La co­lère noire des « gi­lets jaunes », prêts à blo­quer les routes

Axes rou­tiers blo­qués et ma­ni­fes­ta­tion : la mo­bi­li­sa­tion à par­tir du 17 no­vembre se pré­cise

Le Pays Roannais (Roanne) - - La Une - Yann Ter­rat yann.ter­rat@cen­tre­france.com

Deux col­lec­tifs ont réuni 150 per­sonnes, sa­me­di à Ma­bly, afin de po­ser les bases d’un mou­ve­ment de grogne face à l’aug­men­ta­tion des taxes.

Sur les ré­seaux so­ciaux, la grogne se ma­ni­fes­tait dé­jà de­puis quelques jours. Les deux pages « FB 17 no­vembre roan­nais » et « Blo­cage na­tio­nal Roanne 42 » avaient même at­teint près de

7.000 abon­nés ce week­end en à peine deux se­maines d’exis­tence. Ar­bo­rée comme le sym­bole d’une ré­volte en ges­ta­tion, la cha­suble jaune sur le ta­bleau de bord des vé­hi­cules est de­ve­nue quant à elle le signe de ral­lie­ment des contes­ta­taires.

Sa­me­di après­mi­di, ils étaient

150 per­sonnes à s’être don­né ren­dez­vous sur le par­king d’Em­maüs à Ma­bly à l’ap­pel des deux col­lec­tifs sus­ci­tés afin de pré­pa­rer un mou­ve­ment so­cial de con­tes­ta­tion na­tio­nale à par­tir du sa­me­di 17 no­vembre.

Cette con­tes­ta­tion de­vrait se tra­duire, à l’échelle lo­cale, par le blo­cage des prin­ci­paux axes rou­tiers aux en­trées de Roanne (lire l’en­ca­dré), mais elle pour­rait s’étendre aux alen­tours.

Plan d’ac­tions

Pour l’heure, sa­me­di, il s’agis­sait d’or­ga­ni­ser ce mou­ve­ment spon­ta­né et d’éta­blir un pre­mier plan d’ac­tion. Ju­chés sur des tré­teaux de for­tune, les deux or­ga­ni­sa­teurs Ra­phaël Pes­soa (FB

17 no­vembre roan­nais) et Ju­lien Alcaraz (Blo­cage na­tio­nal Roanne 42) pre­naient d’abord soin de dé­fi­nir les contours des re­ven­di­ca­tions. « Ce n’est pas que la hausse des car­bu­rants, mais toutes les taxes qu’on n’a pas de­man­dées, iro­ni­sait Ju­lien Alcaraz. Il faut se battre aus­si pour les écoles et les hô­pi­taux. »

Dans la foule tran­sie par le froid, des re­trai­tés, de jeunes couples avec leurs en­fants, des

femmes et des hommes de tous âges écou­taient so­len­nel­le­ment, avant de ponc­tuer chaque prise de pa­role d’ap­plau­dis­se­ments nour­ris. Les dis­cours lais­saient peu à peu place aux dé­bats du­rant les­quels les « mul­ti­na­tio­nales » et le « gou­ver­ne­ment » es­suyaient de vives cri­tiques. Des slo­gans à la vo­lée comme une ca­thar­sis pour ex­pri­mer un quo­ti­dien de­ve­nu dif­fi­cile, pour cer­tains. « Nous n’avons pas en­

core al­lu­mé le chauf­fage au fioul et je prends ma douche au bou­lot pour éco­no­mi­ser », ex­pli­quait un ha­bi­tant de Ouches, qui avec sa femme, tra­vaille à Roanne.

Une mo­bi­li­sa­tion qui pour­rait du­rer ?

Sa­me­di, une grande ma­jo­ri­té, dans l’as­sis­tance, s’est éga­le­ment por­tée vo­lon­taire pour blo­quer les routes à par­tir du 17 no­vembre. « Je vous pré­viens tous, ce­la risque de du­rer et il n’est pas ques­tion d’ar­rê­ter tant que le gou­ver­ne­ment ne re­cu­le­ra pas, a ex­pli­qué Ra­phaël Pes­soa, au mi­cro. Il faut te­nir jus­qu’au 19 no­vembre, date à la­quelle les rou­tiers de­vraient nous re­joindre. Par­mi nous, il y a des tra­vailleurs et des re­trai­tés. Il est hors de ques­tion d’ar­rê­ter de tra­vailler, il faut fonc­tion­ner par rou­le­ment. »

Conscients que le mou­ve­ment pour­rait dé­ra­per, les or­ga­ni­sa­teurs ont pré­ve­nu que l’ac­tion se vou­lait pa­ci­fiste et apo­li­tique. Que toute per­sonne vio­lente se­rait ex­clue des ma­ni­fes­ta­tions.

Dif­fi­cile de pré­voir l’am­pleur de la mo­bi­li­sa­tion le 17 no­vembre, mais sa­me­di après­mi­di, cer­tains pro­po­saient dé­jà leur aide lo­gis­tique (mer­guez, 200 pa­lettes) et de faire pro­fi­ter de leur ré­seau. « Je peux vous dire que nous se­rons plu­sieurs éle­veurs à blo­quer », ex­pli­quait un ma­ni­fes­tant qui compte bien ve­nir en trac­teur. ■

Y.T.

UN SLO­GAN. « Les Fran­çais se ré­veillent, le jour de gloire est ar­ri­vé » a été va­li­dé par l’as­sis­tance.

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