Il pose pour les plus grandes marques

Man­ne­quin pour de grandes marques, Rey­nald Sa­vel marche dans les pas de Sa­tya Oblet

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Rey­nald Sa­vel en­dosse ré­gu­liè­re­ment les créa­tions de Na­pa­pi­j­ri®, De­vred®, Hu­go Boss®…

Avant d’être man­ne­quin, le jeune Mont­bri­son­nais a exer­cé comme pâ­tis­sier, vi­trier, ou­vrier, po­li­cier...

Il a tout fait ou presque dans sa courte vie : pâ­tis­sier, vi­trier, ou­vrier, po­li­cier jus­qu’à réus­sir sa re­con­ver­sion dans le man­ne­qui­nat en 2016.

Les têtes tournent sur son pas­sage. For­cé­ment. Il a le phy­sique de l’em­ploi. Un CV la­pi­daire : « Taille : 80, hanches : 101, hau­teur 179… » mais tout est dans le re­gard. Re­con­ver­ti dans le man­ne­qui­nat voi­là douze mois, Rey­nald Sa­vel vit en­core à Montbrison dans le plus par­fait ano­ny­mat. Il s’en ac­com­mode fort bien ; sa dis­cré­tion na­tu­relle ne le porte pas à bom­ber le torse. Les si­rènes du “glam” chantent en vain. Il fait le job, sans plus d’em­pres­se­ment, gar­dant à l’es­prit la très grande ver­sa­ti­li­té des pro­jec­teurs. L’homme pose mais ne défile pas. Deux cen­ti­mètres manquent à son en­ver­gure pour sé­duire les po­diums. Il se contente des ca­ta­logues. Son book n’en est pas moins im­pres­sion­nant.

Re­pé­ré par deux agences, VIP Mo­dels à Lyon et Uni­ted mo­dels en Suisse, il en­dosse ré­gu­liè­re­ment les créa­tions de Na­pa­pi­j­ri®, De­vred®, Hu­go Boss®, Fox®, Atol®… Ses ta­touages lui ont ou­vert les portes du Clan Camp­bell®. Et il était en dé­pla­ce­ment dé­but 2017 à l’Île Mau­rice pour le cé­lèbre et ri­chis­sime joaillier Car­tier. « Il faut être ca­mé­léon pour tou­cher une clien­tèle di­ver­si­fiée », glisse le top qui col­la­bore, très lo­ca­le­ment, avec le ma­ga­sin Sprint sport ins­tal­lé place de l’Hô­tel­de­Ville, à Montbrison. Éton­nante im­pli­ca­tion en pro­vince dans une car­rière tour­née vers l’in­ter­na­tio­nal. « J’ai aus­si en­vie de faire bou­ger ma ville », confie­t­il.

Pré­sident d’une toute nou­velle as­so­cia­tion lo­cale (lire par ailleurs), il porte le pro­jet d’un magazine de mode. « Ça me trotte dans la tête, j’ai­me­rais tra­vailler avec les com­mer­çants… » Son cô­té touche­àtout. À 32 ans, Rey­nald Sa­vel a dé­jà vé­cu mille vies, aux an­ti­po­ des des cercles ha­bi­tuels du pa­raître.

Au ma­tin de sa ma­jo­ri­té, ce grand adepte des sports de com­bat (il ne l’est plus) s’en­gage dans les forces de l’ordre. « Je vou­lais être prof de sport dans les écoles de po­lice ». Il at­ter­rit dans une bri­gade de nuit à Saint­Étienne. Va­lide, par ailleurs, une carte pro­fes­sion­nelle qui lui per­met de faire des ex­tras dans la garde rap­pro­chée : au Zé­nith de SaintÉ­tienne où il ac­com­pagne les tour­nées des ar­tistes dont celle de Mat­thieu Che­did mais aus­si à Cannes où il en­file le cos­tume de chauf­feur des émirs en vi­site au fes­ti­val. La croi­sette, dé­jà un monde de paillettes. Il ne s’ap­pe­san­tit pas. Rien à en dire, ou presque. Les stars ne l’in­té­ressent pas et les cadres mi­li­taires lui pèsent. « La men­ta­li­té ne me conve­nait pas et sur­tout j’avais du mal à être im­par­tial avec les gars ar­rê­tés dans des af­faires de moeurs. J’ai dé­mis­sion­né au bout de six ans ».

