11 mai­sons fis­su­rées re­cen­sées

Plu­sieurs administrés vic­times de glis­se­ments de ter­rain

Le Pays Roannais (Roanne) - - Est Roannais Vie Locale - J.-M. Pouxe

Le mois der­nier, la com­mune de Per­reux a lan­cé un ap­pel pour re­cen­ser le nombre d’administrés vic­times, cet été, de glis­se­ments de ter­rain. Ob­jec­tif : ob­te­nir un clas­se­ment en zone de ca­tas­trophe na­tu­relle afin de dé­clen­cher l’in­dem­ni­sa­tion des as­su­rances.

Pour l’heure, 11 pro­prié­taires ont dé­po­sé un dos­sier, in­dique le maire, Jean­Yves Boire. Der­niè­re­ment, tous ont vu ap­pa­raître des fis­sures à l’in­té­rieur et à l’ex­té­rieur de leur ha­bi­ta­tion. Ils sont vic­times de ce qu’on ap­pelle le « re­trait gon­fle­ment des sols ar­gi­leux ». Un phé­no­mène géo­lo­gique lié à l’hy­dra­ta­tion des sols et consé­cu­tif à la sé­che­resse de cet été qui a en­traî­né la ré­trac­ta­tion des ar­giles.

Un pro­blème lié à la sé­che­resse

À Per­reux, des si­nistres ont été dé­cla­rés dans plu­sieurs sec­teurs, no­tam­ment Le Gros Chêne, Le De­vant, Les Hauts du Bourg et Le Pla­tier. Ils concernent aus­si bien des construc­tions des an­nées

2000 que d’autres, beau­coup plus an­ciennes.

La pro­prié­té de Ber­nard Ca­sa­gran­da a près de

100 ans. Au mo­ment de sa ré­no­va­tion, il y a 15 ans, plu­sieurs fis­sures avaient été com­blées. « Les fon­da­tions, à l’époque, n’étaient pas très pro­fondes (40 cm, N.D.L.R.) », ad­met­il. Mais

de­puis quelques mois, d’autres sont ap­pa­rues, beau­coup plus béantes cette fois­ci. Du coup, la porte d’entrée a du mal à fer­mer et les pla­fonds du pre­mier étage se lé­zardent. Il se de­mande si, à ce point, c’est ré­pa­rable et sur­tout com­bien de temps, lui et sa fa­mille vont pou­voir res­ter ?

Toute la Plaine du Roan­nais re­pose en par­tie sur des sols ar­gi­leux. La plu­part des com­munes se­raient donc par dé­fi­ni­tion ex­po­sées. Mais peut­être pas de la même ma­nière. Un rap­port des ser­vices de l’État, da­tant de 2009, rap­pelle que du­rant la pé­riode 2005­2008, à la suite de la sé­che­resse de 2003, 20 com­munes sur les 327 que compte le dé­par­te­ment avaient été re­con­nues en état de ca­tas­trophe na­tu­relle pour va­ria­tions de vo­lume du sous­sol. Par­mi elles, Per­reux avait re­cen­sé 26 si­nistres – le nombre le plus éle­vé – juste de­vant Ville­rest (22 si­nistres), Saint­Priest­en­Ja­rez (12 si­nistres) et Com­mel­leVer­nay (11 si­nistres).

Pour une re­con­nais­sance de ca­tas­trophe na­tu­relle

Se­lon un pro­fes­sion­nel in­ter­ro­gé, seules les tech­niques de construc­tion avec des fon­da­tions suf­fi­sam­ment pro­fondes per­mettent d’as­su­rer sta­bi­li­té et du­ra­bi­li­té.

Ven­dre­di der­nier, le maire de Per­reux s’est en­tre­te­nu du su­jet avec le sous­pré­fet Ch­ris­tian Abrard en vi­site dans la com­mune (lire ci­des­sous). Le re­pré­sen­tant de l’État lui au­rait in­di­qué qu’il al­lait por­ter un re­gard at­ten­tif aux dé­marches en cours. Car pas­sée la ga­ran­tie dé­cen­nale du construc­teur, les as­su­reurs ne peuvent in­ter­ve­nir qu’une fois la com­mune re­con­nue par l’État en zone de ca­tas­trophe na­tu­relle. « D’où l’im­por­tance des dé­cla­ra­tions en mai­rie », pré­cise l’édile. ■

FIS­SURES.

Le phé­no­mène touche aus­si bien des ha­bi­ta­tions des an­nées 2000 que d’autres, comme ici, qui ont une cen­taine d’an­nées.

GLIS­SE­MENT. Une par­tie de cette ha­bi­ta­tion, ré­no­vée il y a quinze ans, s’est af­fais­sé de près d’un cen­ti­mètre.

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