Fleu­ry Épi­nat, un grand peintre mé­con­nu

Le Mont­bri­son­nais Fleu­ry Épi­nat fut un élève de Da­vid

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Montbrison -

Élève du grand maître Da­vid, Fleu­ry Épi­nat (17641830), peintre d’his­toire et de pay­sages mont­bri­son­nais, semble avoir été bou­dé par la gloire et les hon­neurs, mal­gré un ta­lent des plus brillants.

Né à Mont­bri­son le 22 août 1764, Fleu­ry Épi­nat est le ca­det de douze en­fants. Conscient des dons du jeune gar­çon âgé de 12 ans, fils de me­nui­sier, le Sieur Thoy­net de Bi­gny, conseiller du roi à Mont­bri­son, le conduit à Pa­ris. Là, il est ad­mis en 1780 par­mi les pre­miers élèves du grand maître Jacques Louis Da­vid dont l’école est l’une des plus in­fluentes de l’époque. Fleu­ry a 16 ans.

Une ami­tié avec un mar­quis an­glais

La qua­li­té de sa pein­ture fait hon­neur à son maître si bien que Fleu­ry, à vingt ans, ac­com­pagne Da­vid pour son der­nier voyage en Ita­lie. Quand l’illustre ar­tiste rentre en France, Fleu­ry choi­sit la li­ber­té. Fier de vo­ler de ses propres ailes et ins­tal­lé à Rome, il donne des le­çons de pein­ture à un mar­quis an­glais, Lord Ai­les­bu­ry, ama­teur d’art, qui se­ra son pro­tec­teur. Per­ce­vant une « âme d’élite, franche, gaie et pas­sion­née », ce sei­gneur et sa fa­mille se lient d’ami­tié avec Fleu­ry. Il lui ouvrent une ga­le­rie de pein­tures à Londres.

Fleu­ry a la cin­quan­taine, quand sé­duit par une jeune fille lyon­naise, il l’épouse.

Pei­gnant des scènes de la na­ture à « l’ef­fet sai­sis­sant », ses ta­bleaux ro­man­tiques connaissent le suc­cès.

Il peint, entre autres, Une Érup­tion du Vé­suve, Les Grottes de la Balme ou en­core Les Fon­de­ries de Mont­bri­son. Son oeuvre la plus connue est La Des­truc­tion de la ville d’Her­cu­la­num, pein­ture ex­po­sée en 1822 et qui se­ra ac­quise par un mi­nistre.

Sen­tant sa fin proche, le 6 juin 1830, il in­vite ses amis et leur fait ses adieux à table. Le len­de­main, il ex­pire dans sa mai­son des bords de Saône, à Lyon.

Il n’existe pas de por­trait connu de Fleu­ry mais on sait que ce pas­sion­né de pein­ture était « grand, bien fait, les yeux bleus, le nez aqui­lin, lèvres minces et mé­di­ta­tives, l’ima­gi­na­tion ar­dente ». ■

Les Fon­de­ries de Mont­bri­son, l’une de ses oeuvres

UN ÉLÈVE DE DA­VID. Jacques Louis Da­vid, chef de file du style néo-clas­sique, à qui on doit entre autres, Le Sacre de Na­po­léon et le por­trait du couple La­voi­sier, a été le maître de Fleu­ry Épi­nat.

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