Les fonc­tion­naires mo­bi­li­sés en nombre

Le Petit Journal - du Tarn-et-Garonne - - DÉPARTEMENT -

Mar­di, des soi­gnants aux en­sei­gnants, des mi­nis­tères aux col­lec­ti­vi­tés, les fonc­tion­naires (5,4 mil­lions) ont fait grève et ma­ni­fes­té en nombre contre les “at­taques” du gou­ver­ne­ment à leur égard. “Ma­cron re­garde ta Ro­lex, c’est l’heure de la ré­volte”. Le pré­sident Ma­cron était souvent la cible du mé­con­ten­te­ment dans les cor­tèges qui dé­non­çaient un “ras-le-bol” gé­né­ral, à l’ap­pel de tous les syn­di­cats de la fonc­tion pu­blique.

“La fonc­tion pu­blique: une ri­chesse pour tou.te.s, pas un coût!” ou “Hô­pi­tal en état d’ur­gence”, pou­vait-on lire par­mi les slo­gans à Nantes où les ma­ni­fes­tants étaient entre 5.500 et 8.000. Plus de 100.000 ma­ni­fes­tants dans 26 villes en ré­gion se­lon les syn­di­cats et 55.000, se­lon les au­to­ri­tés. Sup­pres­sions de 120.000 postes d’ici à la fin du quin­quen­nat, gel des ré­mu­né­ra­tions, ré­ta­blis­se­ment du jour de ca­rence, re­mise en cause de leur sta­tut... Les neuf fé­dé­ra­tions de fonc­tion­naires ont ap­pe­lé à cette jour­née de grève et de ma­ni­fes­ta­tions dans les trois ver­sants de la fonc­tion pu­blique pour ex­pri­mer leur “pro­fond désac­cord” avec le gou­ver­ne­ment et dé­non­cé “une sé­rie d’at­taques” in­édite à leur en­contre.

Edouard Phi­lippe a dit “as­su­mer plei­ne­ment les me­sures prises”...

..., as­su­rant que les fonc­tion­naires n’étaient “pas du tout dé­con­si­dé­rés” et “même es­sen­tiels dans le fonc­tion­ne­ment de notre pays”. Ce ras­sem­ble­ment uni­taire “re­flète plus qu’un ma­laise dans les fonc­tions pu­bliques”, a dé­cla­ré le se­cré­taire gé­né­ral de FO, Jean­claude Mailly. Il n’y a dé­jà pas as­sez d’ef­fec­tifs et on veut en­core en sup­pri­mer”, a lan­cé le nu­mé­ro un de la CGT, Phi­lippe Mar­ti­nez, à Pa­ris. Les fonc­tion­naires, “souvent trai­tés de fei­gnants et de pro­fi­teurs”, ont “be­soin de res­pect”, a-t-il ajou­té. “Il n’y a plus de qua­li­té de soins, les agents sont fa­ti­gués de ne plus être au­près des pa­tients. On ne dis­cute plus, il faut que le tra­vail soit for­cé­ment ren­table et qu’on rap­porte de l’ar­gent”, ful­mi­nait un ex-agent des hô­pi­taux, de SUD san­té-so­ciaux.

“Quand on gagne 1.600 eu­ros nets au bout de 15 ans, ça fout un peu les boules”...

..., dé­plo­rait Co­rinne, em­ployée de mai­rie de 54 ans. La grève se tra­dui­sait par des fer­me­tures de crèches, d’éta­blis­se­ments sco­laires où le ser­vice mi­ni­mum, pré­vu par la loi n’est pas tou­jours as­su­ré, et de nom­breux ser­vices pu­blics. Le mi­nis­tère de l’edu­ca­tion na­tio­nale an­non­çait 17,5% de gré­vistes chez les en­sei­gnants, plus nom­breux dans le pri­maire (20%) que dans le se­cond de­gré (16%), tan­dis que la FSU évo­quait 50% de gré­vistes dans le pri­maire. Les syn­di­cats avan­çaient un peu plus de 12% de gré­vistes à Pôle Em­ploi. Dans le ciel, 30% des vols ont été an­nu­lés pré­ven­ti­ve­ment en rai­son de la grève des agents de l’avia­tion ci­vile, qui em­ploie ma­jo­ri­tai­re­ment des fonc­tion­naires. Un ren­dez-vous sa­la­rial au­ra lieu le 16 oc­tobre, a an­non­cé le mi­nistre char­gé de la fonc­tion pu­blique, Gé­rald Dar­ma­nin, ré­pé­tant qu’”au­cun agent pu­blic ne ver­ra son sa­laire bais­ser”.

Mo­bi­li­sa­tion des fonc­tion­naires contre les “at­taques” du gou­ver­ne­ment.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.