Une im­mense chasse au tré­sor en Fo­rez

Le géocaching a tout d‘une im­mense chasse au tré­sor. Pri­sé des en­fants mais aus­si de très nom­breux adultes, le jeu se ré­pand peu à peu dans le Fo­rez. Ren­contre avec Pe­ti­loup, un adepte du Mont­bri­son­nais.

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

L’oeil ri­vé sur le GPS, on pro­gresse le long du sen­tier en sous­bois. Le pay­sage s’ouvre à 180° lorsque re­ten­tit le si­gnal. « Vous êtes tout prêt ». On dé­laisse alors le smart­phone pour scru­ter les taillis, battre les herbes hautes. La vé­ri­table chasse dé­bute ici. Sans plus de dé­tails que ce pe­tit in­dice : « Sous une pierre ». Le tré­sor est là, in­vi­sible aux non­aver­tis, dis­si­mu­lé par deux blocs de gra­nit. Une pe­tite boîte, quelques bon­bons, deux pièces de mon­naie et une pomme de pin. Rien de va­leur. Mais quelle drôle de sa­tis­fac­tion que de l’avoir trou­vé. Et dire qu’il en existe ain­si quelque trois mil­lions dis­si­mu­lés sur la pla­nète.

Né dans les an­nées 2000 avec la li­bé­ra­tion des don­nées GPS, jus­qu’alors ré­ser­vées à l’ar­mée, le géocaching a connu un ful­gu­rant es­sor au cours des deux der­nières dé­cen­nies. « Le jeu consiste à dé­cou­vrir des boîtes dont la taille os­cille entre la lar­geur d’un pe­tit doigt et l’équi­valent d’un ki­lo de sucre, dis­si­mu­lées dans la na­ture ou en ville, gé­né­ra­le­ment dans des lieux d’in­té­rêt pa­tri­mo­nial, ex­plique Pe­ti­loup, joueur par­mi les plus ac­tif du Mont­bri­son­nais qui compte une cin­quan­taine d’adeptes. Toutes contiennent un “log­book” (un jour­nal,

N.D.L.R.) sur le­quel on re­porte la date de son pas­sage et son pseu­do ».

Tom­bé « dans le pot de confi­ture », se­lon son ex­pres­sion, il y a deux ans, ce grand ran­don­neur a cou­ru des cen­taines de caches plus ou moins ac­ces­sibles. « Il existe plu­sieurs ni­veaux de dif­fi­cul­té en fonc­tion du ter­rain et des mé­thodes em­ployées pour ca­mou­fler les boîtes. Le coup clas­sique, par chez nous, est de les po­ser au pied d’un arbre avec quelques branches par­des­sus. » D’autres, en re­vanche, ne se laissent ap­pro­cher qu’au terme d’une longue grim­pette dans les pier­riers (comme la my­thique “vi­gie”, pre­mière cache po­sée en France, dans le mas­sif de l’Es­té­rel, que Pe­ti­loup se fé­li­cite d’avoir dé­bus­quée) ou d’as­tu­cieux casse­tête. « C’est un vrai plai­sir, dès lors, d’être le pre­mier sur les lieux, confie le Mont­bri­son­nais. Cer­tains n’hé­sitent pas à mettre des alarmes sur leur té­lé­phone pour par­tir dès la pa­ru­tion d’une nou­velle cache. Je ne suis per­son­nel­le­ment pas as­sez mor­du pour ça. »

« Des mil­liers d’adeptes alors que ça ne vaut rien »

As­sez, tout de même, pour avoir cé­dé à l’en­vie de créer lui­même ses propres coffres au tré­sor. Il en a ima­gi­né et po­sé 47 dans les en­vi­rons de la sous­pré­fec­ture, dont un très grand nombre d’ori­gi­naux : faux caillou dis­si­mu­lant un tube d’ho­méo­pa­thie, oeuf Kin­der dor­mant dans un nid d’oi­seau, co­quille d’es­car­got aban­don­née sur une bûche : « je l’ai po­sée tout près d’une piste d’en­traî­ne­ment pour les che­vaux et l’ai ap­pe­lée : “à cha­cun sa course” ».

L’idée n’est pas de rendre la cache in­vio­lable, tout au plus de don­ner du fil à re­tordre au géo­ca­cheur. « Il faut que ça reste so­luble. Le géocaching est un jeu cor­dial et très ci­vi­li­sé », pré­cise Pe­ti­loup qui s’étonne en­core de l’am­pleur prise par le phé­no­mène (même si d’autres ont suc­com­bé de­puis à la fo­lie Po­ke­mon). « C’est ex­tra­or­di­naire, lance­t­il. On est des cen­taines de mil­liers au monde à jouer et pour­tant ce­la ne rap­porte stric­te­ment rien, si ce n’est le plai­sir de la dé­cou­verte. »

SE­CRÈTE. Pour trou­ver la cache, il suf­fit de suivre ses co­or­don­nées GPS.

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