Paul Sa­len et l’épar­pille­ment des voix

Dix can­di­dats pré­tendent à la suc­ces­sion du dé­pu­té LR qui siège de­puis six ans

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Mal­gré son as­sise locale, Paul Sa­len, dé­pu­té Les Ré­pu­bli­cains sor­tant, peut lé­gi­ti­me­ment re­dou­ter que la mul­ti­pli­ca­tion des can­di­dats es­tam­pillés à droite vienne gri­gno­ter les voix sur les­quelles il compte pour rem­plir un se­cond man­dat dans la sixième cir­cons­crip­tion de la Loire. La se­cré­taire dé­par­te­men­tale du Front na­tio­nal (FN), So­phie Ro­bert, et Ju­lien Bo­rowc­zyk, can­di­dat de La Ré­pu­blique en marche (LREM), consti­tuent des al­ter­na­tives sé­rieuses.

Le 17 juin pro­chain, veille du se­cond tour des élec­tions lé­gis­la­tives fran­çaises, Paul Sa­len fê­te­ra ses 68 ans. Sûr que le plus beau ca­deau que pour­raient lui faire les élec­teurs de la sixième cir­cons­crip­tion de la Loire se­rait sa ré­élec­tion.

Cer­tai­ne­ment pas dès le pre­mier tour comme avaient l’ha­bi­tude d’être plé­bis­ci­tés ses deux pré­dé­ces­seurs sur un ter­ri­toire re­des­si­né suite au re­dé­cou­page de 2010, à sa­voir Jean­Fran­çois Chos­sy dont Paul Sa­len était le sup­pléant dans l’ex­sixième cir­cons­crip­tion avant de lui suc­cé­der sur les bancs de l’As­sem­blée na­tio­nale en 2011 (ayant ac­cep­té une mis­sion sur le han­di­cap de plus de six mois au­près du Pre­mier mi­nistre, Jean­Fran­çois Chos­sy avait choi­si de mettre fin à son man­dat, N.D.L.R.), et Pascal Clé­ment dans la sep­tième, , dis­pa­rue il y a sept ans. Compte te­nu du contexte po­li­tique du mo­ment, sûr que le dé­pu­té Les Ré­pu­bli­cains (LR) sor­tant sau­rait se sa­tis­faire d’une ré­élec­tion au se­cond tour.

Une « cir­co » mar­quée à droite

Sa prin­ci­pale in­quié­tude ? Ses nom­breux ad­ver­saires, c’est­à­dire dix, soit un de plus que lors des lé­gis­la­tives de 2012, mais sur­tout ceux qui risquent de lui grap­piller des voix dans une « cir­co » plu­tôt mar­quée à droite comme l’ont en­core dé­mon­tré les can­to­nales par­tielles de 2015 à Boën­sur­Li­gnon (suc­cès de Chan­tale Brosse et Pierre­Jean Ro­chette pour l’Union pour un mou­ve­ment po­pu­laire, UMP), Mont­bri­son (An­nick Bru­nel et Jean­Yves Bon­ne­foy, UMP) ou Feurs (Ma­rianne Dar­feuille et Pierre Vé­ri­cel, di­vers droite).

Il y a cinq ans, Paul Sa­len avait de­van­cé Li­liane Faure d’en­vi­ron 4.000 voix au se­cond tour. De­puis, la so­cia­liste a per­du la Ville de Mont­bri­son et son siège de conseillère dé­par­te­men­tale. La voi­là ré­duite au rang de simple spec­ta­trice de ce scru­tin où mal­ gré l’in­ves­ti­ture du Par­ti so­cia­liste (PS) et du Par­ti com­mu­niste (PC), Jean Du­ver­ger d’Eu­rope Éco­lo­gie­Les Verts (EELV) ne semble pas l’ad­ver­saire le plus dan­ge­reux de Paul Sa­len, an­cien vice­pré­sident du Conseil dé­par­te­men­tal de la Loire.

So­phie Ro­bert et le FN mieux im­plan­tés

Écar­tée au pre­mier tour il y a cinq ans avec près de 12.500 voix et frô­lant les 12,5 % des suf­frages ins­crits, barre qui l’au­rait au­to­ri­sé à se main­te­nir, So­phie Ro­bert en­tend bien, cette fois­ci, s’in­vi­ter aux dé­bats du se­cond tour. L’an­crage lo­cal de celle qui est se­cré­taire dé­par­te­men­tal du Front na­tio­nal (FN) de­puis 2011, est de­ve­nu plus pro­fond de­puis que cette qua­dra­gé­naire siège au conseil mu­ni­ci­pal de Feurs et au conseil ré­gio­nal Au­ver­gneR­hône­Alpes (Au­RA). Avant les der­nières élec­tions pré­si­den­tielles, elle fai­sait re­dou­ter un an­crage ex­tré­miste du Fo­rez. Mais les ré­sul­tats des deux tours du scru­tin pré­si­den­tiel tendent à dé­mon­trer que le vote FN de­meure un vote con­tes­ta­taire na­tio­nal. Ma­rine Le Pen est ar­ri­vée en tête du pre­mier tour dans le Fo­rez au soir du 23 avril mais la chef de file du Ras­sem­ble­ment bleu ma­rine, bien qu’en pro­gres­sion, a en­suite été as­sez lar­ge­ment de­van­cée par Emmanuel Ma­cron en marche vers l’Ély­sée, quinze jours plus tard. Une ten­dance élec­to­rale qu’es­père pro­lon­ger Ju­lien Bo­rowc­zyk.

In­ves­ti par La Ré­pu­blique en marche (LREM), ce mé­de­cin de Sa­vi­gneux, an­cien mi­li­tant de l’UDF et du Mo­Dem, se pré­sente comme le can­di­dat du re­nou­vel­le­ment. À 38 ans, ce jeune père de fa­mille sait qu’il peut comp­ter sur un nom qui ré­sonne dans le Mont­bri­son­nais (son père, Jean­Louis, était un mé­de­cin ré­pu­té et très connu) et as­sure qu’il ne se pré­sente pas pour faire une car­rière, lui qui a dé­jà un mé­tier et une clien­tèle éta­blie.

Mais la vé­ri­table in­con­nue de cette sixième cir­cons­crip­tion, c’est la can­di­da­ture de Ni­co­las Poi­rieux. L’avo­cat mont­bri­son­nais, dé­jà can­di­dat de l’UDF et du Mou­ve­ment dé­mo­crate (Mo­Dem) en 2007 sur la sixième cir­cons­crip­tion an­cienne mou­ture, jouit lui aus­si d’un nom qui « pèse » dans le Fo­rez. Son père, Guy, a été maire de Mont­bri­son de 1971 à 1995 et sé­na­teur de 1992 à 2001.

Cette fois­ci, il se (re)pré­sente mais sans éti­quette et nul ne peut dire quel cré­dit vont lui ac­cor­der les élec­teurs fo­ré­ziens mais Paul Sa­len est per­sua­dé qu’il va lui prendre des voix. Et pour­rait ain­si fa­vo­ri­ser une tri­an­gu­laire bien in­cer­taine au se­cond tour.

Ju­lien Bo­rowc­zykNi­co­las Poi­rieux, au nom du père

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