­mé des graines qui n’ont pas eu le temps de ger­mer, des idées nou­velles au­tour des­quelles la gauche va de­voir se re­cons­truire. Nous al­lons re­par­tir au char­bon pour ga­gner. » Re­mo­bi­li­ser dans la pers­pec­tive des lé­gis­la­tives. À droite comme à gauche, le chal­lenge s’an­nonce par­ti­cu­liè­re­ment cor­sé. ■

« Nos graines n’ont pas eu le temps de ger­mer »

DÉPEUPLÉE. Rares sont les élus à s’être pré­sen­tés en pré­fec­ture di­manche pour suivre l’an­nonce des ré­sul­tats.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.