24 à 30 mois ferme pour vols d’ou­tillage

Trois Rou­mains ont été condam­nés par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Alen­çon, mar­di 7 no­vembre. De juillet à sep­tembre 2017, ils ont cam­brio­lé neuf en­tre­prises si­tuées dans le Perche or­nais.

Le Perche - - La Une - E.J

Mor­tagne-au- Perche. Ils ont fi­na­le­ment re­con­nu les faits. Mar­di 7 no­vembre, trois hommes in­ter­pel­lés le 27 sep­tembre der­nier pour une sé­rie d’in­frac­tions com­mise dans le Perche or­nais étaient ju­gés de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Alen­çon. Le trio de Rou­mains (deux hommes âgés de 38 ans et un homme de 30 ans), était pré­ve­nu de neuf faits de vols ag­gra­vés (par ef­frac­tion et en réunion) et deux ten­ta­tives de vol au pré­ju­dice d’en­tre­prises et lo­caux com­mer­ciaux (à SaintJu­lien-sur-Sarthe, Tou­rouvre-auPerche, Saint-Hi­laire-le-Châ­tel, Lon­gny-les-Vil­lages et Mor­ta­gneau-Perche).

Les biens dé­ro­bés ? Du ma­té­riel élec­tro­por­ta­tif, es­sen­tiel­le­ment (vis­seuse, per­ceuse, tron­çon­neuse, poste à sou­der, meu­leuse…). Mais aus­si un congé­la­teur, une té­lé­vi­sion, un au­to­ra­dio et des bou­teilles d’al­cool.

Aveux à la barre

Les pré­ve­nus, qui avaient com­men­cé par nier les faits et avaient sol­li­ci­té un dé­lai pour pré­pa­rer leur dé­fense ( ils de­vaient être ju­gés dans le cadre de la com­pa­ru­tion im­mé­diate, le 29 sep­tembre), sont pas­sés aux aveux. À la barre, lors du pro­cès, l’un d’entre eux a ad­mis être l’au­teur de la sé­rie de vols et a confir­mé la pré­sence des deux autres. « Nous re­gret­tons » , ré­pètent les tren­te­naires qui, avant d’être in­ter­pel­lés, ré­si­daient dans un camp à Vi­try-sur-Seine.

« On n’était pas par­tis pour vo­ler mais pour cher­cher des en­com­brants. On est ren­trés par ha­sard » , a, en dé­but d’au­dience, ten­té de se dé­fendre l’un des mis en cause. « On cher­chait sim­ple­ment du fer aban­don­né dans la rue » , abonde le plus jeune. Une ver­sion peu cré­dible et ba­layée par les preuves col­lec­tées par les deux bri­gades de re­cherches or­naises.

Lors du pre­mier cam­brio­lage, com­mis le 15 juillet à Saint-Ju­lien- sur- Sarthe au pré­ju­dice d’une en­tre­prise de cou­ver­ture, les gen­darmes ont pré­le­vé des traces de se­melles. La vi­déo­sur­veillance a éga­le­ment per­mis de fil­mer trois in­di­vi­dus et deux vé­hi­cules : une Seat Al­ham­bra et un Re­nault Es­pace. Ce der­nier vé­hi­cule, fla­shé à deux re­prises sur l’A86 (en ré­gion pa­ri­sienne), juste avant et après les faits, a été le « point de dé­part de l’en­quête » , in­dique le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique. Dans la voi­ture, aban­don­née pen­dant l’été, un ti­cket de res­tau­rant a été re­trou­vé et a per­mis – via la vi­déo­sur­veillance du fast­food – d’iden­ti­fier for­mel­le­ment un des au­teurs. Traces ADN, lignes té­lé­pho­niques géo­lo­ca­li­sées à proxi­mi­té des lieux d’in­frac­tions, sur­veillance phy­sique… L’en­semble d’in­dices réunit grâce à des « moyens pro­cé­du­raux co­los­saux » a per­mis de conver­ger vers les trois Rou­mains.

« L’Orne : un El Do­ra­do pour Vi­try-sur-Seine »

Dé­cou­page du grillage, des clô­tures, dé­vis­sage des bar­dages, portes et fe­nêtres for­cées. À chaque fois, le mode opé­ra­toire a été le même. Le coffre des mo­no­spaces était gé­né­reu­se­ment char­gé. La mar­chan­dise trans­por­tée en ré­gion pa­ri­sienne.

« L’Orne était l’El do­ra­do pour les pré­ve­nus. Ils par­taient nui­tam­ment pour se ruer sur les en­tre­prises si­tuées en pleine cam­pagne » , ré­sume le pro­cu­reur. En tout, le pré­ju­dice se chiffre à plus de 133 000 €. « Les pré­ve­nus sont des pro­fes­sion­nels. Ils ont re­pé­ré les lieux, ré­flé­chi aux tech­niques per­met­tant d’em­bar­quer le plus pos­sible de ma­té­riel » , pour­suit Fran­çois Cou­dert. Face à ce qu’il qua­li­fie de « raid or­ga­ni­sé » , le par­quet re­quiert 30 à 36 mois de pri­son ferme.

« Ce sont des bras cas­sés. Ils se sont fait pho­to­gra­phier par les ra­dars au­to­ma­tiques, ont lais­sé des traces d’ADN et se sont fait fil­mer par les ca­mé­ras de sur­veillance » , ré­torque Me Gar­bo­ni (bar­reau de Pa­ris), une des avo­cates de la dé­fense. « Qui étaient les com­man­di­taires ? Où a été écou­lée la mar­chan­dise ? Qui s’est en­ri­chi avec cette af­faire ? Ce ne sont pas les pré­ve­nus. Ils sont par­qués dans des camps et vivent dans la mi­sère so­ciale » , argue- t- elle. Me Guyo­mard ( bar­reau d’Alen­çon), qua­li­fie éga­le­ment l’équipe de « pieds ni­cke­lés » , et a plai­dé pour un quan­tum ré­duit de la peine.

Après en avoir dé­li­bé­ré, le tri­bu­nal a fi­na­le­ment condam­né Petre Va­sile (en si­tua­tion de ré­ci­dive lé­gale) à 30 mois de pri­son ferme. Ion Ca­ta­lan et Ma­ce­don Ru­pi­ta ont été condam­nés à 24 mois ferme. Les trois Rou­mains ont été main­te­nus en dé­ten­tion.

Mar­di 7 no­vembre, les trois hommes in­ter­pel­lés le 27 sep­tembre der­nier pour une sé­rie d’in­frac­tions com­mise dans le Perche or­nais étaient ju­gés de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Alen­çon.

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