Ve­nez ré­soudre en fa­mille le crime de l’Us­son express

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Em­bar­quez cet été à bord du train du Haut Fo­rez. Les co­mé­diens de l’Alau­da in­ves­tissent l’his­to­rique ligne Bon­son-Sem­ba­del au dé­part d’Es­ti­va­reilles le temps d’une farce po­li­cière. Le voyage en leur com­pa­gnie n’est pas de tout re­pos. La vi­site ne manque ni de charme, ni de piquant ; une belle oc­ca­sion d’ap­prendre en s’amu­sant.

En voi­ture ! Le jour tombe sur la pe­tite gare d’Es­ti­va­reilles ha­bi­tuel­le­ment si calme. An­toine Gi­bert, haut res­pon­sable de la SNCF, sa­lue vi­gou­reu­se­ment ses vi­si­teurs. En­fant et adultes sont ve­nus, ce soir, as­sis­ter au voyage inau­gu­ral du nou­vel au­to­rail Pi­cas­so, ve­dette de l’été 1950. De quoi re­lan­cer l’ac­ti­vi­té de la ligne Bon­son­Saint­Bon­net construite en 1870 pour les be­soins de l’ac­ti­vi­té mi­nière et pro­lon­gée jus­qu’à Sem­ba­del en dé­pit de la concur­rence rou­tière et au­to­ca­riste.

La fête est belle. Sur l’es­trade, la chan­teuse Jes­si­ca Moon­right se lance dans une ver­sion un brin faus­sée de Sous le ciel de

Pa­ris. Puis le ru­ban cou­pé, le pu­blic grimpe dans les wa­gons. Un con­duc­teur sym­pa­thique mais hys­té­rique

On ima­gine dif­fi­ci­le­ment la co­mé­die se pour­suivre à bord, alors cha­cun s’ins­talle tran­quille­ment sur les sièges en cuir à l’odeur sur­an­née, ber­cé par l’étrange rou­lis du rail alors que dé­filent les pay­sages noyés dans l’ombre. Le pre­mier de tous les spec­tacles. Mais il en est un autre as­su­ré par la jeune Pau­lette André. Au contrôle des billets, puis au mi­cro, l’em­ployée mo­dèle de la SNCF ponc­tue l’ex­cur­sion d’anec­dotes his­to­riques sur les gares lo­cales et la ligne désaf­fec­tée.

La vi­site, plai­sante, en de­vient mo­no­tone lorsque dé­boule tout à coup Jo­seph, con­duc­teur désoeu­vré (« j’ai blo­qué l’ac­cé­lé­ra­teur ; un Pi­cas­so der­nière gé­né­ra­tion, ça avance tout seul ») et fri­sant l’hys­té­rie. De là se mul­ti­plient les pé­ri­pé­ties : garde­bar­rière ab­sent, train ar­rê­té sur les voies, in­ci­dent dans les toi­lettes, feu en ca­bine de pi­lo­tage et du­rite hors ser­vice. Mais peut­on croire à de telles coïn­ci­dences ?

Ser­vies avec hu­mour et ta­lent par les co­mé­diens de l’Alau­da, les Noc­tam­bules aux chan­delles ont la sa­veur des grands vau­de­villes. L’in­trigue est sa­vou­reuse, bien fi­ce­lée et ponc­tuée de mo­ments hors du temps, comme cette es­cale en gare d’Us­son pré­texte à quelques pas sous le crois­sant de lune alors que s’in­quiètent les plus jeunes : « Ma­man, si on ne peut pas re­par­tir, où va­t­on dor­mir ce soir ? »

Le tra­jet de re­tour que l’on es­comp­tait plus calme est se­mé d’em­bûches et d’ef­fets spé­ciaux (vrais de vrais) jus­qu’au dé­noue­ment fi­nal. In­at­ten­du et tra­gi­co­mique. À la ma­nière des bons po­lars. Une ani­ma­tion qui vaut in­dis­cu­ta­ble­ment le voyage.

Une vi­site­spec­tacle digne d’un grand vau­de­ville

COU­PÉ DE RU­BAN. Pe­tite cé­ré­mo­nie inau­gu­rale du nou­vel au­to­rail Pi­cas­so en gare d’Es­ti­va­reilles.

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