Tout ce qui fait le foot

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Sports - Pierre-Oli­vier Vé­rot

Il man­quait l’es­sen­tiel dans ce pauvre match à huis clos, di­manche, contre Rennes. La jus­tice d’abord, exer­cée aveu­glé­ment par une Ligue Na­tio­nale dé­pas­sée et pa­ni­quée par des évé­ne­ments ré­cents, qui, pour un geste iso­lé - une pile lan­cée de­puis les tri­bunes lors du der­by - a dé­ci­dé de fer­mer l’in­té­gra­li­té du stade au pu­blic. La pu­ni­tion col­lec­tive est tou­jours un dé­ni de jus­tice. Pour une fois, on n’en vou­dra pas trop aux ul­tras d’avoir pa­ci­fi­que­ment ex­pri­mé leur co­lère. Quand l’in­jus­tice est pa­tente, la ré­volte peut s’en­tendre. C’est donc dans un stade Geof­froy-Gui­chard vide, qui a ti­ré les larmes du pré­sident Ro­land Ro­meyer, sans am­biance, sans cris, sans pas­sion, que s’est te­nue cette ren­contre sans le moindre in­té­rêt, entre deux équipes qui, cette sai­son, n’au­ront pas fait par­ler d’elles pour leur jeu et le spec­tacle qu’elles ont don­né.

Car sur le pré, le foot­ball était aus­si aux abon­nés ab­sents. Nor­mal, quand le ta­lent se fait rare et que les in­ten­tions des coachs de­meurent fri­leuses. Sym­bo­li­que­ment, seul un match nul - dans tous les sens du terme, c’est presque trop fa­cile - pou­vait sanc­tion­ner cette op­po­si­tion qui ne res­te­ra pas dans les mé­moires, et pour cause. En cette fin de sai­son, la forme et le mo­ral des Verts sont au plus bas, alors que se pro­filent des ren­contres pour le moins com­pli­quées à né­go­cier contre Bor­deaux, Pa­ris ou en­core Mo­na­co. L’Eu­rope n’étant dé­sor­mais plus qu’un mi­rage et la fa­meuse « pres­sion » ré­cem­ment in­vo­quée par Ch­ris­tophe Gal­tier s’étant de fait éva­nouie, les sup­por­ters - si on les au­to­rise à pé­né­trer dans les tri­bunes - ont le droit de rê­ver, si­non à la vic­toire, au moins à des matchs où l’on re­trouve quelques-uns des in­gré­dients qui font le foot­ball qu’on aime.

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