Une cy­clo­tou­riste ra­conte sa Se­maine fé­dé­rale

Le Perche - - Mortagne-au-perche -

« Gui­dée par l’Étoile du Perche, j’ai vé­cu un doux rêve éveillé.

Comme une en­fant émer­veillée par tant de bon­té et de beau­té. Coups de pé­dale in­ou­bliables

Après un tron­çon du Pa­risB­rest-Pa­ris à ava­ler,

Et ce n’était pas du gâ­teau pour le pre­mier jour,

Nous avons tous trem­pé dans le même jus jus­qu’à Ma­mers,

Puis nous en avons cro­qué des val­lons ver­doyants sur les par­cours,

Au pays des ma­noirs et châ­teaux, ab­bayes et mou­lins, fo­rêts et étangs,

Pour fi­na­le­ment être ras­sa­siés à Mor­tagne avec la côte fi­nale à 13 %.

[…] Fris­sons de bon­heur quo­ti­dien

L’art dé­co­ra­tif flo­ral de la rue et les cy­clos ar­tis­tiques en tous genres nous fai­saient presque perdre ha­leine et ou­blier de pé­da­ler tant la créa­ti­vi­té et l’ori­gi­na­li­té dans les créa­tions étaient dé­voi­lées. Les man­ne­quins plus vrais que na­ture, un per­che­ron sur un vé­lo, les ban­de­roles « Bien­ve­nue aux cy­clos », les dé­cors gran­deur na­ture, les vé­los géants en bal­lots de paille, la fa­ran­dole de deux roues mul­ti­co­lores, les or­ne­ments des vi­trines et fa­çades nous fai­saient rê­ver au quo­ti­dien. Le folk­lore tra­di­tion­nel par­fois im­pro­vi­sé, les mu­si­ciens en so­lo ou en or­chestre, les ex­po­si­tions di­verses et va­riées, les jo­lis des­sins d’en­fants de la gar­de­rie ont contri­bué à ce vé­ri­table feu d’ar­ti­fice d’oeuvres éla­bo­rées par une po­pu­la­tion cha­leu­reuse.

La par­ti­ci­pa­tion des ha­bi­tants des com­munes avoi­si­nantes et leur fer­veur à nous en­cou­ra­ger et à nous of­frir leurs pro­duits lo­caux dans les cours de bourg ou le long des routes (dis­tri­bu­tion de cidre à Loi­sail, de mi­ra­belles à Mor­tagne…), le par­tage de leur pas­sion (ex­po­si­tion de vieilles voi­tures à Pré­po­tin…), l’im­pli­ca­tion de toute une po­pu­la­tion, que ce soient des en­fants, des per­sonnes ré­si­dant et tra­vaillant en Ehpad, des com­mer­çants, du per­son­nel de la gen­dar­me­rie, de la pa­roisse, de l’école, des com­munes, de tout à cha­cun étaient si spon­ta­nés et si sin­cères.

La sym­pa­thie des bé­né­voles « verts » de l’équipe or­ga­ni­sa­trice, l’émo­tion conte­nue des res­pon­sables et du trai­teur lors de nos re­mer­cie­ments, l’am­biance ré­ser­vée aux cy­clos du monde en­tier, étaient si pré­gnantes.

Que du bon­heur et quel sou­ve­nir in­ou­bliable d’avoir sillon­né les routes si jo­li­ment dé­co­rées, d’avoir tra­ver­sé les vil­lages du Perche qui se sont mis sur leur « 61 » et tiennent le haut du pa­vé en termes de convi­via­li­té ! Larmes de nos­tal­gie

Le cir­cuit du lun­di fut, pour moi, un cir­cuit de pè­le­ri­nage car je suis re­ve­nue sur les lieux où j’ai pas­sé une pé­riode agréable de ma vie d’ado­les­cente.

Ar­ri­vée en gare de No­gentle-Ro­trou qui n’a pas chan­gé, j’em­prun­tais la route me­nant au Châ­teau de Beau­lieu à No­cé pur y sé­jour­ner le temps des co­lo­nies de va­cances or­ga­ni­sées par la Ré­gie des Ta­bacs, en qua­li­té d’ani­ma­trice et de sur­veillante de bain. La grille du châ­teau n’a pas chan­gé.

Notre jour de congé, nous em­prun­tions la route du châ­teau de Beau­lieu au vil­lage de No­cé (8 km al­ler-re­tour à pied), avec un cer­tain dé­ni­ve­lé. Cette route est tou­jours la même.

Notre lieu de ren­contre était le ca­fé l’Oré­bus à No­cé, c’est là que nous avons dé­cou­vert une spé­cia­li­té, le mé­li­casse (1/3 crème de cas­sis et 2/3 cal­va­dos). Sans son nom sur la fa­çade, l’as­pect ex­té­rieur de ce pe­tit ca­fé du coin est res­té ce­lui que j’avais connu.

40 ans après, presque rien n’a chan­gé, seules les an­nées ont pas­sé… Quelques ren­contres Une ren­contre avec la na­ture per­che­ronne,

Une ren­contre avec l’em­blème vi­vant du Perche,

Une ren­contre avec la po­pu­la­tion lo­cale,

Une ren­contre for­tuite au dé­tour d’un car­re­four, Une ren­contre porte-bon­heur, Une ren­contre avec un grand cham­pion cy­cliste vain­queur du Tour de France en 1975 et 1977,

Une ren­contre avec toi, Bri- gitte, vec­teur d’em­pa­thie et d’en­thou­siasme. Quelques manques Cou­tu­rière dans l’âme, créa­trice à mes heures per­dues, je n’ai pas eu le temps de voir l’ex­po­si­tion « Le Fi­let » à La Per­rière,

De vi­si­ter la ma­nu­fac­ture « Bo­hin » d’ai­guilles et d’épingles à Saint-Sul­pice-sur-RIsle,

D’al­ler à Alen­çon, ville em­blé­ma­tique de la den­telle,

D’en­fi­ler un cos­tume tra­di­tion­nel,

De bai­gner dans l’art tex­tile ré­gio­nal.

Main­te­nant, je Sées, je Sées qu’on ne Sées ja­mais !

La vie, l’amour, l’ar­gent, les amis et les roses

On ne Sées ja­mais le bruit ni la cou­leur des choses

C’est tout c’que j’Sées ! Mais ça, j’le Sées.

J’irai re­voir la Basse-Nor­man­die

C’est le pays où reste en­fouie une par­tie de mes sou­ve­nirs… »

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