HAN­DI­CAP Le Dr Ro­ger Ouillon, li­cen­cié au golf des Etangs, pro­meut le han­di­golf

Per­sua­dé que le golf peut ap­por­ter beau­coup aux per­sonnes souf­frant de han­di­cap, l’an­cien mé­de­cin spé­cia­li­sé dans le sport de haut ni­veau se mo­bi­lise pour pro­mou­voir l’ac­ces­si­bi­li­té de cette dis­ci­pline. Avec son club de Sa­vi­gneux, il vient de pro­gram­mer u

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Au­ré­lie Mar­cha­dier au­re­lie.prud­homme@cen­tre­france.com

«Il faut voir la ba­nane qu’ils avaient ». Ro­ger Oul­lion a en­core les yeux qui brillent à l’évo­ca­tion du tro­phée qui vient de se dé­rou­ler, dé­but sep­tembre, sur le green de Sa­vi­gneux, près de Mont­bri­son. Un ren­dez­vous pro­gram­mé par l’As­so­cia­tion spor­tive du golf lo­cale, dont il est le vice­pré­sident, et qui lui te­nait par­ti­cu­liè­re­ment à coeur. « C’était une com­pé­ti­tion en

scramble, à deux. Chaque bi­nôme était com­po­sé de joueurs va­lides et de per­sonnes han­di­ca­pées ve­nues de toute la France. Ça a été une belle dé­cou­verte pour tous les par­ti­ci­pants qui ont dû jouer dans les mêmes condi­tions qu’un par­cours clas­sique, res­pec­ter les mêmes règles. On a juste opé­ré quelques adap­ta­tions pra­tiques, avec des voi­tu­rettes par exemple. Tout le monde s’est prê­té au jeu et les han­di­gol­feurs en ont épa­té plus d’un avec leur ni­veau ! »

Ro­ger Oul­lion a l’en­thou­siasme com­mu­ni­ca­tif. Ce­lui qui s’est in­ves­ti de nom­breuses an­nées dans le sui­vi mé­di­cal du sport de haut ni­veau, a re­bon­di, à la re­traite, dans le do­maine du han­di­cap en de­ve­nant no­tam­ment mé­de­cin éva­lua­teur au sein de la Mai­son dé­par­te­men­ tale des per­sonnes han­di­ca­pées de la Loire. « J’avais en­vie de dé­cou­vrir un pu­blic que je ne connais­sais pas. Cet ac­com­pa­gne­ment­là me bran­chait de­puis long­temps. J’ai fi­na­le­ment re­trou­vé des pas­se­relles entre ces ac­ti­vi­tés, no­tam­ment à tra­vers le sport comme vec­teur d’in­ser­tion ».

In­ter­ve­nant pour la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de golf au sein de la cel­lule mé­di­cale na­tio­nale han­di­golf, il croit en ef­fet for­te­ment aux ver­tus du sport en gé­né­ral et de cette pra­tique spor­tive en par­ti­cu­lier. « Le golf est a prio­ri une dis­ci­pline idéale et qui s’adapte par­fai­te­ment à de nom­breuses pa­tho­lo­gies : c’est une pra­tique sans contact, calme, dans un en­vi­ron­ne­ment agréable où l’on peut ob­ser­ver les ani­maux, se dé­con­nec­ter aus­si, in­siste ce­lui qui a tou­jours joué de fa­çon épi­so­dique, pour le plai­sir. Et de se fé­li­ci­ter : « Ces der­nières an­nées, on a vu de nom­breux sports s’ou­vrir : le rug­by et le bas­ket fau­teuil, le cé­ci­foot… Dans le golf aus­si, les ins­tances tra­vaillent sur la ques­tion, no­tam­ment avec l’ac­cueil de per­sonnes han­di­ca­pées mo­teur ou dé­fi­cients vi­suels ».

« Plein de choses à ima­gi­ner et à construire »

Ro­ger Ouillon, lui, ai­me­rait al­ler en­core plus loin, no­tam­ment en di­rec­tion de per­sonnes souf­frant de troubles psy­cho­com­por­te­men­taux, de dé­pres­sion ou en­core d’autisme. « Mais il y a deux écueils, re­con­naît­il. Il faut des en­ca­drants for­més à la fois au vo­let san­té et spor­tif, ce qui a un coût. Il faut aus­si don­ner du temps à la po­pu­la­tion de gol­feurs : on ne fait pas “dé­bar­quer” 20 psy­cho­tiques comme ça, au mi­lieu d’un par­cours. Il faut y al­ler dou­ce­ment ».

Au­jourd’hui, fort de ce pre­mier suc­cès en­re­gis­tré dans la Loire, Ro­ger Ouillon ima­gine dé­jà d’autres col­la­bo­ra­tions avec des clubs de la ré­gion au­tour de l’ac­cueil du han­di­cap. Des ini­tia­tions, des com­pé­ti­tions d’en­ver­gure, la carte du « sport adap­té »… « Pour­quoi, sur ce type de pro­jets, comme sur la for­ma­tion des en­ca­drants, ne pas ré­flé­chir de fa­çon col­lec­tive, au sein d’un sport, voire même au­de­là ?, lance­t­il. On pour­rait par exemple ima­gi­ner des “pass­mul­tiac­ti­vi­tés” dé­par­te­men­taux, avec une aide fi­nan­cière à la clef… » Et le pro­fes­sion­nel de san­té d’in­sis­ter : « Le han­di­cap, c’est très lourd. Ça peut ar­ri­ver n’im­porte quand, à n’im­porte qui. Le sport peut être une aide pré­cieuse. Il y a en­core plein de choses à ima­gi­ner et à construire au­tour de ce­la ».

A.M.

ÉNER­GIQUE.

Après une in­tense car­rière pas­sée no­tam­ment comme mé­de­cin du sport, Ro­ger Oul­lion au­rait pu prendre le temps de souf­fler, la re­traite ve­nue. Mais il le re­con­naît, il n’est du genre « à res­ter sous la couette ». Je suis un « re­trai­té ac­tif », sou­rit l’ex-gé­né­ra­liste qui oeuvre au­jourd’hui à dé­mo­cra­ti­ser no­tam­ment le han­di­golf. En France, un peu plus de 300 li­cen­ciés pra­tiquent cette dis­ci­pline au­jourd’hui.

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