Un train peut en ca­cher un autre

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Zapping -

L’ima­gi­na­tion de la SNCF est dé­bor­dante. Fin mai, le groupe a re­bap­ti­sé ses TGV « pre­mium » au nom d’InOui. Sous ce vo­cable, une ga­ran­tie de ponc­tua­li­té (ap­pa­rem­ment en op­tion dans les TER) et un éven­tail de ser­vices dont le wi-fi. Les contrô­leurs des trains haut de gamme se­ront in­vi­tés dé­sor­mais à « se mon­trer ai­mables » vis-à-vis de la clien­tèle (à bord des Oui­go, en re­vanche, on leur fe­ra grâce des for­mules de po­li­tesse). « Il s’agit d’un chan­tier stra­té­gique et in­dus­triel », pré­cise un porte-pa­role de la SNCF. L’en­tre­prise, qui as­sure avoir me­né cette grande ré­flexion en in­terne -on n’en dou­tait pa­sen­tend con­qué­rir par ce biais 15 % de nou­veaux clients.

Post-scriptum : mar­gi­naux s’abs­te­nir. Prière, même, de dé­guer­pir. À Rennes, le groupe a dé­bar­ras­sé son par­vis des squat­teurs. Son arme se­crète ? La mu­sique clas­sique. En dif­fu­sant en conti­nu de 7 à 20 heures les grands airs de Mo­zart et Bee­tho­ven, la SNCF a mis en fuite les jeunes désoeu­vrés. L’en­tre­prise est for­melle : seuls Cho­pin et consorts, dont elle mas­sacre les oeuvres au sor­tir de haut-par­leurs gré­sillant, au­raient un pou­voir de dis­sua­sion mas­sive parce que « si dif­fé­rente de leurs codes so­nores » (se­lon la ru­meur, les tubes de Cé­line Dion se­raient pour­tant tout aus­si ef­fi­caces…). Mais at­ten­tion, re­cou­rir aux mu­siques de chambre pour­rait

« en­dor­mir » les in­dé­si­rables sur place. Cli­ché sans nom. On ou­blie­ra de pré­ci­ser que les mor­ceaux tournent en boucle toutes les trois mi­nutes de quoi faire perdre la tête à n’im­porte quel voya­geur condam­né à su­bir les re­tards de son TER. Stu­pé­fiant ? Mais non, in­ouï !

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