Af­faire Mer­cier : les dé­ve­lop­pe­ments lo­caux

Le Con­seil dé­par­te­men­tal du Rhône s’at­tend à une per­qui­si­tion

Le Pays Roannais (Tarare) - - Faits Divers - Justice - Lu­do­vic Daim (avec AFP)

Les en­quê­teurs de l’Of­fice an­ti­cor­rup­tion de la Po­lice ju­di­ciaire donnent une di­men­sion plus lo­cale à leurs in­ves­ti­ga­tions.

Au siège du Con­seil dé­par­te­men­tal du Rhône, cours de la Li­ber­té à Lyon, on s’at­tend à re­ce­voir d’un jour à l’autre la vi­site de l’Of­fice de lutte contre la cor­rup­tion et les in­frac­tions fi­nan­cières de la Po­lice ju­di­ciaire (Ocl­ciff ) qui en­quête sur les soup­çons d’em­plois fic­tifs dont au­raient bé­né­fi­cié les en­fants et l’épouse de Mi­chel Mer­cier qui pré­si­da la col­lec­ti­vi­té de 1990 à 2013. Bru­no, le fils de l’an­cien garde des Sceaux de Ni­co­las Sar­ko­zy, tra­vaille tou­jours pour le Dé­par­te­ment où il est en charge des sen­tiers pé­destres sous l’au­to­ri­té de son cou­sin, qui di­rige le ser­vice des sports du Rhône. Sa soeur Del­phine, qui semble concen­trer l’at­ten­tion du Par­quet na­tio­nal fi­nan­cier (PNF), au­rait éga­le­ment été em­ployée un temps par le Con­seil gé­né­ral.

Do­mi­cile, bu­reaux

L’épouse de Mi­chel Mer­cier a, elle, été en­ten­due, la se­maine der­nière, en au­di­tion libre par les po­li­ciers, au len­de­main de per­qui­si­tions me­nées au do­mi­cile per­son­nel du couple à Thi­zy dans l’af­faire qui a conduit l’ex­maire de Thi­zy à re­non­cer au Con­seil consti­tu­tion­nel. Joëlle Mer­cier, as­sis­tée

de son avo­cat, a été en­ten­due dans les lo­caux de l’Ocl­ciff à Nan­terre (Hauts­de­Seine), qu’elle in­té­resse pour avoir été la col­la­bo­ra­trice lo­cale de son ma­ri à par­tir de 1995, au cours de ses dif­fé­rents man­dats d’élus. Les fonc­tions de Mme Mer­cier avaient été évo­quées briè­ve­ment lors de l’au­di­tion libre du sé­na­teur MoDem du Rhône, me­née le 9 août au len­de­main de sa dé­ci­sion de ne pas in­té­grer le Con­seil consti­tu­tion­nel et moins d’une se­maine après le vote par le Par­le­ment de l’in­ter­dic­tion faite aux mi­nistres et aux par­le­men­taires d’em­ployer des col­la­bo­ra­teurs fa­mi­liaux. Deux se­maines après une per­qui­si­tion au Sé­nat, un temps re­fu­sée par son pré­sident Les Ré­pu­bli­cains, Gé­rard Lar­cher, les po­li­ciers de l’Ocl­ciff et une ma­gis­trate du PNF ont éga­le­ment vi­si­té la se­maine der­nière les bu­reaux du sé­na­teur MoDem à Lyon et à Thi­zy­lesBourgs. Pro­po­sé fin juillet par le pré­sident du Sé­nat pour s’as­seoir par­mi les Sages, Mi­chel Mer­cier, 70 ans, fait l’ob­jet d’une en­quête pré­li­mi­naire ou­verte le 2 août par le PNF sur la base de ré­vé­la­tions du Ca­nard en­chaî­né. Le jour­nal sa­ti­rique s’in­ter­ro­geait sur la vé­ra­ci­té du tra­vail des deux filles de l’ex­garde des Sceaux, mais sans men­tion­ner l’em­ploi de son épouse. Le cas de l’une des filles, Del­phine Mer­cier, in­té­resse prin­ci­pa­le­ment les en­quê­teurs : elle fut l’as­sis­tante par­le­men­taire de son père au Sé­nat à mi­temps, d’août 2012 à avril 2014, alors qu’elle ré­si­dait à Londres.

Quant à Vé­ro­nique Mer­cier, dont la car­rière a sui­vi de près celle de son père de 2003 à 2012, la Po­lice ju­di­ciaire n’au­rait « au­cun doute qu’elle a ef­fec­tué un vrai tra­vail ». Toutes deux ont été au­di­tion­nées le 9 août par les en­quê­teurs, sans être confron­tées à leur père en­ten­du le même jour.

PHO­TO LU­DO­VIC DAIM

PER­QUI­SI­TIONS. Mi­chel Mer­cier dans son bu­reau de la mai­rie de Thi­zy-les-Bourgs en juin 2016.

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