À quoi ça sert, con­crè­te­ment ?

Une fois tous les cinq ans, le peuple re­nou­velle ses re­pré­sen­tants à l’As­sem­blée na­tio­nale

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale -

Élire un dé­pu­té : pour­quoi ? Com­ment ? Pe­tit dé­co­deur des élec­tions lé­gis­la­tives à la veille du pre­mier tour.

Les élec­tions lé­gis­la­tives ont lieu ces di­manches 11 et 18 juin. Mais de quoi parle­t­on ?

577 places à prendre.

■ Les lé­gis­la­tives per­mettent d’élire les 577 dé­pu­tés qui sié­ge­ront à l’As­sem­blée na­tio­nale (un par cir­cons­crip­tion ­ ils se­ront donc six pour re­pré­sen­ter les ha­bi­tants de la Loire). Ils se­ront char­gés d’éla­bo­rer les lois fran­çaises pen­dant cinq ans et de vo­ter le bud­get.

On parle com­mu­né­ment de « troi­sième tour de la pré­si­den­tielle » car un pré­sident ne peut es­pé­rer gou­ver­ner se­rei­ne­ment sans une ma­jo­ri­té à l’as­sem­blée (soit 289 dé­pu­tés) sus­cep­tible d’ap­pli­quer son pro­gramme. L’en­jeu est de taille pour­tant les élec­teurs sont de moins en moins nom­breux à se rendre aux urnes lors de cette échéance.

En 2012, l‘abs­ten­tion avait frô­lé les 40 % au pre­mier tour dans la sixième cir­cons­crip­tion (contre 35 % en 2002) et at­teint 40,52 % dans la qua­trième (36,84 % en 2002).

Un ou deux tours ?

■ Tout dé­pen­dra du ré­sul­tat ob­te­nu par les can­di­dats au soir du 11 juin. Ceux qui to­ta­li­se­ront 50 % des suf­frages ex­pri­més re­pré­sen­tant au moins 25 % des ins­crits se­ront élus dès le pre­mier tour.

Toi, toi et toi…

■ Douze can­di­dats se pré­sentent sur la qua­trième cir­cons­crip­tion, ils sont onze sur la sixième. Si au­cun n’est élu di­manche soir, deux, trois ou quatre (bien que le fait soit ra­ris­sime) pour­ront se main­te­nir lors du deuxième tour. La condi­tion ? Avoir ob­te­nu un nombre de votes au moins égal à 12,5 % des ins­crits. D’où l’im­por­tance d’une forte par­ti­ci­pa­tion.

Éti­quette.

On parle de can­di­dats « sans éti­quette » quand ils ne sont rat­ta­chés à au­cun par­ti. Ces pos­tu­lants ont l’avan­tage de se tenir en de­hors des « af­faires » na­tio­nales mais, re­vers de la mé­daille, ils ne bé­né­fi­cient d’au­cun sou­tien, no­tam­ment fi­nan­cier, pour me­ner cam­pagne (sa­chant que les par­tis touchent des aides de l’État en fonc­tion, jus­te­ment, de leurs ré­sul­tats aux lé­gis­la­ tives).

Où sont les femmes ?

■ Dif­fi­cile exer­cice que ce­lui de la pa­ri­té. 43 % des can­di­dats aux lé­gis­la­tives dans la Loire sont des femmes. C’est un tout pe­tit peu mieux que sur le plan na­tio­nal (42 %) mais les chances de l’em­por­ter pour la gente fé­mi­nine se­raient mi­nimes à en croire le jour­nal Le Monde. Se­lon le quo­ti­dien, les prin­ci­paux par­tis de droite et d’ex­trême droite s’ar­ran­ge­raient pour conser­ver les meilleures cir­cons­crip­tions aux hommes.

Pe­tite conso­la­tion : une dame, au moins, de­vrait être élue lo­ca­le­ment di­manche 18 juin, neuf des douze can­di­dats de la 5e cir­cons­crip­tion étant des femmes.

Le cu­mul, c’est fi­ni.

■ Les dé­pu­tés de­vront se consa­crer corps et âme, dès 2017, à leur mis­sion. Im­pos­sible de cu­mu­ler un siège à l’as­sem­blée avec un man­dat exé­cu­tif lo­cal (maire, vice­pré­sident au conseil dé­par­te­men­tal, ré­gio­nal ou dans une com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion). Mais ils pour­ront tou­jours as­sis­ter aux dé­ bats lo­caux en tant que simples conseillers mu­ni­ci­paux ou dé­par­te­men­taux.

La Na­tion avant tout.

■ Un dé­pu­té re­pré­sente le peuple fran­çais et pas seule­ment les ha­bi­tants d’un ter­ri­toire. Au­tre­ment dit, il n’est pas cen­sé fa­vo­ri­ser les élec­teurs de sa cir­cons­crip­tion lors du vote des lois. Et n’a au­cune obli­ga­tion, d’ailleurs, d’ha­bi­ter la­dite cir­cons­crip­tion. D’où de cu­rieux et fré­quents pa­ra­chu­tages.

Et si l’op­po­si­tion rafle une ma­jo­ri­té de sièges ?

Alors il de­vient très dif­fi­cile pour le pré­sident élu de faire ap­pli­quer son pro­gramme. Car le chef de file de l’op­po­si­tion a toute lé­gi­ti­mi­té pour re­ven­di­quer le poste de Pre­mier mi­nistre. C’est ce qu’on ap­pelle la co­ha­bi­ta­tion.

Vo­ter, oui, mais com­ment ?

Les bu­reaux sont ou­verts di­manche de 8 à 18 heures dans la Loire. Les citoyens doivent s’y pré­sen­ter mu­nis d’une pièce d’iden­ti­té (carte d’iden­ti­té, pas­se­port, per­mis de conduire, per­mis de chasse…) et de leur carte d’élec­teur. ■

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