À la re­cherche des cham­pi­gnons…

Pe­tite vi­rée en fo­rêt aux cô­tés des membres du grou­pe­ment my­co­lo­gique et bo­ta­nique de Feurs

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

ES­CA­PADE. Le Pays s’est of­fert une pe­tite vi­rée dans les monts du Fo­rez, en com­pa­gnie des membres pas­sion­nés du grou­pe­ment my­co­lo­gique et bo­ta­nique de Feurs.

MYCOLOGIE. Les cham­pi­gnons, peu nom­breux en ces temps de sé­che­resse, doivent faire l’ob­jet d’une par­faite connais­sance avant d’être cui­si­nés.

Où diable trou­ver des cham­pi­gnons en ces temps de sé­che­resse ? Di­rec­tion les monts du Fo­rez, à la re­cherche de cèpes et de bo­lets, en com­pa­gnie du grou­pe­ment my­co­lo­gique et bo­ta­nique de Feurs…

Les cham­pi­gnons ont be­soin d’eau et de cha­leur pour sor­tir de terre. L’été in­dien qui ré­chauffe ce dé­but d’au­tomne ne s’avère, de fait, guère pro­pice à une cueillette consé­quente. Épi­céas et feuillus mixtes sont in­té­res­sants pour les cham­pi­gnons pa­niers en osier à la main. Ré­cit d’une jour­née en com­pa­gnie de pas­sion­nés.

9 heures. En amou­reux de la na­ture, le co­voi­tu­rage fonc­tionne à plein ré­gime, au dé­part du par­king si­tué en face de l’hip­po­drome, à Feurs. Après une pe­tite heure de route, les cueilleurs s’épar­pillent en pe­tits groupes dans la na­ture, GPS en ban­dou­lière, à la re­cherche du fa­meux « coin à cham­pi­gnons ».

Il y a d’un cô­té les pru­dents et prag­ma­tiques, qui rem­plissent (tant bien que mal) leur pa­nier avec des cham­pi­gnons connus de tous : cèpes, bo­lets… et de l’autre ceux qui savent qu’ils peuvent se re­po­ser sur le sa­voir dé­bor­dant d’An­dré Go­nard, phar­ma­cien à L’Étrat pen­dant 28 ans, in­col­lable lors­qu’il s’agit de par­ler cham­pi­gnons. À mi­di, après trois bonnes heures de ba­lade dans les bois fo­ré­ziens, tout le monde prend la di­rec­tion de Notre Dame de l’Her­mi­tage à Noi­ré­table, pour par­ta­ger un re­pas en com­mun et brû­ler un cierge pour que la cueillette soit meilleure l’après­mi­di.

Les ré­coltes, plus ou moins fruc­tueuses, d’es­pèces in­con­nues sont mises en com­mun et com­men­tées par An­dré Go­nard. « Il faut faire mar­cher sa mé­moire vi­suelle, ex­plique­t­il, dans une mo­des­tie désar­mante. Il faut les voir et les re­voir pour fi­nir par les re­con­naître. Toutes ces bes­tioles (sic) sont très proches les unes des autres. » Les adhé­rents, le pré­sident Jean­Fran­çois Tran­chand en tête, sont bien plus élo­ gieux à son égard. « C’est une chance pour nous de pou­voir le comp­ter par­mi nous. An­dré est la pièce maî­tresse de l’as­so­cia­tion », as­sure­t­il.

Quelques règles de base à connaître

La des­crip­tion des es­pèces dure une de­mi­heure en­vi­ron. Les de­grés d’écoute di­vergent. Cer­tains es­sayent de re­te­nir, d’autres se moquent gen­ti­ment à l’énon­cia­tion des noms en la­tin. « Cer­taines per­sonnes ont pris leur ad­hé­sion juste pour connaître nos coins à cham­pi­gnons, dé­voile JeanF­ran­çois Tran­chand. Ceux­ci ne sont pas res­tés. » Pas vrai­ment l’am­biance du groupe, sur­tout réuni pour ap­prendre, un peu, ren­con­trer des gens au­tour d’une même pas­sion, sou­vent et se pro­me­ner dans les sen­tiers, évi­dem­ment.

« On reste une so­cié­té de loi­sirs », pré­cise le pré­sident. Une so­cié­té au sein de la­quelle on ap­prend tou­te­fois quelques règles de base, au cô­té d’An­dré Go­nard, qui avait créé un pre­mier grou­pe­ment my­co­lo­gique et bo­ta­nique en 1986 à L’Étrat, en com­pa­gnie d’une autre som­mi­té du mi­lieu, Hen­ri Ro­bert. « Il faut être pru­dent. Lors­qu’ils connaissent dix cham­pi­gnons dif­fé­rents, les gens croient tout sa­voir. Au moindre doute, il faut faire contrô­ler le cham­pi­gnon, soit par un phar­ma­cien com­pé­tent, soit par une as­ so­cia­tion comme la nôtre. Si vous consul­tez les livres, as­su­rez­vous qu’ils soient ré­cents et je­tez ceux qui datent de plus de cinq ans. » Quand aux coins à cham­pi­gnons, les in­dices sont minces mais tou­jours in­té­res­sants à connaître : « les Épi­céas et les feuillus mixtes sont in­té­res­sants d’un point de vue my­co­lo­gique. Il faut en re­vanche évi­ter les fo­rêts de Dou­glas. » Voi­là quelques pistes pour trou­ver, à votre tour, votre coin à cham­pi­gnons. Les adhé­rents du grou­pe­ment ont eux dé­jà ava­lé leur ome­lette aux cèpes, en at­ten­dant la pro­chaine sor­tie…

Lors­qu’ils connaissent dix cham­pi­gnons dif­fé­rents, les gens croient tout sa­voir… »

ANA­LYSE. Les adhé­rents du grou­pe­ment mé­langent les ré­coltes et se re­trouvent au­tour d’An­dré Go­nard (lu­nettes sombres), le my­co­logue de l’équipe.

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