« Mes arbres sont ma­lades »

Fo­res­tier à la re­traite, ins­tal­lé à Ré­ma­lard-en-Perche, Serge Cha­boche pousse un cri du coeur : les arbres sont ma­lades et l’Homme n’est pas étran­ger à ces chan­ge­ments qui vont le me­ner à sa perte.

Le Perche - - Nature - A.E.H.

Perche. Chancre, cha­la­rose, cy­nique… Consé­quence di­recte de ces ma­la­dies : les arbres se ré­gé­nèrent dif­fi­ci­le­ment et les ani­maux sont di­rec­te­ment im­pac­tés.

Les frênes sont désha­billés, ils n’ont plus de feuilles. La faute à la cha­la­rose : « Des cham­pi­gnons se forment dans l’écorce, ils em­pêchent la sève de pas­ser. C’est comme si on fai­sait un gar­rot et que le sang ne pas­sait plus » , image Serge Cha­boche, fo­res­tier à la re­traite. Dé­rè­gle­ment

« Il y a quelque chose qui se dérègle de­puis une ving­taine d’an­nées. Et l’Homme n’y est pas étran­ger. »

Le gly­pho­sate, qui est un her­bi­cide, quand il est ré­pan­du sur l’herbe, tue la vé­gé­ta­tion. « Du coup, les in­sectes n’ont plus de quoi se nour­rir. Et s’il n’y a plus d’in­sectes, il n’y a plus d’oi­seaux. Au prin­temps, les mères ne trouvent plus quoi don­ner à leurs pe­tits. »

« On voit de moins en moins de mé­sanges, les rouges-gorges, on n’en voit presque plus. Les per­dreaux dis­pa­raissent. » La liste est longue. « Cette an­née, re­marque-til, l’hi­ron­delle est moins pré­sente chez nous. Par contre, celles du nord, on les a vues pas­ser entre le 10 et le 15 oc­tobre en di­rec­tion du sud. »

Ce qu’il ob­serve dans sa fo­rêt, on peut le trans­po­ser à une échelle plus grande. « En vingt ans, l’Homme n’a ja­mais créé au­tant de bou­le­ver­se­ments qu’en plu­sieurs siècles. Si on conti­nue comme ça, c’est la ca­tas­trophe as­su­rée ! Plus de 60 % des oi­seaux sont en train de dis­pa­raître dans la plus grande in­dif­fé­rence à cause d’une so­cié­té ba­sée sur le pro­fit. Les po­li­tiques sont ar­ri­vés à prendre des dé­ci­sions mais trop tar­di­ve­ment. Il faut une prise de conscience gé­né­rale. »

Au fi­nal, avec ces ma­la­dies des arbres, « la na­ture va fi­nir par dis­pa­raître et l’Homme avec » .

Pour cet amou­reux de la na­ture qui a créé une fo­rêt d’une qua­ran­taine d’hec­tares en une ving­taine d’an­nées, c’est un vé­ri­table ar­rache-coeur. « Il est temps de pro­té­ger la na­ture ».

Les ma­la­dies ap­pa­raissent de plus en plus tôt et em­pêchent les arbres de pous­ser.

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