Deux frères de 88 et 89 ans agres­sés chez eux

Deux frères agres­sés à leur do­mi­cile en plein jour

Le Pays Roannais (Tarare) - - La Une - Pierre-Fran­çois Che­tail (avec Pas­cal Jac­quet)

Pour leur vo­ler « un peu d’ar­gent », un homme a fait vivre un cau­che­mar à deux per­sonnes âgées du­rant une de­mi-heure à Pro­pières.

En­trez ! » Lors­qu’il en­tend son­ner à sa porte, ce jeu­di 31 août, Mau­rice (*), en­core dans sa cui­sine alors qu’il vient de dé­jeu­ner avec son frère aî­né, ne s’at­tend pas du tout à ce qui va lui ar­ri­ver en in­vi­tant à ren­trer chez lui le vi­si­teur. Ce der­nier se ré­clame du Cré­dit agri­cole, au pré­texte de faux billets soi­di­sant re­ti­rés der­niè­re­ment par l’un des deux qua­si­no­na­gé­naires pro­pi­rons. « Si c’est tout ce qu’il y a comme re­pré­sen­tant de la banque… », iro­nise Mau­rice, pas dupe.

Coup de crosse à la mâ­choire

Cet an­cien coif­feur re­père tout de suite la fausse per­ruque, as­sez gro­tesque, que porte son in­ter­lo­cu­teur. Qui, « après qu’on a un peu ges­ti­cu­lé », sort son arme de poing et as­sène un coup de crosse à la ma­choire de l’ha­bi­tant des lieux. Son­né, ce­lui­ci tente tout de même d’uti­li­ser son té­lé­phone por­table, mais il se fait sur­prendre par son agres­seur, qui lui casse son ap­pa­reil.

Après avoir dé­vas­té les ar­moires et dé­ro­bé un peu d’ar­gent dans la chambre de Mau­rice, le vo­leur ne trouve alors rien de mieux que de je­ter les deux mal­heu­reux frères sur le ca­na­pé, avant de leur ba­lan­cer du li­quide de spray pour vê­te­ments en pleine fi­gure… Et de s’en­fuir, a prio­ri à mo­by­lette. La scène dure à peu près une tren­taine de mi­nutes, « mais j’ai trou­vé le temps long », re­late Mau­rice sur­pris de consta­ter qu’il n’est que 13 h 30 au dé­part du voyou. « Moi qui n’ai ja­mais eu peur des vo­leurs… » sou­rit tris­te­ment ce­lui qui n’a ja­mais été du genre à fer­mer sa porte à clé avant de faire ses com­mis­sions… Alors « ar­ri­ver à 90 ans pour se faire ta­bas­ser, c’est quand même mal­heu­reux. » Car ce­lui qui les a sé­ques­trés chez eux n’avait « pas peur de ta­per » sur l’une et l’autre des vic­times. « Au dé­but, ça a gueu­lé, mais au bout d’un mo­ment, je me suis dit qu’il fal­lait que je ferme ma gueule si je ne vou­lais pas me faire tuer, re­late Mau­rice. Ah, si j’avais eu dix ans de moins, ça ne se se­rait peut­être pas pas­sé comme ça. Mais quand on n’ar­rive presque plus à mar­cher, on est bien obli­gé de su­bir… » Phi­lo­sophe, l’ha­bi­tant du bourg de Pro­pières es­saie de dé­dra­ma­ti­ser : « C’est fait, c’est fait, et puis c’est tout. Fi­na­le­ment, je pen­sais que ça m’au­rait plus tra­vaillé que ça. J’ar­rive quand même à dor­mir. Le plus dur, c’était de voir l’état dans le­quel ce­lui qui a fait ça a mis la mai­son. Il au­rait pu faire dé­mé­na­geur », plai­sante même Mau­rice. Mais vi­si­ble­ment, le mal­frat a choi­si une autre voie que celle du tra­vail pour ga­gner de l’ar­gent.

(*) Pré­nom d’em­prunt.

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