La ville dé­friche son ave­nir éco­no­mique

La dé­mo­li­tion de ses friches in­dus­trielles offre une nou­velle pers­pec­tive à la ville

Le Pays Roannais (Tarare) - - La Une - Lu­do­vic Daim

L’en­trée ouest de la Ci­té du voile n’est plus qu’un amas de gra­vats amon­ce­lés sur un siècle d’in­dus­trie tex­tile. Dé­pol­luée, ré­amé­na­gée, re­vi­ta­li­sée, elle doit ac­cueillir de nou­veaux in­ves­tis­seurs d’ici fin 2019.

Il y a des grues, des pel­le­teuses, des mar­teaux­pi­queurs. De la pous­sière, du bruit et des gra­vats. Des hau­teurs de La Pla­ta à l’en­trée ouest en pas­sant par la RN7 qui tra­verse la ville, Ta­rare dé­mo­lit son image pour s’en re­cons­truire une plus mo­derne, plus at­trac­tive. En amont de son via­duc em­blé­ma­tique, les lo­caux de ses an­ciennes en­tre­prises tout aus­si em­blé­ma­tiques ont été ra­sés.

Les ex­tein­tu­re­ries Thi­vel sont al­lées à terre les pre­mières. Puis ce sont celles de la Tur­dine qui viennent d’être ré­duites en dé­combres. Seule reste en­core de­bout Bel Air. 8.000 m2 oc­cu­pés par Ger­flor qui y stocke ses sols spor­tifs avant de re­joindre d’ici septembre un site tran­si­toire du cô­té de Ville­franche en at­ten­ dant d’in­té­grer sa nou­velle usine en cours de construc­tion à Saint­Ro­main­de­Po­pey.

Ta­rare dis­po­se­ra d’une nou­velle zone d’ac­ti­vi­tés de 7 hec­tares à quelques en­ca­blures de l’échan­geur 34 de l’au­to­route A89. « C’est une opé­ra­tion très lourde fi­nan­ciè­re­ment me­née par l’Épo­ra (Éta­blis­se­ment pu­blic fon­cier de l’Ouest Rhône­Alpes. N.D.L.R. ) et la COR ( Com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion de l’Ouest rho­da­nien. N.D.L.R. )au terme de la­quelle la COR de­vien­dra pro­prié­taire du tout en sou­hai­tant que cette pro­prié­té soit la plus éphé­mère pos­sible », dit Michel Mercier, pré­sident de la COR. Le chan­tier coû­te­ra quelque 9 M€, l’Épo­ra, la Ré­gion Au­vergne Rhône­Alpes via les fonds eu­ro­péens et le Conseil dé­par­te­men­tal du Rhône ve­nant au sou­tien de la COR dans des pro­por­tions en­core à dé­ter­mi­ ner. « C’est un in­ves­tis­se­ment très im­por­tant mais c’est le prix à payer pour trans­for­mer notre ter­ri­toire », sou­ligne Bru­no Pey­la­chon, maire de Ta­rare et vi­ce­pré­sident de la COR en charge de l’Éco­no­mie. « Cette en­trée ouest trans­for­mée va per­mettre à Ta­rare d’af­fi­cher une nou­velle ar­chi­tec­ture mais aus­si de créer des em­plois », ap­puie M. Mercier. Les pre­miers in­ves­tis­seurs de­vraient pou­voir s’ins­tal­ler fin 2019. Le m2 de­vrait être com­mer­cia­li­sé aux en­vi­rons de 40 € pour un prix de re­mise à ni­veau es­ti­mé à 100 €.

Dif­fi­ciles opé­ra­tions de dé­pol­lu­tion

La par­tie la plus oné­reuse et la plus dif­fi­cile du chan­tier concerne la dé­pol­lu­tion. « Le sol est mar­qué par plus d’un siècle d’in­dus­trie tex­tile. Il nous faut lui re­don­ner sa vir­gi­ni­té », ex­plique Ai­me­ric Fa­bris, di­rec­teur ter­ri­to­rial de l’Épo­ra. Le tra­vail de dé­pol­lu­tion doit dé­mar­rer en septembre et du­re­ra au mi­ni­mum six mois. ■

« C’est le prix à payer pour trans­for­mer notre ter­ri­toire »

PHO­TOS LU­DO­VIC DAIM

DÉ­LAIS. Les 18.000 m2 des Tein­tu­re­ries de la Tur­dine au­ront été to­ta­le­ment dé­truits d’ici la fin de la se­maine pro­chaine.

VI­SITE. Ai­me­ric Fa­bris, di­rec­teur ter­ri­to­rial de l’Épo­ra, Michel Mercier, pré­sident de la COR, et Bru­no Pey­la­chon, maire de Ta­rare, lors d’une vi­site du chan­tier, ven­dre­di 8 juin.

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