Her­vé Dhondt, à la force du poi­gnet

Ins­tal­lé à Saint­Just­d’Avray, cet en­tre­pre­neur est aus­si in­ter­na­tio­nal fran­çais de ho­ckey sur ga­zon

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Fa­bien Gau­vin fa­bien.gau­vin@cen­tre­france.com

À 54 ans, Her­vé Dhondt n’a pas per­du un brin de son en­thou­siasme pour le ho­ckey sur ga­zon, un sport qui lui a no­tam­ment per­mis de re­vê­tir le maillot de l’équipe de France.

La poi­gnée de main est franche, presque rude. Le ga­ba­rit se ré­vèle im­po­sant, les épaules car­rées. C’est pour­tant son rire com­mu­ni­ca­tif ou ses yeux fa­cé­tieux qui dé­crivent sans doute le mieux Her­vé Dhondt. Qu’il parle de sa pré­coce pas­sion pour le ho­ckey sur ga­zon, de ses fraîches re­la­tions avec la Fé­dé­ra­tion ou de son rôle au sein de Pa­mo­tex, dont il est di­ri­geant as­so­cié depuis 2012, le Lyon­nais d’ori­gine n’a pas la langue dans sa poche et dé­livre ses mes­sages dans un aty­pique mé­lange d’as­su­rance et de bien­veillance. Une at­ti­tude qu’il adopte éga­le­ment crosse en main, sur les ter­rains qu’il ar­pente depuis ses 7 ans. Ve­nu voir son frère jouer au tennis, il pose son re­gard à l’ex­té­rieur des courts, où quelques jeunes s’en­traînent au ho­ckey sur ga­zon. « J’ai ac­cro­ché tout de suite. Depuis ce jour­là, je n’ai ja­mais lâché la crosse », ra­conte avec convic­tion ce­lui qui ha­bite à Saint­Just­d’Avray, entre Am­ple­puis et Ta­rare, depuis une dé­cen­nie.

Ce « pe­tit sport fran­çais mais grand sport mon­dial », Her­vé Dhondt le pra­tique alors au LOU (Lyon olym­pique uni­ver­si­taire), fran­chis­sant les éche­lons jus­qu’à faire par­tie de l’équipe de France ju­niors. Mi­lieu de ter­rain, plus adepte du beau geste que de l’ef­fi­ca­ci­té à tout prix et grand spé­cia­liste du scoop, un geste tech­nique qui consiste à faire une passe lo­bée, ce com­mer­cial de pro­fes­sion va même jus­qu’à re­joindre le FC Lyon du­rant trois sai­sons, au plus haut ni­veau na­tio­nal. « J’étais au top de ma forme. On jouait pour le titre de cham­pion et la qua­li­fi­ca­tion en coupe d’Eu­rope qu’elle per­met­tait. Mal­heu­reu­se­ment je n’ai pas eu de chance, on a ter­mi­né trois ans vi­ce­cham­pions de France, au goal­ ave­rage », re­grette­t­il.

Ses meilleures an­nées pas­sées, ce­lui qui a pris la tête de Pa­mo­tex en 2012 n’en a pas pour au­tant re­mi­sé cram­pons et crosse au pla­card. Loin s’en faut. Depuis trois ans, il s’éver­tue en ef­fet à faire vivre l’équipe de France Mas­ter. Celle, en fait, des vé­té­rans. Pour le plai­sir mais avec un es­prit de com­pé­ti­tion cer­tain, l’âge n’étant pas vrai­ment de na­ture à re­fré­ner les ar­deurs du gaillard. « Je ne suis pas be­don­nant, je suis en­core en “pleine bourre” », peut­il ain­si at­tes­ter mal­gré plus d’une ving­taine de frac­tures ou luxa­tions contrac­tées au cours de sa car­rière. Ce n’est alors cer­taine­ ment pas un conflit avec la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de ho­ckey, « ma chère Fé­dé­ra­tion », lan­cet­il avec iro­nie, qui pour­rait l’em­pê­cher de pour­suivre son bon­heur sur les ter­rains de ho­ckey.

Sans aide de la FFH, il s’at­telle à réunir des fi­nan­ce­ments pour re­pré­sen­ter la France dans les ca­té­go­ries Mas­ter. En 2014, en­tou­ré de ceux qui sont de­ve­nus des amis au fil des ans et des par­ties, il a ain­si dé­cro­ché la 6e place au cham­pion­nat du monde à Rot­ter­dam, une per­for­mance re­mar­quable pour une na­tion clas­sée au 18e rang mon­dial. « On a du tout payer, même la boîte à phar­ma­cie », rap­pelle le mi­lieu. Pas de quoi frei­ner la pe­tite troupe consti­tuée pour au­tant, qui a dé­sor­mais en tête un ob­jec­tif par­ti­cu­lier : les World Mas­ters Games, l’équi­valent des Jeux olym­piques pour les vé­té­rans, qui se dé­rou­le­ront en 2021 à Osa­ka (Ja­pon). « On rêve de pou­voir y al­ler. Il n’y a rien de plus beau, à notre âge, de se dire que l’on peut en­core ac­com­plir ce­la », confie ce­lui dont le par­cours pro­fes­sion­nel dit éga­le­ment toute sa ré­si­lience.

De com­mer­cial à la tête d’une so­cié­té en de­ve­nir

Après des études ni­veau « bac à sable », comme il les dé­crit dans un rire franc, Her­vé Dhondt a en ef­fet tra­cé son che­min à la force du poi­gnet. Sa car­rière, me­née in­té­gra­le­ment dans le do­maine du tex­tile, l’a vu en­dos­ser suc­ces­si­ve­ment les rôles de com­mer­cial, di­rec­teur com­mer­cial puis res­pon­sable des ventes, avant l’op­por­tu­ni­té de prendre la tête de Pa­mo­tex, en as­so­cia­tion avec Mau­rice Pa­quet, le fon­da­teur. « On était concur­rents à l’époque. Mais on a fait ça à l’an­cienne, en se ta­pant dans la main », as­sure­t­il. Créée il y a 13 ans, la firme aux 130.000 € de chiffre d’af­faires en 2016 ne cesse de gran­dir depuis l’ar­ri­vée du ho­ckeyeur. Son as­so­cié spé­cia­liste du tex­tile et du cô­té tech­nique, lui se charge de l’as­pect com­mer­cial. Avant, d’ici quelques an­nées, de re­prendre en in­té­gra­li­té la ges­tion de l’en­tre­prise. Un jo­li but mar­qué, mais sans doute pas la fin du match pour Her­vé Dhondt. ■

Tom­bé sous le charme du ho­ckey sur ga­zon, il at­teint le plus haut ni­veau na­tio­nal

PHO­TO FA­BIEN GAU­VIN

PAS­SION. Depuis un ap­pren­tis­sage du­rant le­quel il a no­tam­ment cô­toyé To­ny Fer­nandes, un an­cien cham­pion in­dien de la dis­ci­pline, Her­vé Dhondt n’a ja­mais pu dé­cro­cher du ho­ckey sur ga­zon, et ne semble pas prêt de s’en las­ser. « Dans nos têtes, on est en­core des ga­mins », sou­rit-il ain­si.

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