Le bra­quage de banque ne paye plus

Dé­lin­quance • Il y a 30 ans, on re­cen­sait plus de 2 000 vols à main ar­mée dans les banques de l’Hexa­gone. Un nombre qui a fon­du, les éta­blis­se­ments ban­caires ayant lar­ge­ment ren­for­cé leurs dis­po­si­tifs de sé­cu­ri­té. Les Py­ré­nées-Orien­tales ont l’un des taux

Le Petit Journal - Catalan - - La Une -

« Que per­sonne ne bouge, ce­ci est un hold-up. » Cette ex­pres­sion semble au­jourd’hui ve­nue d’un autre temps. D’après la Fé­dé­ra­tion fran­çaise ban­caire, il y a eu l’an der­nier 25 fois moins de bra­quages de banque qu’au dé­but des an­nées 2000.

En 2016, il n’y a eu « que » 38 hold-up ban­caires en France, contre 937 en 2001. En 1986, on re­cen­sait même 2 185 vols à main ar­mée, à une époque où les gangs de bra­queurs aguer­ris sé­vis­saient en nombre.

Chan­ge­ment de cibles

Les bu­tins dé­ro­bés sont aus­si en chute libre : ils sont pas­sés de 70 000 eu­ros en moyenne à 10 000 eu­ros sur la même pé­riode.

Loin des sommes co­los­sales ra­flées dans les an­nées 80, comme lors du casse de la Banque de France à SaintNa­zaire en juillet 1986, où 60 mil­lions d’eu­ros (des francs à l’époque) avaient été vo­lés.

Ce dé­clin doit au­tant au chan­ge­ment de cible des cri­mi­nels, qui pré­fèrent les bi­jou­te­ries, bars-ta­bacs, PMU et sur­tout les grandes sur­faces, qu’au ren­for­ce­ment de la sé­cu­ri­té dans les éta­blis­se­ments ban­caires et les bu­reaux de Poste.

Ain­si , la gé­né­ra­li­sa­tion des dis­tri­bu­teurs automatiques de billets (DAB) a dras­ti­que­ment ré­duit la circulation des li­qui­di­tés au sein des agences ban­caires.

Place aux cy­be­rat­taques

Mal­gré tout, une dou­zaine de per­son­nels qui re­chargent les DAB ont été at­ta­qués en 2015. Mais ce nombre a été di­vi­sé par deux com­pa­ré à 2014 (23) et par cinq de­puis 2011 (50). L’ins­tal­la­tion de sas à l’en­trée des banques a com­pli­qué la tâche des mal­fai­teurs, tout comme le re­cours aux caisses es­ca­mo­tables ou l’ins­tal­la­tion de coffres équi­pés de tem­po­ri­sa­teurs, qui em­pêchent leur ou­ver­ture aux heures de fonc­tion­ne­ment de l’éta­blis­se­ment.

En re­vanche, si les bra­quages di­mi­nuent, les agres­sions phy­siques contre les agents suivent la courbe in­verse. Et de­puis peu, les banques font face à l’es­sor de cy­be­rat­taques.

Après s’être équi­pées face aux casses phy­siques, elles doivent à pré­sent trou­ver des solutions contre les bra­quages 2.0.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.