Qu’avons­nous fait de ces 20 ans ?

Le Pays Roannais (Tarare) - - Zapping - Pierre-Oli­vier Vé­rot Ré­dac­teur en chef

Alors que la Coupe du monde de foot­ball en Rus­sie dé­bute ce jeu­di, qu’il est bon de se re­plon­ger, vingt en ar­rière, quand notre pays ac­cueillait le plus grand évé­ne­ment spor­tif pla­né­taire. De­puis quelques jours, plu­sieurs re­por­tages nous font re­vivre ces mo­ments d’ex­cep­tion, et pas seule­ment pour les fous de bal­lon rond. Ce­rise sur le gâ­teau, bien sûr, la vic­toire fi­nale de l’équipe de France, me­née par « Mé­mé » Jac­quet, l’en­fant de la Loire, avait don­né nais­sance à une vague de joie et d’en­thou­siasme peu com­mune. Les villes hôtes étaient joyeuses et la France s’était sou­dain rê­vé un mé­tis­sage « black-blanc-beur » se­rein, à l’image de l’os­mose de ce groupe qui était al­lé au bout de son rêve. Vingt ans après, il y a de quoi se mon­trer nos­tal­gique. En re­voyant les images de liesse, le car des joueurs aux vitres trans­pa­rentes, les forces de sé­cu­ri­té pré­sentes mais pas en­va­his­santes, en se rap­pe­lant les scènes de cé­lé­bra­tion dans la moindre pe­tite ville, une ré­flexion s’im­pose : comment pour­rait-on or­ga­ni­ser en­core au­jourd’hui de tels ras­sem­ble­ments spon­ta­nés, sans un dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té qui en res­trein­drait for­cé­ment l’am­pleur et la fraî­cheur ? Dans les fans zones, à l’époque, on ne crai­gnait pas grand-chose d’autre que de se faire vo­ler son por­te­feuille ou les vio­lences de quelques hoo­li­gans an­glais ou al­le­mands. On n‘ima­gi­nait pas que son voi­sin de tri­bune pou­vait por­ter une cein­ture d’ex­plo­sifs. On en est au­jourd’hui à in­ter­dire, pour rai­sons de sé­cu­ri­té, les concerts ex­té­rieurs pour la fête de la mu­sique et les re­trans­mis­sions de matchs. Symp­to­ma­tique de ce que nous avons per­du de­puis cette belle vic­toire.

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