Ber­nard Bonne : « Au Sé­nat pour dé­fendre les col­lec­ti­vi­tés lo­cales »

Ber­nard Bonne quit­te­ra of­fi­ciel­le­ment son poste de pré­sident du Dé­par­te­ment, di­manche 15 oc­tobre

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com * À no­ter. L’élec­tion du nou­veau pré­sident du Conseil dé­par­te­men­tal de la Loire au­ra lieu lun­di 16 oc­tobre.

Élu sé­na­teur de­puis le 1er oc­tobre, Ber­nard Bonne s’ap­prête à quit­ter la pré­si­dence du conseil dé­par­te­men­tal qu’il oc­cupe de­puis 2008. Re­tour sur le par­cours d’un homme qui n’a ja­mais rê­vé d’em­bras­ser une car­rière po­li­tique avant de pos­tu­ler à un siège au Pa­lais du Luxem­bourg.

Com­ment s’or­ga­nisent les der­niers jours de pré­si­dence avant de tour­ner une page de presque dix an­nées ?

Je tra­vaille sur l’or­ga­ni­sa­tion de la suc­ces­sion jus­te­ment, à sa­voir l’élec­tion de la semaine pro­chaine (*). Je fais en sorte que tout soit prêt pour mon suc­ces­seur. Je mets éga­le­ment au point les der­niers ajus­te­ments. Je veux sur­tout pré­pa­rer tous les dos­siers es­sen­tiels dont il fau­dra qu’on parle ra­pi­de­ment. Tout ce­la se passe dans le calme et la sé­ré­ni­té. Cette suc­ces­sion est pré­vue de longue date puisque j’avais an­non­cé ma dé­mis­sion dans tous les cas, que je sois élu sé­na­teur ou pas.

Al­lez-vous conti­nuer à sié­ger au Dé­par­te­ment ?

Je vais res­ter conseiller dé­par­te­men­tal, le temps qu’il fau­dra pour que tout se passe bien. Mais je pense que par rap­port au tra­vail que j’au­rai et pour ne pas gê­ner du tout le fonc­tion­ne­ment du fu­tur res­pon­sable, je se­rai ame­né à me re­ti­rer tout dou­ce­ment. Je n’ai pas en­core pré­vu de date.

Sou­te­nez-vous of­fi­ciel­le­ment l’un des can­di­dats à votre suc­ces­sion ?

Il y avait deux très bons can­di­dats avec Alain Lau­ren­don et Georges Zie­gler. Alain Lau­ren­don a été dé­si­gné. On va voir si les choses sont main­te­nues en l’état. Per­son­nel­le­ment, je me suis po­si­tion­né dans le cadre d’un vote que nous avons te­nu se­cret. Mais j’ai vou­lu faire en sorte d’être le plus neutre pos­sible par rap­port à la dé­ci­sion de mes col­lègues.

De mé­de­cin à Bourg-Ar­gen­tal hier à sé­na­teur au­jourd’hui… Quel re­gard por­tez-vous sur votre par­cours ?

Je n’ai ja­mais vou­lu faire de car­rière po­li­tique. C’est tout un concours de cir­cons­tances qui, à chaque fois, m’a mis en po­si­tion de me faire élire. Mais j’ai tou­jours gar­dé la prio­ri­té pour mon mé­tier. J’uti­lise le terme “car­rière” pour par­ler de ma pro­fes­sion de mé­de­cin, pas lorsque j’évoque la po­li­tique. J’ai été élu maire un peu “par ha­sard” après le dé­cès du maire de Bourg­Ar­gen­tal. Je me suis pré­sen­té au conseil gé­né­ral à la suite de mon élec­tion ; j’ai été vice­pré­sident du conseil gé­né­ral par ha­sard. J’avais pré­vu de faire trois man­dats de maire et au­tant de conseiller gé­né­ral et d’ar­rê­ter. Sauf qu’en 2008, Pas­cal Clé­ment a été bat­tu et il a fal­lu prendre la place alors que je ne la cher­chais ab­so­lu­ment pas.

