Ten­ta­tive de viol : son fils fait fuir l'agres­seur

Le Petit Journal - du Tarn-et-Garonne - - LA UNE -

Mal­heu­reu­se­ment, et hé­las pour vous mes­dames, tous les membres du sexe fort ne sont pas de ga­lants che­va­liers ser­vants, et lorsque l’un d’entre eux vous pro­pose de vous rac­com­pa­gner chez vous, il n’est pas tou­jours mû par de nobles in­ten­tions. L’af­faire sui­vante en ap­porte la triste confir­ma­tion.

Fran­çoise est un pe­tit bout de femme à la qua­ran­taine pas­sée. Dé­but 97, elle tra­verse une mau­vaise passe, elle vient de perdre sa ma­man qui s’est long­temps bat­tue contre ce qu’on ap­pelle pu­di­que­ment une longue ma­la­die. Après la dé­chéance c’est le choc, et Fran­çoise a une baisse de mo­ral qui va l’ame­ner à prendre un trai­te­ment mé­di­ca­men­teux. Le 5 fé­vrier 2017, des amis ar­rivent à la convaincre de les suivre dans une pe­tite vi­rée. Ils se re­trouvent dans un bar mon­tal­ba­nais, l’am­biance est dé­ten­due, ça ri­gole, les tour­nées s’en­chainent et Fran­çoise ou­blie quelques ins­tants le mal­heur qu’elle vient de tra­ver­ser. Mais elle ou­blie éga­le­ment les me­sures de pru­dence à res­pec­ter lorsque l’on est sous an­xio­ly­tiques, qui on le sait, ne font pas bon mé­nage avec l’al­cool. Evi­dem­ment, elle va vite se rendre compte de son er­reur. Sa tête tourne, elle ne se sent pas bien et sort du ca­fé afin de prendre l’air et es­sayer de re­prendre ses es­prits. C’est là qu’elle va tom­ber sur son agres­seur, Is­maël. Ce­lui-ci se montre très pré­ve­nant au dé­but, et semble sin­cè­re­ment ému par l’état dans le­quel est Fran­çoise. Il lui pro­pose de la rac­com­pa­gner chez elle. Ses bonnes in­ten­tions ne per­du­re­ront que le temps né­ces­saire à s’éloi­gner du bar et de se re­trou­ver dans une ruelle sombre. Il tente d’abord de l’em­bras­ser, elle re­fuse. Il n’en reste pas là et ses mains vont par­tir à la dé­cou­verte du corps de sa vic­time, sous le pull, dans le pan­ta­lon. Elle tente de re­cou­vrer ses es­prits et lui parle dou­ce­ment, cal­me­ment. Il a tout juste 20 ans, elle plus du double, et elle va se ser­vir de cet ar­gu­ment pour ten­ter de le rai­son­ner, lui as­sé­nant qu’elle pour­rait être sa mère et qu’elle est trop vieille pour lui. Les mots portent dans l’es­prit d’is­maël, ils font mouche, et dé­con­te­nan­cé, il va re­lâ­cher son étreinte quelques ins­tants. As­sez pour que Fran­çoise s’en­fuie et court en di­rec­tion de chez elle, son agres­seur à sa poursuite. Ar­ri­vée dans sa rue, elle tombe sur son fils ac­com­pa­gnés de ses amis de sor­tie, qui, in­quiets de sa dis­pa­ri­tion, sont par­tis à sa re­cherche. Ef­frayé par ce co­mi­té d’ac­cueil, Is­maël fait de­mi-tour et s’en re­tourne pe­naud. La vi­déo sur­veillance va ra­pi­de­ment per­mettre de l’iden­ti­fier et de l’in­ter­pel­ler. L’ex­per­tise psy­cho­lo­gique est peu flat­teuse, le rap­port pré­sen­tant le pré­ve­nu comme un psy­cho­pathe in­ac­ces­sible aux re­mords. Me Lei­bo­witz in­ter­vient pour la par­tie ci­vile “Ma cliente est at­teinte de po­ly­ar­thrite. Le choc dé­cou­lant de l’agres­sion a ag­gra­vé la ma­la­die, l’a obli­gée à se mettre en ma­la­die du­rant 17 mois et à de­man­der un mi­temps thé­ra­peu­tique, chose qui n’a pas été pos­sible chez son em­ployeur qui a en­ga­gé une pro­cé­dure de li­cen­cie­ment. ” Ver­dict : 8 mois avec sur­sis, ins­crip­tion au fi­chier na­tio­nal des dé­lin­quants sexuels, obli­ga­tion de se soi­gner et d’in­dem­ni­ser la vic­time.

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