Dy­na­lec tente la per­ma­cul­ture

Le Petit Bleu - - DINAN - P.C.

L’en­tre­prise spé­cia­li­sée dans la fa­bri­ca­tion d’ar­moires élec­triques est in­no­vante dans son mode de ma­na­ge­ment. Nou­vel exemple : la Scop vient de créer, au­tour de son bâ­ti­ment, un jar­din en per­ma­cul­ture.

Pas peu fière, So­phie Ta­le­faisse, res­pon­sable ad­mi­nis­tra­tive et fi­nan­cière, de re­ve­nir les bras char­gés de deux énormes cour­gettes tout juste cueillies dans le jar­din de… Dy­na­lec. Et oui, au beau mi­lieu des Al­leux et de ses bâ­ti­ments in­dus­triels, la terre est fer­tile. « C’étaient au­tre­fois des terres agri­coles, on a mis des­sus des zones d’ac­ti­vi­tés », sou­pi­re­rait presque Fa­brice Au­drain, pa­tron de cette so­cié­té co­opé­ra­tive et par­ti­ci­pa­tive (SCOP), spé­cia­li­sée dans la con­cep­tion et la fa­bri­ca­tion d’ar­moires élec­triques, no­tam­ment dans le do­maine du gé­nie cli­ma­tique (trai­te­ment de l’air, ré­cu­pé­ra­tion de cha­leur, cli­ma­ti­sa­tion…). Rien à voir avec les cour­gettes, donc. En­core que.

Convi­via­li­té, par­tage

Dy­na­lec s’af­fiche comme une en­tre­prise li­bé­rée, en­ga­gée sur le che­min du dé­ve­lop­pe­ment du­rable, ac­trice de la tran­si­tion éner­gé­tique. Ici, ma­na­ge­ment par­ti­ci­pa­tif, co-dé­ci­sions, au­to-or­ga­ni­sa­tion… font par­tie du champ lexi­cal com­mun à la quin­zaine de sa­la­riés, dont douze sont as­so­ciés au ca­pi­tal de l’en­tre­prise, qu’ils avaient en­semble ra­che­tée en 2012.

Alors, quand l’idée a été lan­cée de créer un jar­din dans l’en­ceinte même de l’en­tre­prise (2 500 m2 de ter­rain coû­teux en en­tre­tien), il y a eu adhé­sion im­mé­diate et qua­si-una­nime au pro­jet. « Et on s’est tous re­joint sur un mot : per­ma­cul­ture », ex­plique So­phie Ta­le­faisse, à l’ini­tia­tive du pro­jet.

Pas simple à dé­fi­nir, la per­ma­cul­ture. C’est en quelque sorte l’art d’as­so­cier des es­pèces vé­gé­tales qui sont utiles les unes aux autres, qui évo­luent en sy­ner­gie sur un mi­ni­mum d’es­pace, tout en fa­ci­li­tant le dé­ve­lop­pe­ment de la bio­di­ver­si­té (en­ri­chis­se­ment de la terre, ha­bi­tats pour la faune et les in­sectes utiles).

De­puis le mois de mai der­nier, chez Dy­na­lec, les plants de to­mates cô­toient ceux de cour­gettes, frai­siers et fram­boi­siers font bon mé­nage. Trois va­rié­tés d’arbres ont été plan­tées, jeunes pousses d’un an. C’est la pre­mière phase d’un pro­jet qui au­ra pour suite la créa­tion d’un ver­ger. Pas que pour faire beau, mais dans une vraie lo­gique d’en­tre­prise. Et en phase avec l’es­prit mai­son : « par­tage, so­li­da­ri­té, so­brié­té », ré­sume Fa­brice Au­drain. « Dans l’en­tre­prise, on sent un be­soin fort de créer des re­la­tions autres que celles ha­bi­tuelles au tra­vail. Il y a une en­vie de convi­via­li­té, de par­tage. Et ce jar­din y par­ti­cipe, on s’y re­trouve sur des temps de pause », pro­longe So­phie Ta­le­faisse. Qui a dé­jà en tête sa pe­tite idée pour faire pro­fi­ter « la com­mu­nau­té » des deux pre­mières cour­gettes, « tout ce qui pous­se­ra de­vra pro­fi­ter à tout le monde, c’est le but. »

Toit pho­to­vol­taïque ?

Et comme les idées ne manquent dé­ci­dé­ment pas chez Dy­na­lec, une autre ré­flexion est en­ga­gée, celle-ci vi­sant à uti­li­ser le toit de l’en­tre­prise comme cen­trale pho­to­vol­taïque, « pour pro­duire notre propre éner­gie. »

Si l’ex­pé­rience de­vait s’avé­rer concluante, « on peut même ima­gi­ner que ce­la de­vienne une nou­velle ac­ti­vi­té de l’en­tre­prise. » Une ex­pé­rience que le di­ri­geant sou­hai­te­rait en outre par­ta­ger avec ses voi­sins, « ça en fait des sur­faces de toit avec tous ces bâ­ti­ments au­tour de nous ». De quoi faire rê­ver Fa­brice Au­drain, ima­gi­nant, à terme, la zone des Al­leux comme un mo­dèle de la tran­si­tion éner­gé­tique et de la pro­duc­tion d’éner­gie propre.

« Je suis un uto­piste prag­ma­tique », sou­rit-il, mais à qui n’échappent pas les réa­li­tés éco­no­miques. La mé­thode Dy­na­lec semble en tout cas avoir du bon, « on conti­nue à faire pro­gres­ser notre chiffre d’af­faires, on a donc de bonnes rai­sons de pen­ser que nos clients sont sa­tis­faits. »

So­phie Ta­le­faisse dans le jar­din de Dy­na­lec.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.