Nos bons plans pour les foires aux vins

Le gel prin­ta­nier et les épi­sodes grê­leux ont une nou­velle fois im­pac­té les vignes du Fo­rez et dé­truit jus­qu’à 40 % de la ré­colte chez cer­tains vi­gne­rons. Mince conso­la­tion, ce mil­lé­sime pré­coce laisse au­gu­rer d’ex­cel­lents vins…

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-francois.ver­net@cen­tre­france.com

SÉ­LEC­TION.

Ch­ris­tian Châtre, oe­no­phile ré­pu­té dans le Fo­rez, vous conseille quelques bonnes bou­teilles. Pour s’y re­trou­ver dans les mil­liers de ré­fé­rences et d’ap­pel­la­tions.

VEN­DANGES.

Les vi­gne­rons fo­ré­ziens ont dé­jà dé­bu­té les ven­danges, signe d’un mil­lé­sime 2017 pré­coce qui, s’il s’an­nonce rare, de­vrait être pro­met­teur.

Mar­di 12 sep­tembre. À Champ­dieu, Mar­cilly­le­Châ­tel, Boën­sur­Li­gnon ou SaintRo­main­le­Puy, les vi­gne­rons fo­ré­ziens sont sur le pont. Les pre­miers coups de sé­ca­teurs sont don­nés par les équipes de ven­dan­geurs ac­crou­pis dans les vignes du ter­ri­toire AOC.

Si la ré­colte s’an­nonce re­la­ti­ve­ment faible en rai­son des aléas cli­ma­tiques qui épargnent de moins en moins les pro­duc­tions, le rai­sin s’an­nonce très pro­met­teur. Gilles Bon­ne­foy, vi­ti­cul­teur à Champ­dieu, l’af­firme : « ce qu’on voit pour l’ins­tant, c’est su­per beau. On est sur des jus très mûrs, des ta­nins qui ont de­man­dé de la pa­tience. On de­vait at­ta­quer les ven­danges la se­maine der­nière mais on a pré­fé­ré at­tendre en­core un peu. C’est an­non­cia­teur de belles choses. Nous ne sommes pas trop in­quiets à ce ni­veau­là. »

Au coeur de sa par­celle si­tuée à Boën­sur­Li­gnon, Sté­pha­nie Guillot, une grappe à la main, juge sur­tout la qua­li­té du rai­sin. « On sent qu’il y a d’autres sa­veurs que le simple goût du rai­sin. C’est très pro­met­teur pour la suite », as­sure la vi­gne­ronne, qui a pro­gram­mé ses ven­danges, « la consé­cra­tion d’une an­née de tra­vail », en deux temps ­ deux jours cette se­maine et quatre la se­maine pro­chaine.

Le pré­sident de l’as­so­cia­tion des vi­gnobles Fo­rez­ Roan­nais, Sté­phane Sé­rol, est ba­sé à Re­nai­son. Pour lui aus­si, ce mil­lé­sime pré­coce de­vrait as­su­rer une belle qua­li­té de vins. « On a connu une très belle sai­son dans le Roan­nais, sans grêle, avec de fortes cha­leurs et un bon ar­ro­sage. Les vignes n’ont pas connu de stress hy­drique, phé­no­mène par­fois ren­con­tré en pé­riode de sé­che­resse. On est sur des fruits mûrs, des rai­sins sains et des aci­di­tés qui se tiennent. Nos vins pro­posent moins d’al­cool, plus de fraî­cheur que bien d’autres vi­gnobles. Ce n’était pas des cri­tères po­si­tifs ces der­niers temps. Mais avec le dé­rè­gle­ment cli­ma­tique, on re­vient sur des vins plus frais, plus fa­ciles », dé­ve­loppe­t­il.

Les vi­gne­rons du Fo­rez re­grettent sur­tout le faible rendement, re­dou­té de­puis plu­sieurs mois dé­jà. Les vignes de Gilles Bon­ne­foy ont été tou­chées par le gel, dans les nuits des 21 et 29 avril. Il es­time une perte de 30 % à 40 % de vo­lume en­vi­ron.

« On est une AOC qui sort de l’ano­ny­mat »

D’au­tant plus frus­trant que le tra­vail de fond réa­li­sé par l’as­so­cia­tion des vi­gnobles Fo­rez­Roan­nais réa­li­sé en termes de com­mu­ni­ca­tion com­mence à por­ter ses fruits. « On est une AOC qui sort de l’ano­ny­mat au ni­veau na­tio­nal et in­ter­na­tio­nal, ga­ran­tit ce­lui qui ex­porte ses bou­teilles no­tam­ment au Ca­na­da, aux USA et dans plu­sieurs pays d’Eu­rope. On mise sur l’ori­gi­na­li­té de nos vi­gnobles ba­sés en al­ti­tude, au ca­rac­tère vol­ca­nique. Notre clien­tèle l’as­sure, le vin bo­dy­buil­dé a vé­cu. Les gens ap­pré­cient de plus en plus les pro­duits qui sont sur des fruits peu al­coo­leux. On a eu du mal à ap­pro­vi­sion­ner en 2016. En 2017 ça se­ra pire… » re­grette­t­il. Gilles Bon­ne­foy ne perd pas confiance, fort de l’ex­pé­rience de 2013, où la grêle avait sa­bor­dé une par­tie de son tra­vail. « Ma clien­tèle a l’ha­bi­tude de tra­vailler avec des vi­gne­rons. Elle sait qu’il ne suf­fit pas d’ou­vrir le ro­bi­net pour avoir du vin. En 2014, on n’avait ja­mais ven­du au­tant de vin. C’est ré­con­for­tant. »

Du vin à 12 % na­tu­rel

Sté­pha­nie Guillot a été vic­time de l’épi­sode de grêle sur­ve­nu le 13 mai. « On pro­duit du 12 % na­tu­rel, un vin qui re­vient à la mode. Nous des­ser­vons des ca­vistes à Pa­ris, Chartres, Or­léans… Si on n’a pas de vin à leur li­vrer, on risque de les perdre », re­doute­t­elle.

Mal­gré les ca­prices de la mé­téo, les vi­gne­rons fo­ré­ziens semblent avoir de bonnes rai­sons de voir le verre de mil­lé­sime 2017 à moi­tié plein…

Le vin bo­dy­buil­dé a vé­cu, les gens pré­fèrent des vins moins al­coo­leux

VEN­DANGES. L’équipe de douze ven­dan­geurs s’ac­tive dans les vignes de Sté­pha­nie Guillot.

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