La par­ti­tion des Stu­dios de l’Ha­cien­da

Sté­phane Piot et Jo­na­than Verne ont quit­té Ta­rare pour les Mon­tagnes du Ma­tin

Le Pays Roannais (Tarare) - - La Une - Lu­do­vic Daim

« Les pièces pré­sentent une acous­tique na­tu­rel­le­ment ex­cep­tion­nelle » À la re­cherche d’un lieu vrai­ment à eux

Les fils pro­diges du son de­vaient prendre la suite du père-fon­da­teur du my­thique stu­dio ta­ra­rien, Jean Ga­met. Las, la suc­ces­sion a mal tour­né. Heu­reu­se­ment, la mu­sique console.

Ils étaient les in­gé­nieurs du son his­to­riques de l’Ha­cien­da. Après avoir en­re­gis­tré, mixé les Georges Ben­son, Al Jar­reau, Lar­ry Gra­ham, Vian­ney, Phi­lippe La­vil, Celt­kilt ou en­core l’al­bum du film Les

Cho­ristes dans les stu­dios ta­ra­riens, Sté­phane Piot, 26 ans de mai­son, Jo­na­than Verne, 13, de­vaient re­prendre na­tu­rel­le­ment le lieu my­thique créé dans les an­nées 80 par Jean Ga­met quand ce­lui­ci a dé­ci­dé de prendre sa re­traite.

Au calme, dans un châ­teau du XIIIe siècle

Las, comme les his­toires d’amour, les suc­ces­sions se ter­minent par­fois mal. Si les fils pro­diges du son ont ra­che­té le ma­té­riel, le fonds de com­merce et le nom com­mer­cial Les Stu­dios de l’Ha­cien­da, ils ne sont pas par­ve­nus à trou­ ver un ac­cord sur le ra­chat des lo­caux avec le pè­re­fon­da­teur (le­quel a fi­na­le­ment dé­ci­dé de conti­nuer l’aven­ture sous le nom d’Ha­cien­da ré­si­dence de mu­siques ac­tuelles). La fi­lia­tion tris­te­ment rom­pue, Sté­phane Piot et Jo­na­than Verne ont donc dû trou­ver un autre en­droit. Dans l’ur­gence. C’est Laurent Pous­si­neau, l’in­gé­nieur du son du groupe lyon­nais Char­lie and The Soap Ope­ra, qui leur a par­lé du châ­teau que sa mère, Va­len­ti­na, pos­sé­dait à Sainte­Co­lombe­sur­Gand (Loire), dans les Mon­tagnes du Ma­tin.

« Nous sommes ar­ri­vés le 1er fé­vrier 2016, nous sommes au calme, dans une bulle. Les pièces pré­sentent une acous­tique na­tu­rel­le­ment ex­cep­tion­nelle »,

ex­plique Sté­phane Piot qui a re­pro­duit avec Jo­na­than Verne le même mo­dèle qu’à Ta­rare. Les ar­tistes sont hé­ber­gés sur place pen­dant la du­rée de l’en­re­gis­tre­ment et du mixage. « Nos prix adap­tés

nous per­mettent de réa­li­ser de très belles an­nées », sou­ligne Sté­phane Piot. « Tous les mu­si­ciens au­jourd’hui com­mencent par faire un ou deux disques chez eux grâce aux nou­veaux ou­tils nu­mé­ri­

ques. Et comme le ré­sul­tat est plus Po­la­roïd que pho­to d’art, après, ils viennent en stu­dio et voient la dif­fé­rence. Ils peuvent se consa­crer à leur mu­sique, à leur in­ter­pré­ta­tion », ex­plique Jo­na­than Verne. Outre leur ac­ti­vi­té tra­di­tion­nelle d’en­re­gis­tre­ment et de mixage, les Stu­dios de l’Ha­cien­da sont aus­si un centre de for­ma­tion, ont créé leur la­bel et dé­ve­loppent des so­lu­tions tech­niques via Ha­cien­da Labs.

S’ils ne re­grettent pas de me­ner la vie de châ­teau à Saint­Co­lombe, Sté­phane Piot et Jo­na­than Verne res­tent dé­ter­mi­ner à ac­qué­rir leur propre stu­dio. « Avec une grande pièce nous per­met­tant d’ac­cueillir des en­sembles jus­qu’à 40 mu­si­ciens », pointent les deux in­gé­son. Avec aus­si l’idée de se rap­pro­cher de leur do­mi­cile (Len­tilly pour l’un et Lyon pour l’autre) et du lieu de nais­sance des Stu­dios de l’Ha­cien­da.

PHO­TO LU­DO­VIC DAIM

NOTE. Jo­na­than Verne, le chan­teur lyon­nais Pier­rick Vi­vares et Sté­phane Piot au­tour d’un pia­no pres­ti­gieux ap­par­te­nant aux Stu­dios de l’Ha­cien­da, ce­lui sur le­quel Serge Gains­bourg et Ju­lien Clerc ont en­re­gis­tré leurs pre­miers al­bums.

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