6 août 2013, un orage de grêle s’abat sur le Mont­bri­son­nais

Re­tour sur l’épi­sode de grêle ex­cep­tion­nel­le­men violent du 6 août 2013

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une -

Le 6 août 2013, un violent orage de grêle s’abat sur le Fo­rez, dans un sec­teur com­pris entre Mont­bri­son, Boën-sur-Li­gnon et Feurs. Une ving­taine de com­munes, dont Champdieu, sont sinistrées en l’es­pace de dix mi­nutes seule­ment. La po­pu­la­tion est sous le choc.

Mar­di 6 août 2013. 18 h 45. Le dé­par­te­ment de la Loire est pla­cé en alerte orange de­puis 24 heures quand les pre­miers grê­lons com­mencent à tom­ber sur le Fo­rez. Gros comme des balles de tennis, lourds comme des boules de pé­tanque. Ni coup de ton­nerre, ni pluie. Le dé­luge de glace sur­vient sans crier gare. L’ava­lanche, d’une di­zaine de mi­nutes, ra­vage tout : toi­tures, pare­brise, car­ros­se­ries, ré­coltes, sa­lons de jar­din… Et puis plus rien. L’averse a été aus­si dé­vas­ta­trice que sou­daine, lais­sant der­rière elle ef­froi et dé­so­la­tion.

150 sa­peurs-pom­piers mo­bi­li­sés

Très vite, le stan­dard des sa­peurs­pom­piers est sa­tu­ré. Cent cin­quante pro­fes­sion­nels de Mont­bri­son, Saint­Ro­main­le­Puy, An­dré­zieux­Bou­théon, Ri­ ve­de­Gier, Fir­mi­ny, Pa­nis­sières et La Ri­ca­ma­rie sont dé­pê­chés sur place pour pa­rer à l’ur­gence : cou­vrir les toi­tures trans­per­cées et cau­té­ri­ser les brèches ou­vertes aux quatre vents, à la pluie et aux inon­da­tions.

Une ving­taine de com­munes sont tou­chées sur une bande al­lant de Champdieu à Cham­béonMar­clopt. Près d’un mil­lier de bâ­ti­ments, dont une tren­taine d’en­tre­prises, une cen­taine d’ex­ploi­ta­tions agri­coles et plu­sieurs édi­fices pu­blics, sont abî­més. La com­mune de Champdieu est par­ti­cu­liè­re­ment dé­vas­tée avec 500 si­nis­trés et plus de 600 ha­bi­ta­tions en­dom­ma­gées (sur les 800 qu’elle compte). Le centre­bourg du char­mant vil­lage de ca­rac­tère offre une vi­sion apo­ca­lyp­tique avec des sols jon­chés de tuiles cas­sées, de feuilles et de bran­chages. Suivent SaintÉ­tienne­le­Mo­lard (150 in­ter­ven­tions né­ces­saires, 350 si­nis­trés), Cha­laind’Uzore (une tren­taine d’opé­ra­tions re­quises) mais aus­si Ma­gneux­Haute­Rive, Cha­lain­le­Com­tal, Pra­long, Sainte­FoySaint­Sul­pice ou en­core Cham­béon, de ma­nière plus anec­do­tique.

À Mor­nand­en­Fo­rez, 60 ré­si­dents d’un éta­blis­se­ment de san­té, dont 38 per­sonnes han­di­ca­pées, sont éva­cués vers d’autres éta­blis­se­ments.

200 points de su­ture et trois bles­sés

Plus de 200 points de su­ture sont réa­li­sés dans la nuit du 6 août 2013 pour trai­ter cou­pures et en­tailles liées aux ma­ni­pu­la­tions des tuiles et à l’ap­pa­ri­tion des pre­miers grê­lons, cer­taines per­sonnes n’ayant pas eu le temps de se mettre à l’abri. Les jours qui suivent, on dé­plore trois ac­ci­dents graves à Champdieu, Cha­lain­d’Uzore et Pra­long, sur­ve­nus lors de chutes d’un toit.

Les vignes non plus n’ont pas été épar­gnées à l’image de celles du vi­ti­cul­teur champ­dio­lat Gilles Bon­ne­foy, dont la ma­jo­ri­té de la ré­colte a été anéan­tie en quelques mi­nutes.

Les po­pu­la­tions, elles, sont trau­ma­ti­sées. La vio­lence de l’épi­sode choque de nom­breux ha­bi­tants. « Je me sou­viens d’une dame trau­ma­ti­sée qui m’a dit que ce­la lui avait rap­pe­lé les bom­bar­de­ments de Saint­Étienne, en 1944, tant l’épi­sode avait été violent », té­moigne le pre­mier ma­gis­trat de Champdieu, Pa­trice Cou­chaud.

Après la peur et la stu­peur, il faut agir. Et vite. Éva­luer les dé­gâts, ré­pa­rer et net­toyer, ap­pe­ler les ex­perts, faire jouer les as­su­rances… Les Mont­bri­son­nais si­nis­trés s’ap­prêtent à vivre plu­sieurs se­maines dif­fi­ciles, beaucoup connais­sant des li­tiges avec leurs as­su­rances pour se faire rem­bour­ser.

Un PC (poste de com­man­de­ment) est ins­tal­lé dès le 7 août dans une salle com­mu­nale de Champdieu pour permettre au Sdis 42 et à la mu­ni­ci­pa­li­té une meilleure or­ga­ni­sa­tion. En mai­rie, le té­lé­phone sonne sans dis­con­ti­nuer. Dans les jours qui suivent, le vil­lage de ca­rac­tère de 1.700 âmes connaît un ex­cep­tion­nel flux de cir­cu­la­tion. Ca­mions de pom­piers, voi­ture EDF, ca­mion­nettes d’ar­ti­sans et autres dé­pan­neuses dé­filent du ma­tin au soir pen­dant des jours. Les ar­ti­sans de tout le sec­teur sont à pied d’oeuvre. La so­li­da­ri­té s’or­ga­nise et les ha­bi­tants s’en­traident. Sa­peurs­pom­piers, gen­darmes, per­son­nel des ser­vices tech­niques et ad­mi­nis­tra­tifs… tous sont sur la brèche.

Des stig­mates tou­jours vi­sibles

Les com­munes tou­chées met­tront plu­sieurs mois à pan­ser leurs plaies. Au­jourd’hui en­core, cer­taines toi­tures portent tou­jours les stig­mates de cet épi­sode d’une rare in­ten­si­té que les Mont­bri­son­nais n’ont pas ou­blié. C’était il y a quatre ans, presque jour pour jour.

Sé­go­lène Per­ret se­go­lene.per­ret@cen­tre­france.com

AOÛT 2013 À CHAMPDIEU. Au len­de­main de l’orage de grêle du 6 août 2013, les deux tiers des toits de la com­mune de Champdieu ont été en­dom­ma­gés et sont re­cou­verts de bâches.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.