La fa­mille géor­gienne ob­tient une re­laxe

Pre­mière vic­toire ju­di­ciaire pour les Kotc ha­la ma­za­sh­vi li

Le Pays Roannais (Roanne) - - Justice - Pas­cal Jac­quet

Pour­sui­vie par la justice de­puis le mois de juin 2015, la fa­mille Kotc ha­la ma­za­sh­vi li a été re­laxée des charges qui pe­saient sur elle. Ce qui ne veut pas dire qu’elle vit dé­sor­mais en si­tua­tion ré­gu­lière.

« Il y a l’hu­main et il y a le droit » . C’est par ces mots que Me Mal­lem, l’ avo­cat des époux Kot­cha­la­ma­za­sh­vi­li, a dé­bu­té son ef­fi­cace plai­doi­rie, qui a me­né ses clients à la re­laxe.

L’hu­main, pour rap­pe­ler la si­tua­tion dif­fi­cile ren­con­trée par les quatre membres, les pa­rents et leurs deux en­fants, de­puis leur fuite de Géor­gie en dé­cembre 2014.

Le père, jour­na­liste et membre d’une or­ga­ni­sa­tion non gou­ver­ne­men­tale lo­cale qui dé­fend les mi­no­ri­tés, y avait été ar­rê­té suite à une ma­ni­fes­ta­tion

en fa­veur de la com­mu­nau­té ho­mo­sexuelle en mai 2013. Frap­pé par la po­lice, il avait en­suite échap­pé de peu à une ten­ta­tive d’as­sas­si­nat, se­lon lui. Son fils avait éga­le­ment fait l’ob­jet d’une ten­ta­tive d’en­lè­ve­ment.

La fa­mille avait alors dé­ci­dé de quit­ter la Géor­gie où sa sé­cu­ri­té n’était plus as­su­rée. Dès son ar­ri­vée en France, une de­mande d’asile était dé­po­sée au­près de l’État. De­mande re­fu­sée… pour manque de preuves.

De­puis, la fa­mille vit dans l’ir­ré­gu­la­ri­té. La si­tua­tion de ses membres a ému de nom­breuses per­sonnes dans le Roan­nais,

dont des ha­bi­tants d’Am­bierle, qui ont choi­si d’ai­der la fa­mille géor­gienne de­puis sep­tembre 2016. En les abri­tant un temps et en les ai­dant dans les dé­marches ad­mi­nis­tra­tives.

Une obli­ga­tion de quit­ter le terr itoire fran­çais (OQTF) leur a été si­gni­fiée en juin 2015, ain­si qu’une as­si­gna­tion à ré­si­dence. Qu’ils n’ont pas res­pec­tées, se­lon la justice, qui pour­sui­vait de­puis les pa­rents, les en­fants étant mi­neurs à cette époque.

C’est à pro­pos de cette ap­pli­ca­tion du droit que Me Mal­lem a pour­sui­vi sa plai­doi­rie, fai­sant re­mar­quer qu’il n’y avait au­cune trace écrite et of­fi­cielle de l’OQTF et de l’as­si­gna­tion de 2015 dans le dos­sier. Rap­pe­lant aus­si qu’une as­si­gna­tion n’obli­geait pas des per­sonnes ju­gées non dan­ge­reuses à des heures pré­cises de sor­tie et de pré­sence.

La lutte conti­nue

Le tri­bu­nal de Roanne, après en avoir dé­li­bé­ré, a donc choi­si de suivre les de­mandes de la dé­fense en re­laxant les époux Kotch ala­ma­za­sh­vi­li.U ne pre­mière vic­toire qui ne sonne pas en­core la fin des sou­cis de la fa­mille, tou­jours en si­tua­tion ir­ré­gu­lière et dans l’obli­ga­tion de vivre ca­chée, suite à une nou­velle OQTF dé­po­sée en 2016. « Mais il vaut mieux pour­suivre les dé­marches de de­mande de ré­gu­la­ri­sa­tion de leur si­tua­tion avec un ca­sier ju­di­ciaire vierge », se sa­tis­fai­sait M Malle m au terme de l’au­dience. Tout comme la di­zaine de membres de l’as­so­cia­tion de dé­fense de la fa­mille, pré­sents dans la salle, re­vi­go­rés pour pour­suivre la lutte. ■

L’obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire ab­sente du dos­sier

PHO­TO D’ARCHIVES PIERRE-OLI­VIER VE­ROT

SO­LI­DA­RI­TÉ. Une par­tie de la po­pu­la­tion d’Am­bierle et d’ha­bi­tants du Roan­nais s’est mo­bi­li­sée pour dé­fendre la fa­mille.

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