Re­don­ner au sol son rôle d’éponge

Roanne veut li­mi­ter le ruis­sel­le­ment des eaux de pluie

Le Pays Roannais (Roanne) - - Roanne Vivre Sa Ville - Au­ré­lie Mar­cha­dier

Mar­di en conseil mu­ni­ci­pal, la Ville s’est en­ga­gée à dés­im­per­méa­bi­li­ser chaque an­née plus de 5.000 m2 de sur­face au sol afin de ré­duire le re­jet des eaux usées dans le mi­lieu na­tu­rel en cas de très fortes pluies.

Roanne abrite la plus im­por­tante sta­tion de trai­te­ment des eaux de l’Ag­glo­mé­ra­tion. Treize com­munes y sont rac­cor­dées. En cas de très fortes pluies, cette struc­ture qui ré­cu­père no­tam­ment, via un ré­seau uni­taire, à la fois les eaux usées et de pluie de la ville, n’est tou­te­fois pas en ca­pa­ci­té de gé­rer l’en­semble des eaux qui lui par­viennent. Les­quelles se re­trouvent alors di­rec­te­ment re­je­tées dans le fleuve Loire.

« La ré­gle­men­ta­tion nous im­pose un seuil de 20 re­jets maxi­mum par an, que nous dé­pas­sons. Il convient de tra­vailler à la fois sur la ré­no­va­tion de la sta­tion d’épu­ra­tion et, plus glo­ba­le­ment, sur la col­lecte des eaux usées », a ex­pli­qué Ro­main Bost, élu

en charge de l’en­vi­ron­ne­ment, ce mar­di en conseil mu­ni­ci­pal.

Dans le cadre du Sché­ma di­rec­teur d’as­sai­nis­se­ment, et pour ré­pondre aux nou­velles normes en vi­gueur, l’Ag­glo­mé­ra­tion a dé­jà en­ga­gé un plan de ré­no­va­tion de ses sta­tions afin d’im­pac­ter le plus fai­ble­ment pos­sible le mi­lieu na­tu­rel et d’avoir des ca­pa­ci­tés de trai­te­ment plus in­no­vantes. « Néan­moins, il faut pour­suivre ces ef­forts », a no­té l’élu.

Après étude, Roan­nais Ag­glo a choi­si de ren­for­cer le nombre de bas­sins per­met­tant de sto­cker tem­po­rai­re­ment le sur­plus de pluie, mais aus­si de dés­im­per­méa­bi­li­ser les sols. Un plan glo­bal es­ti­mé à

47 M€. Les 13 com­munes rac­cor­dées à la sta­tion de Roanne vont no­tam­ment s’en­ga­ger à rendre plus per­méables 16 hec­tares de sur­face en dix ans. Pour la Ville de Roanne, ce­la re­pré­sen­te­ra 5.200 m2 par an. « C’est un ob­jec­tif fa­ci­le­ment at­tei­gnable, dé­jà ef­fec­tif les trois der­nières an­nées », sou­ligne Ro­main Bost.

Fa­vo­ri­ser l’in­fil­tra­tion de l’eau

« À force d’ur­ba­ni­ser, on a im­per­méa­bi­li­sé les sols », dé­taille le maire Yves Ni­co­lin. « En cas d’in­tem­pé­ries, tout ce­la fait ruis­se­ler beau­coup d’eau. Les sta­tions ca­li­brées pour un fonc­tion­ne­ment nor­mal ne fonc­tionnent pas en pé­riodes ex­cep­tion­nel­

les. On doit être at­ten­tif et trou­ver des so­lu­tions en amont, en fai­sant no­tam­ment en sorte que l’eau qui vient du ciel rentre dans la terre là où elle tombe, plu­tôt que d’al­ler cou­rir sur des ki­lo­mètres et ve­nir en­com­brer le ré­seau ». Par­mi les pistes : des cons­truc­tions avec des toits vé­gé­ta­li­sés, des amé­na­ge­ments de voi­rie et pay­sa­gers al­ter­na­tifs (jar­dins de pluie, noues d’in­fil­tra­tion…), un meilleur sto­ckage de l’eau, une sé­pa­ra­tion du ré­seau… « C’est un pro­gramme im­por­tant. L’Ag­glo­mé­ra­tion se char­ge­ra de la par­tie as­sai­nis­se­ment et ré­seaux, et la Ville de la par­tie ur­ba­nisme », conclut Yves Ni­co­lin. ■

Quand les eaux usées fi­nissent dans la Loire

PHO­TO D’IL­LUS­TRA­TION.

PLUIE. Avec l’ur­ba­ni­sa­tion, les villes s’im­per­méa­bi­lisent et les vo­lumes d’eau de pluie qui ruis­sellent ou qui sont col­lec­tés aug­mentent, sa­tu­rant par­fois les ré­seaux.

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