« Nous sommes des se­meurs de graines »

Outre son ac­ti­vi­té d’in­ser­tion, Oa­sis jar­din de Co­cagne dé­ve­loppe d’autres pro­jets

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Portes Du Forez - Sé­go­lène Per­ret se­go­lene.per­ret@cen­tre­france.com

Vente de pa­niers de lé­gumes bio, sta­tion de lom­bri­com­pos­tage, mar­ché bio, Sarl Oa­sure (pro­duc­tion de ro­seaux et im­plan­ta­tion en sta­tion d’épu­ra­tion), ac­cueil de sé­mi­naires d’en­tre­prises… Oa­sis jar­din de Co­cagne mul­ti­plie les ini­tia­tives.

D epuis sa créa­tion en 2001, la struc­ture d’économie so­ciale et so­li­daire pon­tram­ber­toise, Oa­sis jar­din de Co­cagne, n’a ces­sé d’in­no­ver et de se di­ver­si­fier pour me­ner à bien sa mis­sion pre­mière : re­lan­cer des per­sonnes en dif­fi­cul­té dans une dy­na­mique d’em­ploi. Ren­contre avec son di­rec­teur, Vincent Paret.

Quel bi­lan dres­sez-vous de l’in­ser­tion à Oa­sis jar­din de Co­cagne ?

55 % des sa­la­riés ac­com­pa­gnés font une sor­tie dy­na­mique vers l’em­ploi ou in­tègrent une for­ma­tion qua­li­fiante. Ils res­tent en moyenne douze mois dans la struc­ture. Plus de 500 per­sonnes sont pas­sées par Oa­sis de­puis sa créa­tion.

■ Où en est votre pro­jet de lom­bri­com­pos­tage ? De­puis son lan­ce­ment en fé­vrier 2016, toute la pro­duc­tion est ré­in­ves­tie chez nous pour amen­der nos ter­rains. Ce­la consiste à réunir du fu­mier de che­val et les dé­chets du jar­din avant de les en­se­men­cer de lom­brics (vers) pour ob­te­nir un pro­duit plus riche que le com­post tra­di­tion­nel. Nous comp­tons di­ver­si­fier cette ac­ti­vi­té ; dans une ré­flexion glo­bale avec l’ag­glo­mé­ra­tion Loire Fo­rez nous sou­hai­tons or­ga­ni­ser une col­lecte des dé­chets du jar­din et d’éplu­chages pour pro­duire à plus grande échelle et vendre notre com­post, soit en vrac pour les par­ti­cu­liers, soit mis en sac pour des en­tre­prises. Il nous faut en­core au moins un an pour mon­ter ce pro­jet. Nous sommes pré­cur­seurs dans ce do­maine dans le dé­par­te­ment ; nous sommes des se­meurs de graines.

■ Comment se portent les fi­nances de l’as­so­cia­tion ? Oa­sis ayant une mis­sion de ser­vice pu­blic, nous re­ce­vons des aides pu­bliques à hau­teur de 66 %. Nous nous au­to­fi­nan­çons à hau­teur de 34 % grâce à la vente de lé­gumes et des pres­ta­tions an­nexes (ani­ma­tions pé­da­go­giques, vente d’oeufs et de fruits, vente de pho­to­vol­taïque…). La vente de lé­gumes re­pré­sente un chiffre d’af­faires de 194.350 €, soit une pro­gres­sion de 11 % en 2016. C’est tou­jours dif­fi­cile de trou­ver un juste équi­libre ; notre pre­mier ob­jec­tif étant l’in­ser­tion, nous ne pou­vons pas trop com­plexi­fier la com­mer­cia­li­sa­tion. ■ Quelle est votre stra­té­gie par rap­port à la concur­rence ? La confi­gu­ra­tion a chan­gé ces der­nières an­nées. Lors de notre pre­mière pro­duc­tion en 2002, nous avions une liste d’at­tente. Au­jourd’hui, les consom­ma­teurs ont le choix entre les Amap (as­so­cia­tion pour le main­tien d’une agri­cul­ture pay­sane), la Ruche qui dit oui, de nou­veaux es­paces de vente di­recte… Nous es­sayons d’or­ga­ni­ser da­van­tage d’ac­tions de pro­mo­tion et d’amé­lio­rer notre com­mu­ni­ca­tion. Nous avons aus­si di­ver­si­fié les ca­naux de vente : au­jourd’hui nous four­nis­sons en lé­gumes bio toutes les crèches de Saint­Étienne et deux res­tau­rants sté­pha­nois (Le C et L’entre2pots).

Comment se dé­roule la vente de pa­niers bio ?

Nous avons fait des ef­forts pour pro­po­ser des pa­niers bien équi­li­brés, di­ver­si­fiés et de qua­li­té. Ils per­mettent par­fois de re­dé­cou­vrir cer­tains lé­gumes de sai­son comme le pa­net, le ra­dis noir, le to­pi­nam­bour, le car­don… Le panier est ac­com­pa­gné d’une re­cette et du jour­nal de l’as­so­cia­tion. Nous avons éga­le­ment mis en place, il y a trois ans, un mar­ché bio tous les ven­dre­dis soirs, pour don­ner la pos­si­bi­li­té de dé­cou­vrir notre pro­duc­tion de ma­nière moins contrai­gnante.

Quelles sont les autres ac­tions dé­ve­lop­pées ?

Nous or­ga­ni­sons des soi­rées de sou­tien mu­si­cal, des temps convi­viaux, des re­pas. Nous ac­cueillons aus­si des groupes ex­té­rieurs et des sco­laires aux­quels nous pro­po­sons des ate­liers cui­sine, de jar­di­nage, de com­post, d’éco­construc­tion… Nous sommes éga­le­ment ou­verts sur l’ac­cueil d’en­tre­prises en louant nos lo­caux tout en leur pro­po­sant un re­pas bio. ■

« Plus de 500 per­sonnes en dif­fi­cul­té sont pas­sées par Oa­sis de­puis sa créa­tion en 2001 ».

VINCENT PARET Di­rec­teur d’Oa­sis jar­din de Co­cagne.

VENTE DE PLANTS. Oa­sis jar­din de Co­cagne a par­ti­ci­pé de nou­veau cette an­née à l’opé­ra­tion De ferme en ferme, or­ga­ni­sée sa­me­di 29 et di­manche 30 avril. Quelque 350 vi­si­teurs ont été ac­cueillis sur les deux jours, ve­nus dé­cou­vrir l’ex­ploi­ta­tion et ache­ter des plants. La vente de plants se pour­suit tous les ven­dre­dis de mai et dé­but juin, en même temps que le mar­ché bio, de 16 à 19 heures.

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