Élo­die Iwans­ki tou­jours au pied du mur

La peintre­mu­ra­liste a réa­li­sé la fresque sur Jean­Bap­tiste d’Al­lard inau­gu­rée ce ven­dre­di

Le Pays Roannais (Tarare) - - Montbrisonnais - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Mont­bri­son­naise d’adop­tion, Élo­die Iwans­ki a pas­sé toute son en­fance dans la sous-pré­fec­ture de la Loire avant de re­joindre Saint-Étienne puis Lyon pour des études de peintre-mu­ra­liste, mé­tier qu’elle a tou­jours rê­vé d’exer­cer.

Il y au­ra un peu plus d’émo­tion que d’ha­bi­tude, ce ven­dre­di 14 sep­tembre, pour Élo­die Iwans­ki. La pein­tre­mu­ra­liste rho­da­nienne en a vé­cu des inau­gu­ra­tions de fresques de­puis près de vingt ans qu’elle exerce ce mé­tier mais celle que la Ville de Montbrison a consa­cré à Jean­Bap­tiste d’Al­lard (lire notre édi­tion de la se­maine der­nière) est par­ti­cu­lière pour cette qua­dra­gé­naire.

An­cienne élève du col­lège Ma­rio-Meu­nier

Née en Saône­et­Loire, Élo­die Iwans­ki a pas­sé toute son en­fance à Montbrison. Ar­ri­vée dans le Fo­rez à l’âge de deux ans avec un père tra­vaillant dans l’in­dus­trie et une ma­man pro­fes­seur de danse, elle a vé­cu du­rant une quin­zaine d’an­nées dans une ré­gion à la­quelle elle reste très at­ta­chée. Ne se­rait­ce que parce que ses pa­rents y vivent en­core.

An­cienne élève du col­lège Ma­rio­Meu­nier, elle a pour­sui­vi ses études au ly­cée Ho­no­ré­d’Ur­fé de Saint­Étienne parce qu’il y avait une for­ma­tion au de­si­gn et aux arts plas­tiques. L’ado­les­cente a tou­jours su qu’elle vou­lait tra­vailler dans le do­maine culturel. « C’est en vi­si­tant Car­cas­sonne que j’ai vu une pein­ture mu­rale, se sou­vient l’ar­tiste. Je de­vais avoir neuf ou dix ans. J’ai dit que je vou­lais faire ça et ça ne m’a ja­mais quit­té. Mes pa­rents et mes pro­fes­seurs au col­lège pen­saient que ça pas­se­rait mais… (sou­rire). »

Son bac­ca­lau­réat en poche, Élo­die Iwans­ki dé­cide de pré­sen­ter un dos­sier pour in­té­grer l’école Émile­Cohl, un éta­blis­se­ment lyon­nais d’art pri­vé ré­pu­té, re­con­nu par l’État, fon­dé en 1984 et qui porte le nom d’un des­si­na­teur fran­çais consi­dé­ré comme l’in­ven­teur du des­sin ani­mé. Ac­cep­tée, elle passe deux an­nées à ap­prendre les fon­de­ments du des­sin aca­dé­mique puis la tech­nique. Elle est de la pro­mo­tion de « quelques pe­tits gé­nies » comme Yoann Le­moine dit Wood­kid, au­teur­com­po­si­teur­in­ter­prète, réa­li­sa­teur, mu­si­cien et gra­phiste qui s’est fait connaître en réa­li­sant no­tam­ment des clips pour des ar­tistes fran­çais comme Nol­wenn Le­roy mais aus­si pour des ar­tistes in­ter­na­tio­naux tels que Ka­ty Per­ry, Tay­lor Swift, La­na Del Rey, Ri­han­na…

