Ch­ris­tian Cham­pa­vère, un Fo­ré­zien à la tête de la dé­lé­ga­tion Loire

Élu en dé­but d’an­née à la suc­ces­sion de JeanLuc Gam­biez à la tête de la dé­lé­ga­tion ter­ri­to­riale de la Loire de la CroixRouge fran­çaise, cet in­gé­nieur à la re­traite en­tend re­don­ner des cou­leurs lo­ca­le­ment l’ins­ti­tu­tion hu­ma­ni­taire in­ter­na­tio­nale bous­cu­lée

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Le 24 juin, Jean­Jacques Eled­jam a été ré­élu pré­sident de la Croix­Rouge fran­çaise (CRF). La veille, les membres du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion avaient eux­mêmes été élus par l’as­sem­blée gé­né­rale de l’as­so­cia­tion, dès le pre­mier tour de scru­tin, et ce pour la pre­mière fois dans l’his­toire de l’ins­ti­tu­tion fon­dée en 1859 par le Ge­ne­vois Hen­ry Du­nant (lire en­ca

dré ci­des­sous). Ce scru­tin conforte l’ac­tion de ce doc­teur en mé­de­cine, pro­fes­seur des uni­ver­si­tés, pra­ti­cien hos­pi­ta­lier dans la spé­cia­li­té d’anes­thé­sie­réa­ni­ma­tion, à la tête de la Croix­Rouge de­puis quatre ans.

Re­ve­nir aux va­leurs de l’ins­ti­tu­tion

Cette confiance et cette re­con­duc­tion ont ba­layé la po­lé­mique ali­men­tée par Marc Gen­ti­li­ni. À la veille de ces élec­tions, le pré­sident ho­no­raire avait dif­fu­sé un cour­rier dé­non­çant une ges­tion ca­la­mi­teuse de Jean­Jacques Eled­jam. L’an­cien pré­sident de la Croix­Rouge de 1994 à 2004 par­lait de « dé­fi­cits crois­sants, dé­fauts de tré­so­re­rie, ac­tifs pré­oc­cu­pants, plans so­ciaux, plus dra­ma­ti­que­ment d’ab­sence de cap et de stra­té­gie claire et co­hé­rente et de pré­sence in­suf­fi­sante face à l’ac­tua­li­té ».

« Grâce aux dé­ci­sions cou­ra­geuses prises ces der­nières an­nées, les comptes de la CroixRouge fran­çaise sont à l’équi­libre pour la pre­mière fois de­puis 2010. La ré­or­ga­ni­sa­tion ter­ri­to­riale de l’as­so­cia­tion, conduite de­puis deux ans, va lui per­mettre de jouer plei­ne­ment son rôle. Cette mo­der­ni­sa­tion se­ra pour­sui­vie pour amé­lio­rer l’im­pact et la vi­si­bi­li­té des ac­tions de la Croix­Rouge fran­çaise », lui a ré­pon­du le mou­ve­ment in­ter­na­tio­nal fon­dé sur l’aide et l’as­sis­tance aux vic­times. Cha­pitre clos. Au sou­la­ge­ment de Ch­ris­tian Cham­pa­vère.

Élu en dé­but d’an­née à la pré­si­dence de la dé­lé­ga­tion ter­ri­to­riale de la Loire de la CRF, ce Fo­ré­zien veut jus­te­ment « re­don­ner des cou­leurs à l’as­so­cia­tion » en re­ve­nant aux sept prin­cipes fon­da­men­taux conte­nus dans les sta­tuts du mou­ve­ment (hu­ma­ni­té, im­par­tia­li­té, neu­tra­li­té, in­dé­pen­dance, vo­lon­ta­riat, uni­té et uni­ver­sa­li­té). Dans le droit fil du re­dres­se­ment amor­cé par son pré­dé­ces­seur, Jean­Luc Gam­biez.

Voi­là sim­ple­ment quatre ans que ce Nî­mois de nais­sance, ar­ri­vé à Saint­Étienne à l’âge de trois ans et de­mi quand son père, jeune in­gé­nieur, a été nom­mé à la Com­pa­gnie des ate­liers et forges de la Loire (CAFL, de­ve­nue Creu­sot­Loire à la suite de la fu­sion avec la So­cié­té des forges et ate­liers du Creu­sot, SFAC) ­ « au grand dam de ma mère, en pleurs à l’idée de re­joindre le grand Nord et le cercle po­laire pas très loin », s’amuse Ch­ris­tian Cham­pa­vère ­ s’est in­ves­ti à la Croix­Rouge fran­çaise.

