L’adieu aux armes du Gé­né­ral Cha­van­cy

Le Gou­ver­neur mi­li­taire de Lyon re­mise son uni­forme de Lé­gion­naire après 40 ans de car­rière

Le Pays Roannais (Tarare) - - Vie Régionale L'actu - Lu­do­vic Daim

L’an­cien chef de corps de la lé­gen­daire 13e De­mi-bri­gade de la Lé­gion étran­gère re­join­dra la di­rec­tion des af­faires pu­bliques du groupe Mi­che­lin.

«Géo­gra­phi­que­ment, j e se­rai plus près du Ra­cing, mais pro­fes­sion­nel­le­ment plus près de l’ASM. » Le Gé­né­ral de corps d’ar­mée (4 étoiles) Pierre Cha­van­cy, Gou­ver­neur mi­li­taire de Lyon et Of­fi­cier gé­né­ral de la zone de dé­fense Sud­Est (80 uni­tés, 32.000 mi­li­taires) de­puis 2014, fe­ra ses adieux aux armes, le 31 mai. Il re­join­dra Pa­ris, où son fils Henr y est joueur pro­fes­sion­nel de rug­by, mal­heu­reux avec les Ciel et blanc en fi­nale de la Coupe d’Eu­rope, ce week­end, et la di­rec­tion des Af­faires pu­bliques du groupe Mi­che­lin pour qui il fe­ra du « lob­bying ins­ti­tu­tion­nel ».

Car­ré, franc, di­rect

Le sec­teur pri­vé prise par­ti­cu­liè­re­ment le pro­fil des mi­li­taires de haut rang, qui tout au long de leur par­cours en écoles, en uni­tés, en états­ma­jors mêlent ac­tion et ré­flexion, savent s’adap­ter conti­nuel­le­ment, com­mandent par­fois sous le feu, avec La mort comme hy­po­thèse de tra­vail, pour re­prendre le titre de l’ou­vrage du Co­lo­nel Mi­chel Goya (Édi­tions Tex­to). Saint­cy­rien, an­cien chef de corps de la pres­ti­gieuse 13e De­mi­bri­ gade de la Lé­gion étran­gère, com­man­dant de la Bri­gade La­fayette dans la val­lée de la Kâ­pîs­sâ en Af­gha­nis­tan en 2010, la dé­marche car­rée, la poi­gnée de main franche, la pa­role di­recte, le Gé­né­ral Cha­van­cy a as­su­ré­ment ce pro­fil. Il au­ra mar­qué son pas­sage à Lyon. Se bat­tant pour que les 1.000 sol­dats dé­ployés dans le cadre de l’opé­ra­tion Sen­ti­nelle soient lo­gés di­gne­ment. « 80 % sont en CDD, 50 % touchent à peine le smic quand le lo­gi­ciel Lou­vois ne dys­fonc­tionne pas, ils sont 120 à 150 jours par an loin de chez eux. Il y a des fa­çons plus fa­ciles de me­ner une vie d’homme ou de femme. Mais ça marche et c’est pour ça que ça mé­rite de la consi­ dé­ra­tion. » Ten­dant des ponts vers les en­tre­prises de la ré­gion pour qu’elles ca­pi­ta­lisent mieux sur les suc­cès mi­li­taires de la France dans les pays en re­cons­truc­tion après une crise. Mar­te­lant tou­jours que « le vrai champ de ba­taille, ce n’est pas la Sy­rie ou l’Irak mais le cer­veau des ga­mins ».

« Daech, ce­la pren­dra plus ou moins de temps, mais on sait faire, af­fine Pierre Cha­van­cy. En re­vanche, un ga­min qui sort la tête d’in­ter­net et prend un cou­teau pour al­ler tuer des gens dans la rue, ce­la sou­lève des vrais su­jets, lourds, d’édu­ca­tion à la ci­toyen­ne­té. Le com­bat se­ra long. Il passe par la culture gé­né­rale, l’his­toire et la géo­gra­phie qui en sont les deux pi­liers. On ne peut pas être un homme ou une femme libre sans culture gé­né­rale. Nous sommes à une pé­riode char­nière pour nos dé­mo­cra­ties. Que l’on ne se trompe pas d’armes. Nos armes, ce sont nos va­leurs. Et l’État de droit, tout l’État de droit et rien que l’État de droit. ». Au terme d’une riche car­rière de 40 an­nées, du Tchad au Golfe, de la Cen­tra­frique à Sa­ra­je­vo, le Gé­né­ral Cha­van­cy reste fon­ciè­re­ment op­ti­miste. « Nous sommes un peuple de Bel­trame. » ■

« Nous sommes un peuple de Bel­trame »

PHO­TO LU­DO­VIC DAIM

DÉ­PART. Le Gé­né­ral Pierre Cha­van­cy, lun­di, à l’hô­tel du Gou­ver­neur à Lyon.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.