Un pas­sage par le centre édu­ca­tif fer­mé de L’Hô­pi­tal­le­ Grand où il en­seigne la boxe aux mi­neurs in­car­cé­rés une an­née du­rant, dé­bouche fi­na­le­ment sur un em­ploi de por­tier en boîte de nuit. Cinq ans au Pa­blos à Unias, un an au Ko­pa à SaintÉ­tienne. Il est res­pon­sable de la sé­cu­ri­té lors­qu’il est re­pé­ré par la di­rec­trice de cas­ting de Mis­ter France. « Nous avons fait un shoo­ting au ca­si­no de Mon­trond­les­Bains avec un ami pho­to­graphe, Franck Mo­rel, pour dé­li­rer. Lin­da Bar­bo­za était là… » La suite n’est faite que d’op­por­tu­ni­tés sai­sies au vol.

De ces pre­mières an­nées, mais aus­si d’une ex­pé­rience dou­lou­reuse re­mon­tant à l’en­fance (« mon père est par­ti quand j’avais trois ans ») il s’est for­gé un cap exis­ten­tiel. « Les choses né­ga­tives, j’es­saye de les trans­for­mer en po­si­tif. »

S’il reste à Montbrison quand ses ac­ti­vi­tés l’amènent à faire le tour du globe (il est à Pa­ris tous les dé­buts de se­maine et en Suisse un week­end sur deux, al­ter­nant cas­tings et shoo­tings) c’est es­sen­tiel­le­ment pour voir sa fille. « Elle m’ac­com­pagne dès que c’est pos­sible, glisse­t­il. Et marche dans mes traces. Elle a dé­cro­ché un contrat pour Ca­si­no. » Un vrai mo­tif de fier­té pour ce jeune père, ori­gi­naire de Boën­sur­Li­gnon, ar­ri­vé dans la sous­pré­fec­ture en 2001 par le biais d’une for­ma­tion… en pâ­tis­se­rie.

Pâ­tis­sier de for­ma­tion

À l’époque ap­pren­ti chez Bru­no Guer­pillon, Rey­nald Sa­vel avait ob­te­nu un CAP et un BEP à Saint­Cha­mond avant d’in­té­grer, à contre­coeur, la très sé­lec­tive École na­tio­nale su­pé­rieure de pâ­tis­se­rie d’Ys­sin­geaux. « Les profs m’avaient ins­crit mais ce­la ne m’in­té­res­sait pas plus que ça. J’ai tout pla­qué dix jours avant de va­li­der mon di­plôme pour en­trer à l’usine. Et j’ai mul­ti­plié les pe­tits bou­lots : à la cave des vi­gne­rons fo­ré­ziens, chez un vi­trier à Montbrison… » La pre­mière de ses er­rances pro­fes­sion­nelles bien avant l’en­ga­ge­ment mi­li­taire.

Boxeur, skieur, gym­naste, dé­sor­mais jon­gleur et pia­niste : Rey­nald Sa­vel se­rait­il un in­con­di­tion­nel di­let­tante ? L’idée le fait sou­rire. « Dès qu’il y a un truc qui me plaît, c’est vrai, je m’y mets. » Une fa­çon d’em­plir le vide de ses heures creuses, lui qui n’as­pire qu’à re­trou­ver la tran­quilli­té une fois l’ob­jec­tif ob­tu­ré. ■

Six ans dans une bri­gade de nuit et garde du corps à Cannes

PHO­TO : TOM SAINT CLAIR

Rey­nald Sa­vel vient de po­ser pour l’un des plus grands pho­to­graphes.

PHO­TOS CHRYS BENS.

POR­TRAIT. Rey­nald Sa­vel, ici en com­pa­gnie de sa fille. Le man­ne­quin mont­bri­son­nais tra­vaille lo­ca­le­ment pour le ma­ga­sin Sprint sport mais aus­si pour de très grandes marques na­tio­nales et in­ter­na­tio­nales. Prêt-à-por­ter, pro­duits pu­bli­ci­taires, il mul­ti­plie les cas­tings et les contrats. La seule chose qu’il ait jus­qu’ici re­fu­sée : la té­lé­réa­li­té. « C’est trop no­cif pour l’image. »

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