L’es­croc des lo­tos sous man­dat d’ar­rêt

AR­NAQUE. Ré­mi Ja­na­cek est pour­sui­vi pour de mul­tiples es­cro­que­ries, no­tam­ment dans le Fo­rez et le Roan­nais.

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Pierre-Fran­çois Che­tail pierre-fran­cois.che­tail@cen­tre­france.com

TRI­BU­NAL DE VILLE­FRANCHE. Le tren­te­naire, na­tif de Feurs, a été condam­né à 30 mois de pri­son ferme.

En son ab­sence, l’es­croc le tris­te­ment plus cé­lèbre du ter­ri­toire, a été condam­né ce mar­di par la jus­tice dans le Rhône.

«Est­ce que M. Ja­na­cek est pré­sent dans la salle ? Non… Ça au­rait été éton­nant », iro­nise la juge du tri­bu­nal de Ville­fran­che­sur­Saône. Et pour cause, Ré­mi Ja­na­cek a dis­pa­ru sans lais­ser d’adresse, mal­gré son pla­ce­ment sous contrôle ju­di­ciaire à sa sor­tie de dé­ten­tion pro­vi­soire, dé­but juin 2016. Ce­lui que l’on sur­nomme « l’es­croc des lo­tos » dans le Roan­nais et le Brion­nais (mais dont la liste des mé­faits va bien au­de­là) a en­suite travaillé dans un club de va­cances en Corse, sous le faux nom d’Ar­thur De­lorme. Sé­pa­ré de son pre­mier avo­cat roan­nais, Maître Ja­mel Mal­lem, il ne donne dé­sor­mais plus de signes de vie.

Le monde de la nuit dans son vi­seur

Ce mar­di, c’est donc en son ab­sence que le tri­bu­nal de Ville­franche­sur Saône a ju­gé le jeune homme de 33 ans, né à Feurs, pour une longue liste de dé­lits com­mis entre 2010 et 2014. Et l’a condam­né à 30 mois de pri­son ferme, avec un man­dat d’ar­rêt dé­li­vré à son en­contre.

Ré­mi Ja­na­cek a été dé­cla­ré cou­pable de nom­breuses es­cro­que­ries (com­mises entre 2010 et 2014) à l’en­contre de 11 vic­times ayant dé­po­sé plainte. Celles­ci pré­sentent des pro­fils di­vers : en­tre­prises de ma­té­riel de so­no, dis­co­thèques de la Loire et du Rhône (Dol­lars One, Le Cube, L’Arc­en­ciel…), piz­ze­ria à Ta­rare, as­so­cia­tion ve­nant en aide à un en­fant gra­ve­ment ma­lade (lire ci­des­sous)… Le tout en ré­ci­dive, l’es­croc ayant dé­jà été condam­né une pre­mière fois par la Jus­tice à Mont­bri­son, en 2009, à l’époque où il était trai­teur.

Une en­tre­prise dans le sec­teur de Per­pi­gnan a été contrainte de dé­po­ser le bi­lan après avoir ache­té des tables de mixage et des pla­tines à Ré­mi Ja­na­cek, qui ne sont bien sûr ja­mais ar­ri­vées. Des boîtes de nuit du sec­teur lui ont avan­cé plu­sieurs mil­liers d’eu­ros, sur la base de faux contrats, contre la pro­messe de la ve­nue dans leurs éta­blis­se­ments de per­son­na­li­tés comme les ac­teurs du film Rien à dé­cla­rer (Da­ny Boon, Be­noît Poel­voorde) ou Ja­mel Deb­bouze. Qu’ils at­tendent tou­jours…

Les chèques ont en­suite été en­cais­sés sur son compte ou ce­lui de sa com­pagne. Ré­mi Ja­na­cek se fai­sait éga­le­ment payer en tant qu’or­ga­ni­sa­teur de concerts. Une piz­ze­ria ta­ra­rienne, qui a de­puis fer­mé ses portes, en a fait les frais (Le Pays du 11 jan­vier 2018), pour 5.000 eu­ros en­vi­ron. Agis­sant sous le nom d’une so­cié­té fac­tice au nom évo­ca­teur : Po­dium Apo­ca­lypse (avec un dé­lit sup­plé­men­taire au pas­sage, ce­lui de tra­vail dis­si­mu­lé).

Le jeune homme a éga­le­ment ten­té de se faire re­mettre des fonds pour l’or­ga­ni­sa­tion d’un concert d’Earth wind and fire au lac des Sa­pins de Cublize, en se di­sant man­da­té, de ma­nière to­ta­le­ment men­son­gère, par la Com­mu­nau­té de com­munes du ter­ri­toire. La liste est non­ex­haus­tive.

Toutes ces his­toires que Ré­mi Ja­na­cek s’in­vente, « est­ce qu’il y croit vrai­ment ? Je n’en sais rien », com­mente la­co­ni­que­ment la pré­si­dente du tri­bu­nal ca­la­dois, n’ayant per­sonne pour ré­pondre à ses ques­tions.

Pour le pro­cu­reur de la ré­pu­blique, en tout cas, il s’agit là d’« un illu­sion­niste et men­teur pro­fes­sion­nel. Qui mon­tait des stra­ta­gèmes sur le mo­dèle de “Plus c’est gros, plus ça passe”. À chaque fois, il in­vente des scé­na­rios dif­fé­ rents, se pré­sen­tant par­fois comme di­rec­teur ar­tis­tique. Qu’est­ce que ça re­couvre pour ce char­cu­tier de fonc­tion ? C’est un in­di­vi­du se mon­trant par­ti­cu­liè­re­ment re­tors et ma­ni­pu­la­teur, nui­sible, sans au­cune em­pa­thie. Un es­croc pa­ten­té. » ■

è À suivre. Une autre ins­truc­tion, di­li­gen­tée par le tri­bu­nal de Roanne, est en cours en ce mo­ment, pour les mé­faits pré­su­més les plus ré­cents com­mis par Ré­mi Ja­na­cek, no­tam­ment les es­cro­que­ries liées à l’or­ga­ni­sa­tion de lo­tos. Il se­ra donc ju­gé plus tard au pa­lais de jus­tice roan­nais.

« Un in­di­vi­du par­ti­cu­liè­re­ment ma­ni­pu­la­teur et nui­sible »

Ré­mi Ja­na­cek a es­cro­qué une di­zaine d’as­so­cia­tions ca­ri­ta­tives, no­tam­ment dans la Loire.

ARNAQUE. Ce­lui que l’on sur­nomme « l’es­croc des lo­tos » a dis­pa­ru sans lais­ser d’adresse, mal­gré son pla­ce­ment sous contrôle ju­di­ciaire à sa sor­tie de dé­ten­tion pro­vi­soire, dé­but juin 2016.

OÙ EST-IL ? Avant de dis­pa­raître sans lais­ser d’adresse, Ré­mi Ja­na­cek a travaillé un été comme ani­ma­teur dans un camp de va­cances en Corse, sous le faux nom d’Ar­thur De­lorme. Comme le montrent ces pho­tos que l’on re­trou­vait sur le bien nom­mé groupe Fa­ce­book Mais où est Ré­mi Ja­na­cek, page fer­mée de­puis à cause de me­naces qu’au­rait en­voyées l’in­té­res­sé.

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