Le cha­cal et l’éton­nante gi­rafe

Jean­Fran­çois Ber­nar­di­ni était l’in­vi­té du Rex le 6 oc­tobre

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Montbrison - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Le chan­teur du groupe corse I Mu­vri­ni a dé­fen­du, ven­dre­di 6 oc­tobre, le prin­cipe de non-vio­lence à Montbrison. Ses mots ont ému les jeunes jus­qu’aux larmes.

La poi­gnée de mains est longue, cha­leu­reuse, in­sis­tante. Le re­gard sonde l’âme. Et le tu­toie­ment s’im­pose, na­tu­rel, tant l’homme est pour beau­coup l’épaule conso­lante. En confé­rence ven­dre­di der­nier au ci­né­ma Rex, Jean­Fran­çois Ber­nar­di­ni a fait très forte im­pres­sion sur la jeu­nesse. Face à lui, 300 ado­les­cents de la MFR de Montbrison (mai­son fa­mi­liale ru­rale), du ly­cée Jean ­Bap­tis­ted’ Al­lard, ­ et des di­zaines d’adultes en soi­rée ­ trans­ cen­dés par son dis­cours. Beau­coup ont quit­té les fau­teuils en pleurs, li­bé­rés sou­dain d’une trop lourde charge émo­tion­nelle.

« L’homme n’est pas violent par na­ture »

« Je suis un pe­tit élec­tri­cien qui vient re­bran­cher cha­cun avec sa na­ture », nous a confié le chan­teur du groupe corse I Mu­vri­ni, pré­sident de la fon­da­tion Uma­ni, tout à la fois thé­ra­peute et gou­rou. Ac­com­pa­gné de deux pe­luches, le confé­ren­cier a mis en images les scènes du quo­ti­dien, l’agres­si­vi­té des cha­cals, exi­geants, mo­ra­li­sa­teurs, et la ten­dresse des gi­rafes, mam­mi­fères ter­restres do­tés du plus grand coeur au monde. Un ou­til concep­tuel em­prun­té à Mar­shall Ro­sen­berg pour battre en brèche les cli­chés et ré­vo­lu­tion­ner les moeurs.

« Non, l’homme n’est pas violent par na­ture, a cla­mé l’ora­teur. Il faut la­ver les consciences même si le bio­tope nous conta­mine. Les ré­seaux so­ciaux sont sexistes, ra­cistes. C’est le monde cha­cal.

La non­vio­lence, à l’in­verse, peut nous ai­der à de­ve­nir des ci­toyens res­pon­sables, à lut­ter contre le men­songe et à le ren­ver­ser. C’est un équi­pe­ment de vie pour gé­rer nos émo­tions, nous ai­der dans les conflits. Un GPS as­sez puis­sant pour ren­ ver­ser des dic­ta­tures. » En té­moignent les ex­pé­riences de Gand­hi ou Ro­sa Parks.

Re­je­tant tout sen­ti­men­ta­lisme (« on n’est pas dans un truc de bi­sou­nours »), le chan­teur a re­gret­té le manque d’in­té­rêt gé­né­ral (« une dis­ci­pline que pas une seule uni­ver­si­té n’en­seigne en France alors que c’est le cas à l’étran­ger »). Très ac­ces­sible, il s’est prê­té en fin de séance au jeu des dé­di­caces et des échanges à bâ­tons rom­pus, al­lant jus­qu’à re­mettre son nu­mé­ro de té­lé­phone per­son­nel aux élèves. Ligne im­mé­dia­te­ment abreu­vée de SMS. Ex­trait : « Je n’avais pas en­vie de ve­nir. Toutes les per­sonnes de la salle ont été tou­chées. Mer­ci in­fi­ni­ment pour ce mo­ment. » Pa­role de gi­rafe.

PU­BLIC. Les élèves de la MFR de Montbrison et du ly­cée Jean-Bap­tiste d’Al­lard ont contri­bué aux échanges. Le sous-pré­fet Ré­mi Re­cio, in­té­res­sé par le concept de la non-vio­lence prô­née par Jean-Fran­çois Ber­nar­di­ni, a in­tro­duit la confé­rence.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.