Mais elle n’est pas spé­cia­le­ment in­té­res­sée par les mé­tiers de l’in­fo­gra­phie, du mul­ti­mé­dia, du jeu vi­déo, du ci­né­ma ou en­core de la bande des­si­née. Elle n’as­pire qu’à une chose : peindre des murs. Et dans ce do­maine, Ci­téC­réa­tion s’est dé­jà fait une so­lide ré­pu­ta­tion avec ses fresques, ses murs peints et ses trompe­l’oeil. La fresque des Lyon­nais, pein­ture mu­rale de 800 m² de sur­face, si­tuée à l’angle du 49 quai Saint­Vincent et du 2 rue de La Mar­ti­nière, à Lyon, est la réa­li­sa­tion la plus connue. Cette oeuvre réa­li­sée en 1994 et 1995 par Ci­téC­réa­tion re­pré­sente vingt­quatre per­son­nages his­to­riques lyon­nais (Ju­liette Ré­ca­mier, An­toine de Saint­Éxu­pé­ry, Mar­cel Mé­rieux, Édouard Her­riot, Paul Bo­cuse…) et six per­son­nages contem­po­rains (l’Ab­bé Pierre, Fré­dé­ric Dard, Ber­nard La­combe…). L’une des fier­tés d’Élo­die Iwans­ki est d’avoir par­ti­ci­pé à la ré­no­va­tion de ce chef­d’oeuvre car la Mont­bri­son­naise d’adop­tion a convain­cu Ci­téC­réa­tion de lui faire confiance. En stage d’abord puis comme pro­fes­sion­nelle éta­blie et re­con­nue. Voi­là main­te­nant plus de deux dé­cen­nies que leur col­la­bo­ra­tion per­dure.

Élo­die Iwans­ki avoue une af­fec­tion par­ti­cu­lière pour la fresque fo­ré­zienne

Tout juste di­plô­mée, Élo­die Iwans­ki a créé sa pe­tite en­tre­prise, Art et sens mu­ral, et elle in­ter­vient ré­gu­liè­re­ment pour le compte de Ci­téC­réa­tion. Comme ce fut le cas pour la fresque dé­diée à Jean­Bap­tiste d’Al­lard, à Montbrison (qui est inau­gu­rée ce ven­dre­di 14 sep­tembre à 19 heures en ou­ver­ture des Jour­nées eu­ro­péennes du pa­tri­moine, N.D.L.R.). La peintre­mu­ra­liste a beau avoir tra­vaillé sur les plus grands chan­tiers, en France et à l’étran­ger, comme en Chine ou à Ti­bé­riade, en Is­raël, par exemple, elle avoue une af­fec­tion par­ti­cu­lière pour sa der­nière in­ter­ven­tion où elle a oeu­vré avec deux autres peintres sous la di­rec­tion ar­tis­tique de Joëlle Bon­homme. « J’ai re­trou­vé des an­ciens co­pains du col­lège du­rant ce chan­tier, ex­plique Élo­die Iwans­ki. Quelques­uns de mes an­ciens profs et même mon an­cien den­tiste se sont aus­si ar­rê­tés (rire) …»

Un mé­tier qui fonc­tionne sur le bouche à oreille

Sa vraie sa­tis­fac­tion, c’est sur­tout de voir que les pas­sants, qu’ils soient à pied, en vé­lo ou en voi­ture, tournent tous la tête vers la fresque qui orne le mur pi­gnon du mu­sée d’Al­lard. « Une pein­ture mu­rale ra­conte une his­toire, ap­porte du rêve et du bon­heur, pour­suit l’ar­tiste. Ça per­met de nouer un vé­ri­table lien so­cial. Il n’est pas rare qu’une conver­sa­tion s’en­gage entre deux per­sonnes qui re­gardent un mur peint. »

Si la chef d’en­tre­prise se dit « se­reine de­puis seule­ment cinq ou six ans », elle es­père que cette créa­tion fo­ré­zienne es­tam­pillée Ci­téC­réa­tion contri­bue­ra aus­si à la re­nom­mée gran­dis­sante d’Art et sens mu­ral dans un mé­tier qui se dé­ve­loppe avant tout par le bouche à oreille. Il ne se­rait pas éton­nant qu’Élo­die Iwans­ki soit, sen­ti­men­ta­le­ment, pous­sée à re­tra­vailler dans la ré­gion. ■

CRÉA­TIONS. Élo­die Iwans­ki a réa­li­sé plu­sieurs trompe-l’oeil et fresques dans les Monts du Lyon­nais où elle ré­side, comme ici à Mor­nant.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.