Un can­di­dat na­tu­rel à la pré­si­dence li­gé­rienne

« C’est une connais­sance com­mune avec le pré­sident de l’uni­té lo­cale de Mont­bri­son de l’époque qui, en 2013, nous a mis en contact », se sou­vient Ch­ris­tian Cham­pa­vère. Deux ans plus tôt, cet in­gé­nieur qui a ef­fec­tué toute sa car­rière dans la si­dé­rur­gie lourde avait quit­té l’est de la France et la ré­gion de Nancy où il tra­vaillait pour un groupe in­dus­triel sué­dois pro­prié­taire de plu­sieurs acié­ries pour venir s’ins­tal­ler à Crain­tilleux, dans une plaine du Fo­rez à la fois proche de SaintÉ­tienne d’où est ori­gi­naire son épouse et de Saint­Cha­mond où ré­sident tou­jours ses pa­rents et deux de ses quatre frères et soeur.

Une se­maine plus tard, il était aux com­mandes de l’an­tenne mont­bri­son­naise. Son in­ves­tis­se­ment, sa ri­gueur, ses com­pé­tences en ma­tière de ges­tion d’équipes, l’adhé­sion de nou­ veaux bé­né­voles et quelques ac­tions in­no­vantes comme la Ves­ti­bou­tique, le sa­lon de coif­fure ou­vert aux bé­né­fi­ciaires de l’uni­té lo­cale ou en­core le jar­din as­so­cia­tif en ont fait un can­di­dat na­tu­rel à la pré­si­dence de la dé­lé­ga­tion ter­ri­to­riale. « J’ai d’au­tant moins hé­si­té à ac­cep­ter cette res­pon­sa­bi­li­té que j’avais dé­jà à mes cô­tés mon suc­ces­seur à Mont­bri­son. Alain Mas­sar­dier a dans son ADN les va­leurs de la Croix­Rouge fran­çaise », as­sure Ch­ris­tian Cham­pa­vère qui pos­sède lui aus­si ces traces gé­né­tiques : son père a été im­pli­qué au ni­veau dé­par­te­men­tal dans l’ur­gence et le se­cou­risme.

An­cien élève de classes pré­pa­ra­toires du ly­cée Claude­Fau­riel à Saint­Étienne, il a quit­té le Fo­rez pour pour­suivre ses études à l’École na­tio­nale su­pé­rieure d’élec­tri­ci­té et de mé­ca­nique de Nancy (En­sem). Un an de ser­vice mi­li­taire dans la Ma­rine, à Tou­lon, pour en­sei­gner la phy­sique à des sous­of­fi­ciers ap­pe­lés à de­ve­nir tech­ni­ciens dans des sous­ma­rins nu­cléaires, une expérience qu’il a été « mal­heu­reu­se­ment obli­gé d’écour­ter » en Al­gé­rie et voi­là le jeune in­gé­nieur qui in­tègre les Éta­blis­se­ments Cha­vanne­Brun frères, à Saint­Cha­mond, en tant que res­pon­sable de pro­duc­tion. Ch­ris­tian Cham­pa­vère tra­vaille­ra aus­si à Fir­mi­ny, comme in­gé­nieur com­mer­cial avant de s’exi­ler pour l’Est de la France, à Thion­ville puis Metz ­ « une ville mé­con­nue avec un pas­sé de car­re­four de voies ro­maines et une vraie his­toire moyen­âgeuse » ­ et Nancy. Tou­ché jusque dans sa chair

Plus de trois dé­cen­nies à en­ca­drer des équipes et di­ri­ger des en­tre­prises de plu­sieurs cen­taines de sa­la­riés dans un sec­teur frap­pé de plein fouet par la crise et la re­con­ver­sion l’ont confron­té à des si­tua­tions hu­maines dou­lou­reuses. Jus­qu’à être tou­ché dans sa propre chair. « J’ai fait ce qu’à l’époque on n’ap­pe­lait pas en­core un burn

out », élude ce père de deux en­fants. En 2010, il a sug­gé­ré un plan d’al­lé­ge­ment de struc­ture d’une di­zaine de per­sonnes dans le­quel… il s’est in­clus. Dé­marche ana­chro­nique qui lui a per­mis de créer sa so­cié­té spé­cia­li­sée en im­por­ta­tion de biens in­dus­triels et consom­mables pour la si­dé­rur­gie, cy­lindres de la­mi­noir, lin­go­tières, fours de trai­te­ments ther­miques… et de re­trou­ver la Loire vingt­etun ans après l’avoir quit­tée.

Comme cette Croix­Rouge qui lui tient dé­sor­mais tant à coeur, Ch­ris­tian Cham­pa­vère a re­pris des cou­leurs.

L’an­cien cadre de la si­dé­rur­gie a vé­cu des si­tua­tions hu­maines dou­lou­reuses

CROIX-ROUGE FRAN­ÇAISE. Ch­ris­tian Cham­pa­vère a été élu pour un man­dat de quatre ans à la pré­si­dence de la dé­lé­ga­tion ter­ri­to­riale de la Loire.

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