Les francs-ma­çons at­tirent les cu­rieux

Le Perche - - Mortagne-Au-Perche Et Son Pays - Si vous sou­hai­tez des in­for­ma­tions, en­voyez un cour­rier à : Mon­sieur le pré­sident du Cep­to, 56 rue des Granges 61000 Alen­çon.

Mor­tagne-au- Perche. En juin 1717, Londres voit la créa­tion de la pre­mière Grande loge ma­çon­nique du monde. Trois siècles et quelques mois plus tard, c’est Mor­tagne-auPerche qui pour­rait ac­cueillir une nou­velle loge de la Grande loge de France.

Jean- Fran­çois Beau­chêne, pré­sident de la loge d’Alen­çon, avait in­vi­té, mer­cre­di 8 no­vembre au Car­ré du Perche, Alain Grae­sel, an­cien grand maître de la Grande loge de France et pro­fes­seur à l’Ecole des Mines de Nan­cy.

En un peu moins de deux heures d’un dis­cours bien ro­dé, sans notes, tout en sou­li­gnant qu’il n’était pas un his­to­rien, Alain Grae­sel a re­tra­cé l’His­toire de la franc-ma­çon­ne­rie. Ap­pa­rue vers le XVe siècle, au dé­part, elle était dé­diée aux ma­çons pour s’échan­ger des se­crets de mé­tier, avant de de­ve­nir plus sym­bo­lique vers 1650 et de s’ou­vrir aux autres ca­té­go­ries so­ciales (bour­geois, mi­li­taires, etc.). Après 1717, elle se pro­page dans toute l’Eu­rope, dont la France en 1728. Qui sont-ils ?

Au­jourd’hui, la franc-ma­çon­ne­rie compte 170 000 membres en France, ré­par­tis dans plu­sieurs obé­diences comme la Grande loge de France, le Grand Orient de France, la Grande Loge Fé­mi­nine de France… « Nous ne sommes pas un par­ti po­li­tique, pas une re­li­gion, pas une phi­lo­so­phie, pas une science. Nous sommes un ordre ini­tia­tique, tra­di­tion­nel, uni­ver­sel et fon­dé sur la fra­ter­ni­té » . En ré­su­mé, les loges sont des « la­bo­ra­toires d’idées pour faire bou­ger la so­cié­té » , des es­paces de ré­flexion, qui peuvent par­fois re­ce­voir des ex­perts (as­tro­phy­si­ciens, phi­lo­sophes…).

Consul­tées par les po­li­tiques, les loges donnent leurs conclu­sions sur des ques­tions so­ciales, so­cié­tales, quo­ti­diennes. « J’ai per­son­nel­le­ment tra­vaillé sur le port de la bur­qa ou le droit à la fin de vie » , illustre ain­si Alain Grae­sel.

Les francs-ma­çons viennent de n’im­porte quelle ca­té­go­rie so- cio­pro­fes­sion­nelle, sont croyants ou non croyants. Ve­nez comme vous êtes, dans « le res­pect de la li­ber­té de cha­cun, or­don­né se­lon des va­leurs ». « Il y a beau­coup de fan­tasmes au­tour de la franc-ma­çon­ne­rie, a re­con­nu l’an­cien grand maître. Les francs-ma­çons agissent avec dis­cré­tion, ce qui peut être as­si­mi­lé à de la dis­si­mu­la­tion. Si vous en­trez dans une loge par cu­rio­si­té, vous se­rez dé­çu car il n’y a pas de se­crets à ré­vé­ler. »

Comme pour une as­so­cia­tion « clas­sique », les membres payent une co­ti­sa­tion an­nuel (d’en­vi­ron 300 eu­ros) et il se­rait très fa­cile d’en sor­tir, puis­qu’il « suf­fit de ne plus ve­nir ». Le sa­viez-vous : la Grande loge de France rend des comptes au mi­nis­tère de l’In­té­rieur.

Quelques ques­tions sont po­sées par une as­sem­blée vi­si­ble­ment cu­rieuse. « Je suis par­ta­gé » , « ce­la per­met de mieux sa­voir » , pou­vait- on en­tendre çà et là, à la sor­tie de la salle. « Une di­zaine de per­sonnes est in­té­res­sée pour nous re­joindre » , se ré­jouit Jean-Fran­çois Beau­chêne. Peu­têtre les fu­turs francs- ma­çons per­che­rons ?

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