Jean Ora­bo­na, mort pour la France, après un pa­ra­chu­tage

La com­mune a pro­fi­té des com­mé­mo­ra­tions du 8­Mai 1945 pour rendre un hom­mage

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Portes Du Forez -

Né le 2 jan­vier 1921 à Bas­tia, en Corse, Jean Ora­bo­na s’en­gage en juillet 1940 dans la France libre. Il est af­fec­té dans l’in­fan­te­rie de l’air et dé­ta­ché au Bu­reau cen­tral de re­cherche et d’ac­tion (BCRA). Le 25 juillet 1942, il meurt lors d’une mis­sion clan­des­tine après avoir été pa­ra­chu­té au-des­sus de Bois­set-lès-Mon­trond.

« Re­çu bonnes nou­velles d’Émile et Ca­mille. » La phrase co­dée pour l’opé­ra­tion de pa­ra­chu­tage à Bois­set­lès­Mon­trond passe sur les ondes de la BBC le 24 juillet 1942.

Dans la nuit du 24 au 25 juillet, Gas­ton Ta­vian, alias Col­lin, chef du ré­seau d’ac­tion Tir, est sur le ter­rain aux cô­tés des autres ré­sis­tants, Léon Nau­tin, le ra­dio Jo­seph Piet et un aide nom­mé De­mans. Leur mis­sion : ré­cep­tion­ner les huit pa­ra­chutes (trois hommes et cinq contai­ners) lar­gués sur un an­cien ter­rain de vol à voile près du vil­lage fo­ré­zien.

La mis­sion ne se passe pas comme pré­vu. Le vent a dé­por­té les pa­ra­chu­tistes. L’un d’eux, le ra­dio Jean Ora­bo­na, dit Gri­mal­di, est mal tom­bé. Il est griè­ve­ment bles­sé. « Ora­bo­na avait la poi­trine en­fon­cée et les jambes bri­sées. Il hur­lait de dou­leur. » Les ré­sis­tants doivent fuir. Ta­vian pré­vient le cu­ré de Bois­set, l’ab­bé Clouye, qui prend en charge le jeune homme après qu’on a d’abord ten­té de lui faire croire qu’il était « tom­bé de bi­cy­clette », une ver­sion qui ne col­lait pas avec le bruit du bom­bar­dier pas­sé à plu­sieurs re­prises au­des­sus du lieu du lar­gage.

In­hu­mé à Mont­bri­son puis dans sa Corse na­tale

À 7 heures, le mé­de­cin est aler­té. Jean Ora­bo­na est dans le co­ma lorsque trois Bois­se­taires (Boute, le garde cham­pêtre, et les frères Paul et Émile Joas­sard, fils du mar­chand de vin) le ré­cu­pèrent près du pont de Gand, sur le che­min de Fontanes et le conduisent à l’hô­pi­tal de Mont­bri­son. Le jeune homme suc­combe pen­dant son trans­port. Dans le même temps, les ré­sis­tants par­viennent à ga­gner Mon­trond et à sau­ter dans un train pour re­joindre SaintÉ­tienne. Lors­qu’il est in­hu­mé à Mont­bri­son, per­sonne ne connaît l’iden­ti­té du jeune homme. Sept ans plus tard, en fé­vrier 1949, son corps est ra­pa­trié à No­vel­la, en Haute­Corse, où il re­pose au­jourd’hui.

Il au­ra fal­lu 75 ans pour que le cou­rage de ce hé­ros de la Se­conde Guerre mon­diale soit en­fin sa­lué comme il se doit. ■

MÉ­MOIRE ET ÉMO­TION. Jean-Pierre Ora­bo­na (ici aux cô­tés du maire Claudine Court) a re­mer­cié la mu­ni­ci­pa­li­té et Claude Déal, un Bois­se­taire qui a per­mis que cet épi­sode de l’his­toire ne tombe pas dans l’ou­bli.

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