Co­line Bou­va­rel, co­mé­dienne et cham­pionne d’es­crime ar­tis­tique

La co­mé­dienne Co­line Bou­va­rel a dé­cro­ché le titre de vice­cham­pionne du monde

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Elle a pris ses pre­miers cours de théâtre au ly­cée du Fo­rez, à Feurs. Co­line Bou­va­rel est au­jourd’hui une co­mé­dienne ac­com­plie, à la tête d’une com­pa­gnie à Lyon. L’an pas­sé, la jeune tren­te­naire est par­tie en Rus­sie, à l’as­saut du titre de vice-cham­pionne du monde d’es­crime ar­tis­tique.

Co­line Bou­va­rel n’a pas at­ten­du la no­mi­na­tion de Lau­ra Fles­sel au mi­nis­tère des Sports pour s’in­té­res­ser à l’es­crime. Cette co­mé­dienne de 31 ans a vou­lu s’es­sayer à l’épée en 2012, « pour re­prendre une ac­ti­vi­té phy­sique », jure­telle au­jourd’hui, moins d’un an après son titre de vice­cham­pionne du monde d’es­crime ar­tis­tique, em­po­ché en juillet der­nier à Ko­lom­na, en Rus­sie, à une cen­taine de ki­lo­mètres au sud­est de Mos­cou.

L’es­crime ar­tis­tique, « une cho­ré­gra­phie pour créer l’illu­sion du duel à l’épée »

La no­tion « ar­tis­tique » est im­por­tante, car elle dis­so­cie bien cette dis­ci­pline is­sue du ci­né­ma et des films de cape et d’épée de celle, plus spor­tive, pra­ti­quée aux jeux olym­piques. Ici, pas d’im­pact di­rect et pas de points à mar­quer. « Ce­la cor­res­pond plus à une cho­ré­gra­phie de com­bat, pour créer l’illu­sion du duel à l’épée », ré­sume Co­line Bou­va­rel, qui a gla­né ce titre en bi­nôme avec Bap­tiste De­la­noue, « ex­cellent ma­nieur d’armes mais pas du tout co­mé­dien », qu’elle a ren­con­tré à la Com­pa­gnie d’armes de Lyon (Carl).

Le ju­ry, com­po­sé de spor­tifs, de co­mé­diens et de maîtres d’armes, a ap­pré­cié la jus­tesse tech­nique et ar­tis­tique de ce « com­bat » de quatre mi­nutes, tra­vaillé, peau­fi­né au dé­tail près au cours des quatre mois pré­cé­dents. « Nous nous sommes dans un pre­mier temps pré­sen­tés aux sé­lec­tions pour in­té­grer l’équipe de France, à Pa­ris. Seuls les deux meilleurs bi­nômes pou­vaient pré­tendre à une place aux cham­pion­nats du monde. On a ter­mi­né deuxièmes, juste der­rière le même duo qui nous a de­van­cés en juillet », sou­ligne Co­line Bou­va­rel, qui ne s’at­ten­dait pas aux re­tom­bées mé­dia­tiques qu’elle a connues suite à l’ob­ten­tion de cette mé­daille d’ar­gent. « Les ré­per­cus­sions sont réelles. Cette dis­tinc­tion est de­ve­nue un ar­gu­ment de poids pour ga­ran­tir aux mé­dias et au pu­blic que nous pré­sen­tons des spec­tacles de qua­li­té », té­moigne­t­elle.

C’est d’ailleurs suite à cette ex­pé­rience russe que lui est ve­nue l’idée d’écrire Un pour tous, moi d’abord !. Ce spec­tacle in­tègre une par­tie de com­bat à l’épée. Le pu­blic pour­ra le dé­cou­vrir ce week­end, au fes­ti­val des Monts de la balle à Ver­rières­en­Fo­rez (voir ci­des­sous).

Un pour tous, moi d’abord, sa troi­sième créa­tion

Il s’agit­là de la troi­sième créa­tion de Co­line, de­puis qu’elle a fon­dé sa propre com­pa­gnie Co­le­gram, en 2014, après Pa­nique chez les mi­nus, ré­cem­ment joué au châ­teau du Ro­zier et Re­tour vers le la­bo, deux spec­tacles axés sur la thé­ma­tique de la science, plu­tôt des­ti­nés au jeune pu­blic.

Pro­fes­sion­nelle de­puis 2011, Co­line Bou­va­rel a ef­fec­tué ses pre­miers pas sur les planches en sui­vant des cours de théâtre en op­tion, au ly­cée du Fo­rez, à Feurs. Une com­mune qu’elle a ap­pris à connaître lors­qu’elle a sui­vi ses pa­rents dans la Loire alors qu’elle en­trait en 6e. « Je suis née à Bor­deaux, mais ma fa­mille pa­ter­nelle est ori­gi­naire de Pa­nis­sières. Je suis res­tée à Feurs jus­qu’au ly­cée avant d’en par­tir pour pour­suivre mes études. Mais je ne m’in­ter­dis pas de re­ve­nir ici un jour », dé­ve­loppe cette Fo­ré­zienne d’adop­tion, qui a ins­tal­lé sa com­pa­gnie à Lyon. Après une pré­pa lit­té­raire, Co­line a dé­cro­ché un mas­ter dans les arts du spec­tacle. Vé­ri­table touche­à­tout, l’ar­tiste a conti­nué, en pa­ral­lèle, à par­ti­ci­per à des ate­liers théâtre, à tra­vailler l’im­pro­vi­sa­tion et à dé­ve­lop­per ses ta­lents de ma­rion­net­tiste.

Puis Co­line a in­té­gré la com­pa­gnie Les Art’Souilles, à Fey­zin, de 2011 à 2013, avant de créer sa com­pa­gnie.

Elle tra­vaille ac­tuel­le­ment sur un nou­veau spec­tacle. Dif­fi­cile d’en connaître la thé­ma­tique, qu’elle ne sou­haite pas en­core di­vul­guer. Un par­cours à suivre at­ten­ti­ve­ment. Car avec son titre de vice­cham­pionne du monde, Co­line a prou­vé qu’elle pou­vait ren­ver­ser des mon­tagnes… ■

PAR­COURS. Co­line Bou­va­rel a dé­bu­té le théâtre en sui­vant des cours au ly­cée du Fo­rez, à Feurs. Elle a de­puis créé la com­pa­gnie Co­le­gram, à Lyon.

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