Au­ré­lia Bri­vet prise dans l’oeil du cy­clone Ir­ma à SaintBar­thé­lé­my

Au­ré­lia Bri­vet était sur l’île de Saint­Bar­thé­le­my pen­dant le pas­sage de l’ou­ra­gan Ir­ma

Le Pays Roannais (Roanne) - - La Une - Etienne Chaize etienne.chaize@cen­tre­france.com

La nuit du pas­sage de l’ou­ra­gan Ir­ma, la Roan­naise Au­ré­lia Bri­vet l’a pas­sée cloî­trée dans une pe­tite mai­son de Saint-Bar­thé­le­my, où elle de­vait pas­ser quelques jours pai­sibles de va­cances.

Au­ré­lia Bri­vet se sou­vien­dra long­temps de ses va­cances à Saint­Barth. Le soir même de son ar­ri­vée dans les An­tilles, l’illus­tra­trice ba­rou­deuse, qui de­vait pas­ser quelques jours chez des amis, ap­pre­nait qu’Ir­ma de­vait at­teindre l’île quelques jours plus tard. À peine a­t­elle eu le temps de pro­fi­ter de beaux cou­chers de so­leil sur les plages de sable fin qu’il fal­lait dé­jà se pré­pa­rer au pas­sage de l’ou­ra­gan. « Sur place, les lo­caux avaient en­core le sou­ve­nir trau­ma­ti­sant de Luis, en 1995 » , ra­conte la Roan­naise qui, avec ses amis, a alors scru­pu­leu­se­ment sui­vi les consignes pour bien se pro­té­ger.

Le soir du 5 sep­tembre, avant même l’alerte confi­ne­ment, dès 18 heures, dans une mai­son « sé­cu­ri­sée » et « cal­feu­trée », le trio était au chaud der­rière les

vo­lets an­ti­cy­clo­niques, pa­ré pour une nuit agi­tée.

Images d’apo­ca­lypse

« À 3 heures du ma­tin, on était tous ré­veillés, an­xieux. On s’est dit : “Ça y est, ça com­mence” », se sou­vient­elle. Ra­pi­de­ment, après les pre­mières bour­rasques, l’élec­tri­ci­té de l’île a été

cou­pée. « On avait une ra­dio à pile et des lampes de poche. On était pré­pa­rés. On nous avait dit que la ra­dio de­vait conti­nuer d’émettre toute la nuit pour nous te­nir in­for­més, mais très vite les trans­mis­sions ont été cou­pées, re­late Au­ré­lia. On s’est confi­nés dans une chambre sans fe­nêtre. On en­ten­dait les ra­fales et des bruits hal­lu­ci­nants. Ça co­gnait, ça frap­pait… en s’in­ten­si­fiant. Dans ces cas­là, même si tu sais que tu es en sé­cu­ri­té, tu crains pour ta vie ».

Trois heures de vent à plus de 300 km/ h plus tard, tout s’est ar­rê­té. « C’était l’oeil du cy­clone.

Ça a du­ré une heure en­vi­ron, puis ça a re­pris de plus belle pen­dant plu­sieurs heures ».

Au pe­tit ma­tin, un voi­sin est ve­nu s’en­qué­rir du sort des trois amis. « De­hors, on se se­rait cru dans un film apo­ca­lyp­tique » . Ter­rasses ou toi­tures ar­ra­chées, po­teaux élec­triques jon­chant le sol, vé­hi­cules re­tour­nés, ci­me­tière dé­so­lé, vé­gé­ta­tion dé­vas­tée, dé­bris souf­flés aux quatre vents… À Saint­Bar­thé­le­my, les dé­gâts ma­té­riels sont im­menses. « Tout le monde cher­chait du ré­seau pour pré­ve­nir les fa­milles, mais même le té­lé­phone sa­tel­lite ne mar­chait pas… On était cou­pés du monde » , dé­taille la Roan­naise, qui re­la­ti­vise : « Quand j’ai en­ten­du les his­toires folles de cer­tains, je me suis dit qu’on avait eu de la chance », souffle Au­ré­lia.

« Là des­sus, on a ap­pris que l’ou­ra­gan Jo­sé se di­ri­geait vers Saint­Barth. Il fal­lait re­cal­feu­trer les mai­sons. Avec le vent, les dé­bris ris­quaient de se trans­for­mer en pro­jec­tiles mor­tels… », pour­suit­elle. Heu­reu­se­ment, le deuxième ou­ra­gan a fi­na­le­ment chan­gé de tra­jec­toire.

Des dé­gâts ma­té­riels chif­frés à plus d’un mil­liard d’eu­ros

Deux jours après Ir­ma, Au­ré­lia a re­ga­gné la Gua­de­loupe grâce au pont aé­rien ré­ta­bli. « Ça a été un choc. 55 mi­nutes de vol plus loin, tout était nor­mal, la vie conti­nuait. J’étais dé­bous­so­lée », ex­plique la jeune femme, qui a alors pu dis­cu­ter avec des vic­times d’Ir­ma à SaintMar­tin, l’île la plus tou­chée par la ca­tas­trophe ( lire ci­des­sus). « Là­bas, la si­tua­tion est épou­van­table », alerte Au­ré­lia Bri­vet, ren­trée en mé­tro­pole ce lun­di.

Au­jourd’hui en­core, une se­maine après la ca­tas­trophe, les dé­gâts sont im­por­tants pour les deux îles et chif­frés, comme l’a in­di­qué ce mar­di 12 sep­tembre le Pré­sident Ma­cron, en dé­pla­ce­ment sur place ( lire en­ca­dré), « à plus d’un mil­liard d’eu­ros par les as­su­reurs ». ■

« En en­ten­dant les his­toires folles de cer­tains, je me rends compte qu’on a eu de la chance » AU­RÉ­LIA BRI­VET Illus­tra­trice roan­naise

PHO­TO : K. BARRALLON/AFP

CHOC. « On a vu des images d’apo­ca­lypse », ra­conte Au­ré­lia Bri­vet. « Je me sou­viens d’une voi­ture re­tour­née au mi­lieu d’un ci­me­tière dé­vas­té. Puis, à des en­droits, bi­zar­re­ment, les dé­gâts étaient faibles ».

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