« Votre ca­sier ju­di­ciaire parle pour vous »

Le conjoint violent écope de deux ans de pri­son ferme

Le Pays Roannais (Roanne) - - Faits Divers - Justice - Ch­ris­tian Ver­det

Is­sam Et­ta­ki avait frap­pé sa com­pagne lors d’une nuit al­coo­li­sée, le 3 août der­nier. Il s’en était en­suite pris aux po­li­ciers ve­nus l’in­ter­pel­ler.

À l’is­sue de l’au­dience de com­pa­ru­tion im­mé­diate, pré­si­dée par Fa­bien Sartre lun­di 11 sep­tembre, le trib un a l co r re ct i o n e l d e Roanne a dé­ci­dé que, cette fois, Is­sam Et­ta­ki de­vait com­prendre qu’il était al­lé trop loin.

Le mis en cause, en dé­ten­tion pré­ven­tive de­puis les faits du 3 août, « a une ad­dic­tion à l’al­cool et aux stu­pé­fiants », a rap­pe­lé le pré­sident, en s’ap­puyant sur le rap­port d’ex­per­tise. La consom­ma­tion de 30 bières fortes et d’une di­zaine de joints par jour ne laisse au­cun doute à ce su j e t . Po u r au t a n t , le même rap­port l’a dé­cla­ré « ac­ces­sible à une sanc­tion pé­nale ».

Fa­bien Sartre a en­suite ver­te­ment ser­mon­né ce­lui qui a « lan­cé un cou­teau en di­rec­tion de sa com­pagne, avant de s’en prendre aux po­li­ciers. C’est la troi­ sième fois qu’on vous voit au tri­bu­nal. Vous êtes calme car n’avez plus ac­cès aux stu­pé­fiants, même si on sait qu’en pri­son, c’est po­reux. »

In­ter­ro­gé sur cette jour­née du 3 août et la nuit qui a sui­vi, le mis en cause a ex­pli­qué avoir com­men­cé à boire à dix heures du ma­tin, jus­qu’à trois heures, et que la po­lice était ve­nue chez lui. Mais il a in­sis­té : « Je suis pas comme ça ( sic). C’est l’al­cool qui fait ça ». De quoi pro­vo­quer une ré­ponse cin­glante du ma­gis­trat : « Votre ca­sier ju­di­ciaire parle pour vous, mon­sieur. »

« Quel­qu’un de dan­ge­reux »

Fa­bien Lam­bert, avo­cat de la par­tie ci­vile, a si­gna­lé au tri­bu­nal qu’Is­sam Et­ta­ki fai­sait dé­jà l’ob­jet d’une condam­na­tion à 5.300 eu­ros de dom­mages et in­té­rêts pour de pré­cé­dentes vio­lences sur des fonc­tion­naires de po­lice, et qu’il n’avait pas hé­si­té à frap­per sa com­pagne de­vant leurs deux en­fants, âgés res­pec­ti­ve­ment de trois ans et de neuf mois. « Sa com­pagne pré­sente des bles­sures au globe ocu­laire et à la base du nez, a dé­taillé l’avo­cat. M. Et­ta­ki dit que c’est la faute à l’al­cool, mais il ne veut pas se soi­gner. À tra­vers sa ten­ta­tive de por­ter des coups pen­dant son ar­res­ta­tion, je vois quel­qu’un de dan­ge­reux. »

« Au dé­but, c’était une claque »

So­fia Dou­khan, pour le mi­nis­tère pu­blic, a étayé les pro­pos de Me Lam­bert, en dé­non­çant « un contexte de vio­lence conju­gale. Il sou­hai­tait que sa com­pagne soit là pour vous dire qu’il est un com­pa­gnon ai­mant. Mais la dé­po­si­tion de celle­ci, re­cueillie à 6 h 35 du ma­tin, juste après les faits, in­ter­pelle : “De­puis le dé­but de notre re­la­tion, il me bat. Au dé­but, c’était une claque. Mais ça a été beau­coup plus par la suite, dès qu’il bu­vait”. »

La sub­sti­tut du pro­cu­reur a en­core poin­té du doigt « l’in­co­hé­rence des dé­cla­ra­tions le len­de­main de l’in­ter­pel­la­tion, due à la prise d’al­cool » et « une per­son­na­li­té dan­ge­reuse, avec cinq men­tions pour ré­bel­lions et ou­trages ».

Is­sam Et­ta­ki a ten­té une der­nière fois d’at­ten­drir le tri­bu­nal en ex­pri­mant des re­grets. « Ma com­pagne n’est pas là pour que je lui pré­sente mes ex­cuses. Elle a dû em­me­ner la pe­tite à l’école et je tiens à m’ex­cu­ser au­près des po­li­ciers de n’avoir pas pu me re­te­nir. » Ce­la n’a pas suf­fi. Le tr ibu­nal l’a condam­né à 18 mois, dont six mois avec sur­sis. Une an­née de pri­son ferme donc, à la­quelle une deuxième s’est ajou­tée, puisque les juges ont pro­non­cé la ré­vo­ca­tion de pré­cé­dents sur­sis à hau­teur de 12 mois. Le conjoint violent de­vra, en outre, in­dem­ni­ser ses vic­times et s’est vu no­ti­fier une obli­ga­tion de soins pour com­battre ses ad­dic­tions. Is­sam Et­ta­ki a été pla­cé sous man­dat de dé­pôt à l’is­sue de son ju­ge­ment. ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.