En re­vanche, cette élec­tion au sé­nat, vous êtes al­lé la cher­cher…

Oui car je ne sup­porte pas l’évo­lu­tion des col­lec­ti­vi­tés en France. J’ai en­vie de pou­voir par­ti­ci­per à cette évo­lu­tion que je trouve ac­tuel­le­ment né­faste, pour tous ces élus lo­caux.

Quel dos­sier vous a le plus mar­qué au cours de votre man­da­ture?

C’est l’A45. Je pense que c’est cer­tai­ne­ment le dos­sier le plus im­por­tant pour la Loire. Au ni­veau du conseil dé­par­te­men­tal, on n’a pas beau­coup de place pour l’in­ves­tis­se­ment. Il y a tout de même l’aide aux com­munes, qu’on a vou­lu main­te­nir à tout prix. On est sur­tout dans le fonc­tion­ne­ment, avec les af­faires so­ciales et les col­lèges, qui ont été des su­jets pas­sion­nants à trai­ter, mais le dos­sier es­sen­tiel reste l’A45, après ce­lui de l’A89, qui a, lui aus­si, été très im­por­tant. C’est au­jourd’hui vi­tal pour l’éco­no­mie du sud de la Loire qu’on puisse avoir cette A45.

Et votre plus gros re­gret pen­dant ces dix ans ?

ment qu’on n’ait pas pu abou­tir plus ra­pi­de­ment sur ce dos­sier d’au­to­route qui traîne de­puis cinq ans. Mon plus gros re­gret, c’est que les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs n’ar­rivent pas à prendre la dé­ci­sion alors qu’ils la prennent tous quand ils sont ici, en dé­pla­ce­ment dans la Loire…

Vous avez eu plu­sieurs op­po­si­tions du­rant votre pré­si­dence. Quels rap­ports avez-vous en­tre­te­nu avec celles-ci ?

J’ai tou­jours trou­vé que l’op­po­si­tion per­met­tait de mon­trer qu’on est en dé­mo­cra­tie. Elles nous ont ai­guillon­nés en gé­né­ral tou­jours po­si­ti­ve­ment. Je les ai tou­jours res­pec­tées. J’ai tou­jours pré­fé­ré une op­po­si­tion construc­tive à une ab­sence de prise de po­si­tion.

Un sé­na­teur li­gé­rien vous a-t-il par­ti­cu­liè­re­ment mar­qué ou ins­pi­ré?

Sans hé­si­ter, Lu­cien Neu­wirth. Il a mar­qué notre dé­par­te­ment mais aus­si l’his­toire na­tio­nale. Il a fait beau­coup de choses. Son nom reste gra­vé dans les mé­moires, per­sonne ne peut le nier.

Al­lez-vous louer une ré­si­dence à Paris ?

Non. On a un bu­reau à Paris qui nous est af­fec­té au ni­veau du Sé­nat. Quand je se­rai là­bas, j’irai à l’hô­tel comme tout le monde mais je reste Li­gé­rien. Je me sens très bien à Bourg­Ar­gen­tal.

La tra­di­tion veut que les sé­na­teurs ap­portent un pro­duit ar­ti­sa­nal et lo­cal au Pa­lais du Luxem­bourg. Le­quel al­lez-vous pré­sen­ter ?

J’ap­por­te­rai des bou­teilles de Côte roan­naise et de Saint­Joseph (il hé­site)… Met­tez aus­si Côtes du Fo­rez. Et peu­têtre la fourme de Montbrison. S’il ne fal­lait en ci­ter que quelques­uns ce se­rait plu­tôt ceux­là mais il y a tel­le­ment de bons pro­duits dans la Loire…

TRAN­SI­TION. Le nou­veau sé­na­teur Ber­nard Bonne a en­voyé sa lettre de dé­mis­sion au pré­fet de la Loire.

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