Les chips Bret’s viennent de ses champs

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Forez Est - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Con­vain­cu par l’ex­plo­sion du mar­ché de la chips, Édouard Pon­cet a consa­cré une par­tie de ses champs à la pro­duc­tion de pommes de terre. Un choix ju­di­cieux pour cet agri­cul­teur de Civens qui ap­pro­vi­sionne une usine de la marque Bret’s.

Ses pommes de terre ont peut­être agré­men­té cer­tains de vos apé­ri­tifs, cet été. Il y a quatre ans, Édouart Pon­cet a fait le choix de di­ver­si­fier ses pro­duc­tions en consa­crant une par­tie de son ex­ploi­ta­tion à la pomme de terre.

Quatre hec­tares de pa­tates des­ti­nés à ali­men­ter l’usine si­tuée au Pou­zin, en Ar­dèche, de la so­cié­té bre­tonne Al­tho, qui re­ven­dique la troi­sième place de fa­bri­cant de chips sur le mar­ché na­tio­nal. L’agri­cul­teur de Civens est le pre­mier maillon de la chaîne. Il ex­plique comment il a été con­vain­cu de se lan­cer dans la pro­duc­tion de pommes de terre, comme le fai­sait ja­dis son père avant que la concur­rence avec les Bre­tons ne de­vienne trop rude. « Al­tho a dé­ci­dé d’ou­vrir une usine au Pou­zin il y a quatre ans. Ils ont son­dé l’en­tre­prise Ber­tho­lon Grange, spé­cia­li­sée dans le com­merce de gros à Pa­nis­sières, pour sa­voir s’il y au­rait des clients sus­cep­tibles de se lan­cer dans la culture de pa­tates. La pro­po­si­tion m’a plu, ça chan­geait du maïs et du blé et ce­la me sem­blait ré­mu­né­ra­teur », sou­ligne­ t­il.

Des tech­ni­ciens de la so­cié­té bre­tonne sont ve­nus ins­pec­ter le ter­rain, qui de­vait rem­plir deux condi­tions : il faut une terre sans cailloux et une ca­pa­ci­té d’ir­ri­ga­tion im­por­tante, la pomme de terre étant très gour­mande en eau. Ce­la tombe bien, son eau d’ir­ri­ga­tion pro­vient d’une re­te­nue col­li­naire qu’il stocke l’hi­ver pour l’uti­li­ser au prin­temps.

Pro­blème, Édouard Pon­cet ne dis­pose pas du ma­té­riel néces­ saire pour but­ter et ar­ra­cher les pommes de terre. Il fait donc ap­pel aux ser­vices de Richard Cam­bray, agri­cul­teur à SaintLaurent­la­Conche et culti­va­teur de pa­tates de longue date. « Un mar­ché de plus en plus por­teur »

« C’est lui qui s’oc­cupe de l’ar­ra­chage et les stocke chez lui, en at­ten­dant que les tech­ni­ciens du Pou­zin viennent les ré­cu­pé­rer », dé­ve­loppe l’agri­cul­teur.

Après quatre an­nées, Édouard Pon­cet ne re­grette en au­cun cas ce choix de di­ver­si­fi­ca­tion. « Quand on re­garde le cours du blé, je me dis que j’ai bien fait. Il faut que le travail soit bien réa­li­sé car la chips com­mence dès le plan­tage. On n’a pas le droit à l’er­reur. J’ai si­gné un contrat avec Al­tho avec un prix ga­ran­ti, une sorte de fi­let de sé­cu­ri­té, avec une prime à la qua­li­té. Si on s’ap­plique, c’est bien ré­mu­né­ra­teur. Ce sont quatre hec­tares qui vont bien (sic). Et puis, ce mar­ché est de plus en plus por­teur, si­non, les Bre­tons ne se­raient pas ve­nus ou­vrir une usine en Ar­dèche. », re­marque­t­il. D’une di­zaine d’agri­cul­teurs il y a quatre ans, Al­tho est pas­sé à une ving­taine au­jourd’hui dans la ré­gion.

Cette pro­duc­tion ar­dé­choise ali­mente l’Es­pagne et le sud de la France. Peut­être au­rez­vous un pe­tit goût de Civens en bouche, lors de votre pro­chain apé­ro…

« La chips com­mence dès le plan­tage.

On n’a pas le droit à l’er­reur »

DI­VER­SI­FI­CA­TION. Édouard Pon­cet cultive des pommes de terre des­ti­nées à la fa­bri­ca­tion de chips de­puis 2013.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.