Ces plantes sau­vages qu’on n’au­rait ja­mais cru pou­voir man­ger

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Zapping -

Et s’il fal­lait de­main, faute de mieux, se nour­rir de plantes sau­vages ? Qui sau­rait en­core où cher­cher ?

Le re­gard ba­laie prai­rie et sous­bois. D’une aveu­glante ba­na­li­té. D’une ri­chesse in­soup­çon­née, rec­ti­fie An­toi­nette Touilloux, fon­da­trice de l’as­so­cia­tion Jar­din d’ici et d’ailleurs. La Fo­ré­zienne s’age­nouille au pied des mu­railles de Gou­te­las. Cueille une feuille de plan­tain lan­céo­lé. La porte à ses lèvres, nous in­vite à faire de même. La tex­ture vé­gé­tale dé­route le pa­lais puis vient le goût de… cham­pi­gnon. Sa­veur ter­reuse que re­lèvent bien­tôt l’aci­di­té de l’oseille et le par­fum miel­leux de la gaillet croi­sette. Quelques fraises des bois et l’on achève son re­pas en mas­ti­quant une feuille de menthe. « Les grandes marques de che­wing­gum n’ont rien in­ven­té », sou­rit An­toi­nette Touilloux.

La bo­ta­niste, en quelques cen­taines de mètres, a re­pé­ré une tren­taine de plantes co­mes­tibles. Toutes d’as­pect fa­mi­lier. Pour­tant, sor­ti des co­que­li­cots, or­ties et autres cou­cous, le néo­phyte s’égare.

« Il faut une grande ha­bi­tude du ter­rain pour re­con­naître les es­pèces », re­la­ti­vise An­toi­nette, dont le sa­voir s’est ac­cru au fil de nom­breux stages. Elle qui rêve en­core d’as­sis­ter à l’une des for­ma­tions de Fran­çois Cou­plan, eth­no­bo­ta­niste spé­cia­liste de la sur­vie douce.

Ha­bi­tuée à cuisiner les herbes, An­toi­nette Touilloux aime à pen­ser qu’en cas de pro­blème, elle se­rait en me­sure de s’ali­men­ter seule dans la cam­pagne. « Au­jourd’hui je sé­lec­tionne les sites de cueillettes, ex­plique­telle. J’évite, par exemple, les champs hy­per trai­tés. Si je cre­vais de faim, soyons clairs, je n’au­rais pas cette pré­oc­cu­pa­tion. En re­vanche, je veille­rais à pré­ser­ver les plantes en ne ra­mas­sant pas les bour­geons pro­pa­geant les graines. »

Sal­si­fis, ca­rottes sau­vages, la­miers pourpres prennent de la va­leur entre ses mains ex­pertes (bien que l’es­to­mac ait par­fois du mal à suivre). Toutes n’ont pas les mêmes qua­li­tés gus­ta­tives mais les pro­prié­tés nu­tri­tives sont bien là. « En sur­vie, on pour­rait même man­ger les feuilles de ronce des fram­boi­siers, conclut­elle. Cos­taud au goût mais to­ta­le­ment sûr pour la san­té ! » ■

Les feuilles de ronce des fram­boi­siers, fortes en goût

GUIDE. An­toi­nette Touilloux.

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