CA­RAC­TÈRE

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale -

L’ac­cès est pé­rilleux, consti­tué d’une vo­lée de marches étroites en co­li­ma­çon comme on en trouve en­core dans quelques phares bre­tons et d’échelles en bois. Le maire Jean­Claude Ci­vard cultive l’es­poir de rendre chaque pa­lier ac­ces­sible au pu­blic, d’au­tant que sub­siste dans les étages une im­mense salle au vaste po­ten­tiel. « On pour­rait en faire un lieu d’ex­po­si­tion. Nous conser­vons de ma­ gni­fiques vê­te­ments sa­cer­do­taux dans la cure. Ils pour­raient être mis sous vi­trine. Tout le pro­blème tient dans l’ac­cès qui nous pose sou­ci pour les normes han­di­ca­pées. » Le conseil mu­ni­ci­pal a chif­fré la ré­no­va­tion à 125.000 €. Les de­mandes de sub­ven­tions sont en cours ; les 426 ha­bi­tants ne pour­ront à eux seuls fi­nan­cer les tra­vaux.

Le vil­lage as­sou­pi s’anime une fois l’an en hi­ver à l’oc­ca­sion du mar­ché de Noël (ca­pable de drai­ner, C las­sé vil­lage de ca­rac­tère en 2013, Ma­rols s’étend sur près de 1.500 hec­tares, et quinze ha­meaux, dans les monts du Fo­rez. À dé­cou­vrir au bourg : l’échau­guette, l’église et ses deux clochers (dont l’un est en fait une an­cienne tour de garde bâ­tie pour re­pous­ser les hordes an­glaises) mais aus­si les pe­tites ruelles pa­vées et la belle place de la fon­taine. se­lon la mai­rie, 10.000 vi­si­teurs à la jour­née) mais aus­si les beaux jours re­ve­nus à l’ou­ver­ture des ate­liers. Car Ma­rols a conquis, en quatre ans, le titre de vil­lage d’ar­tistes sous l’im­pul­sion de De­nis Che­ret.

Après avoir po­sé le pre­mier, en 2013, son che­va­let au bourg, ré­so­lu à « se mettre au vert », le peintre a conver­ti cinq membres de son ré­seau. « Puis d’autres sont ar­ri­vés », se sou­vient Mi­chaël Cha­zelle, pré­sident de l’as­so­cia­tion des ar­tistes. Éton­nam­ment, l’homme n’est pas du mi­lieu. Il gagne sa croûte en pro­po­sant cours d’in­for­ma­tique et sou­tien sco­laire. « J’ai été adop­té, sou­rit­il. Même si faire tra­vailler en­semble onze ar­tistes est un réel dé­fi. » La mu­ni­ci­pa­li­té a d’em­blée me­su­ré l’in­té­rêt de ce nou­vel an­crage. Elle a fa­ci­li­té l’im­plan­ta­tion des peintres et sculp­teurs. « On pré­fère leur louer les bâ­ti­ments ac­quis par la com­mune plu­tôt qu’à des autochtones, confie Jean­Claude Ci­vard. Sans eux, Ma­rols ne pour­rait pas vivre. »

L’ou­ver­ture des ate­liers, tous les week­ends de juin à sep­tembre, draine un im­por­tant flux tou­ris­tique (10.000 vi­si­teurs là en­core). « Il ne s’agit pas de ga­le­ries, pré­cise Mi­chaël Cha­zelle. Les ar­tistes doivent être pré­sents pour échan­ger avec les vi­si­teurs. Nous vou­lons créer une proxi­mi­té de l’art avec le pu­blic. Le but ul­time étant que les ar­tistes vivent de leur tra­vail à Ma­rols. » Uto­pique ? Lo­ca­le­ment, tout le monde veut y croire. ■

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